I. Si l'on faisait contre l'intérêt d’un royaume ce qe. . Le
l'on fait contre la Religion, il serait bientôt détruit démon n'a rien invente de plus efficace pour corrompre les mœurs et la foi, que les mauvais livres. Si la Religion n’était pas l'ouvrage de Dieu, elle serait déjà détruite par ce moyen pernicieux.
Des mauvais livres, les uns inspirent l'esprit du
monde, l'impurete : tels sont certains romans, les histoires d'intrigues galantes, les poésies et les comédies :obscènes. Les autres inspirent l’erreur, l’impiété et l’'athéisme ; tels sont les livres écrits contre l'Eglise romaine, les satires contre la Religion , les libelles remplis de calomnies contre les personnes sacrées.
Les personnes de condition, étant plus en état de soutenir la Religion par leurs exemples, ayant plus d'autorité et plus d'éducation, doivent aussi être plus en garde contre l'ennemi du salut. Il leur tend des piéges plus séduisans pour les pervertir, et y réussit par les mauvais livres.
IT. Quelle horreur n’aurait-on pas de ces livres abominables, si l’on en connaissait les auteurs, la plupart apostats, sans religion, sans pudeur, gens proscrits, dignes de la roue et du feu ! Comment des personnes d'honneur peuveni-elles faire leur, occupation de telles lectures ?
Vous ne voudriez pas meubler vos appartemens deg
choses qui auraient appartenu à des gens infâmes, et vous en remplissez votre esprit; vous meublez votre mémoire des productions honteuses de ces.auteurs,détestables. Vous auriez horreur d'entrer en commerce avec le démon ; cependant vous le faites, lorsque vous lisez des livres qui sont les organes de Satan. Dieu nous parle et nous instruit par les bons livres, dit un saint Père, et le démon parleet séduit par les nauvaïs. Vous auriez honte de faire instruire vos enfans var des gens décriés et sans honneur. et vous
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DE LA RELIGIONe 149
vous instruisez vous-même à votre perte , par leurs ouvrages et par leurs livres.
Si un écrit séditieux contre le roi et le bon ordre de l'état tombait entre. vos mains, loin de le lire et de le communiquer , VOUS le condamneriez au feu; et vous n’avez point d'horreur de communiquer aux autres ct dé lire des libelles infimes, écrits contre ce que vous avez de plus sacré ct de plus cher au monde, qui est la religion et la pureté des mœurs !
II. Nous lisons ces livres, dit-on, pour nous former, et pour apprendre la langue dans sa pureté, Mais n’y 2 de bons livres pour vous former l'esprit ? Par la lecture des mauvais, dit saint Augustin, ox »'apprend pas à devenir éloquent, mais à devenir vicieux : on y apprend à connaitre le mal sans horreur, à en parler sans pudeur, à le commettre sans retenue. On veut, par ses lectures, se former l'esprit, et l'on s’y pervertit. On y perd la droiture du jugement, on y apprend à être pointilleux, impudent, incrédule et athée. De là vient que certaines gens, qui raisonnent en hommes sensés sur les affaires du monde, ne raisonnent qu’en pitoyables sophistes sur la Religion. Les livres qui les ont séduits n’étant remplis que de fausses suppositions . de faux principes , de faux raisonnemens, et d’un faux brillant, dès qu’on les a goûtés, c’est un mal presque incurable. On a en horreur tous les bons livres ; on n’est même presque plus capable de raisonnement en matière dereligion et de bonnes mœurs.
Etrange bizarrerie de ces esprits égarés ! Trouventils dans un bon livre quelques faits merveilleux et édifians ,'ils n’en croient rien. Trouvent-ils dans un mauvais livre des impertinences, des faussetés, des faits supposés contre l’Eghse, ils les croient. Rencontrentils quelques réflexions solides sur l’autre vie, sur les maximes de l'Evangile, dans un livre de piété, ils s’en dégoûtent. Trouvent-ils quelques fades plaisanteries contre la pudeur , quelques traits ridicules contre la Religion dans un libelle, ils le goûtent et le dévorent. C’est donc ainsi que Dieu abandonne ces esprits or-
meilleur à leurs sens réprouvés. O aveuglement qui eur fait prendre la vérité pour le mensonge, et le mensonge pour la vérité !
Si un homme avait le sang corrompu, le verraît-on, au mépris des médecins, faire usage du poison pour se rétablir P Pourquoi , vous qui avez le cœur gâté par tant de passions, l'empoisonnez-vous encore par ces lectures envenimées, au mépris des livres de piété, et des pasteurs qui sont destinés à vous instruire ?
Plus un mauvais livre vous paraît agréable, rempli de traits délicats et éblouissans, plus il est pernicieux. Plus le poison en est doux, plus il est dangereux. Ua mauvais livre est lé plus cruel ennemi que vous ayez
“dans votre maison : condamnez-le au feu, il ne mérite pas une autre destinée. Si vous le gardez, c’est une vipère qui tôt ou tard vous fera des blessures mortelles.
Malheur à ceux qui composent de tels ouvrages ! Malheur à ceux qui les impriment, qui les autorisent ,
ui les vendent, qui les distribuent, qui les prêtent ! ges quelle force les magistrats emplotraient-ils leur autorité pour supprimer un écrit contre le prince, et en punir les auteurs ! L'intérêt de Dieu est le seul pour lequel on manque de zèle. On voit une foule de livres contre l'Eglise, contre la Religion, contre la pureté des mœurs; les magistrats s’endorment ; les pères, les maîtres les permettent ; les pasteurs se récrient, et on les méprise. On devrait verser des larmes de sang sur de tels abus.
| RÉSOLUTIONS
1: Je regarderai toute ma vie legmauvais livres comme un poison dont ilne faut pas infecter son esprit, si on veut sauver son ame.
2. Je veillerai soigneusement sur les personnes qui dépendent de moi, afin de Jes empêcher de lire rien qui puisse corrompre leur cœur, gâter leur esprit, et leur inspirer de l'éloignement pour/la Religion, du mépris pour ses ministres, de l’insoumission envers l'autorite de Eglise.
3. En conséquence, si je découvre jamais dans ma famille de romans, des comédies, des livres impies ou héréliques, je me hàterai de les détruire,
O mon Dieu! ne permettez pas que ni moi , ni ceux de qui je dois répondre devant vous, nous nous exposions à nous perdre pour l'éternité par de mauvaises lectures,
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De 5» CHAPITRE LVL Me Pr Des bons livres.
JS faut lire de bons livres pour s’instruire de la Religion, et pour conserver le souvenir de ce qu’on en sait déjà. J1 faut en lire encore pour nourrir son ame de pensées et de sentimens salutaires. Mais si l'on veut . éviter de graves inconvéniens, il est indispensable d’user de beaucoup de prudence dans le choix des livres; et si lon désire recueillir un fruit solide de ses lecturess il faut lire avec précaution et avec méthode.
I. Tout homme qui ne connaît pas Dieu, dit saint Jérôme, est un animal. Saint Bernard veut qu’il soit encore de pire condition. Cependant une ignofance qui va jusqu’à ce point n’est pas aussi rare qu’on le pense: saint Paul la reprochait déjà à quelques fidèles déyson temps. Il est vrai qu'on n’ignore pas qu’il ÿ a un Dieu: serait-il possible qu’il y eût des athées de conviction? Mais combien ont de Dieu des idées fausses! com-
ien qui rabaïissent sa majesté infinie, limitent sa puis- Sancé sans bornes, avilissent sa sagesse incompréhensible , mient sa providence qui embrasse l'univers, font injure à sa justice et à sa miséricorde , dont le règne s'étend sur tous les êtres créés ! N'est-ce pas ignorer Diew que de lui attribuer, par exemple, une indifierence oisive pour les choses de la terre? que de pré- : tendre qu'il a livré le monde à un hasard aveugle, ou à un destin inévitable ou irrésistible ? que de s’imaginer
l se soucie peu qu’on laime ou qu’on le haïsse, qu'ôn le loue où qu’on le blasphème, qu’on le serve ou qu’on le déshonore, ce marche dans les routes du vice, ou 44 suive les sentiers de la vertu ? Est-ce connaître Dieu que de croire qu'il a placé dans certains astres une influence secrète sur le caractère, sur les passions et la destinée des hommes en cette vie; dans des songesfortuits, les pronostics de ce qui doit arriver d’heureux et de funeste ; dans certaines rencontres, des anmonces de bonheur ou de malheur ; dans certains jours, le succès prospère ou contraire d’une entreprise. eic. À
À combien de chrétiens ne peut-on pas dire avec l’Aôtre, qu'ils ignorent Dieu, qu’ils le méconnaissent et
1 outragent par les idées indignes qu'ils s’en forment!
Jgnorantiam Dei quidam habent, 1. Cor. 15. 34.-
On en voit encore qui, exempts de ces excès condamnables, tombent dans d’autres également pernicieux, Leur ignorance en matière de religion va jusqu’à ne savoir point qu’il y a un seul Dieu en trois personnes réellement distinctes ; que c’est Ja seconde personne qui s’est revêtue de notre nature ; que cet Homme-Dieu a souflert, a été crucifié, est mort pour nous racheter du péché, de l’esclavage du démon et de la [mort éternelle. Ils ne connaissent guère mieux l’immortalité de notre ame, l'éternité des peines pour les méchans, des récompenses pour les bons. À l'égard des sacremens, à peine en savent-ils le nombre et qui les a institués. Si vous leur demandez quelle est la nature de chaque sacrement en particulier, quels en sont les effets, avec quelles dispositions il faut les recevoir, ils ne peuvent vous répondre. Îls ne sont pas plus instruits sur Îles commandemens. Ils prient sans presque aucune notion sur les dispositions qu’exige la prière , sur les effetsqu’elle opère. Ils vont à la messe sans savoir ce que c'est que la messe ; à la table sainte, sans pouvoir dire ce qu’on y recoit : on en à vu qu croyaient que la sainte hostie contenait le Symbole des apôtres. |
Des chrétiens si peu instruits ont-ils une foi suffisante ? adorent-ils Dieu en esprit et en vérité? sont-ils en état de profiter des moyens que la Religion nous offre pour nous aider dans l’aflaire périlleuse de notre salut ? sont-ils capables de recevoir aucun sacrement ? et pourrait-on, sans prévariquer, les admettre à l’office intéressant de parrain et de marraine ? è
Et comment remplissent-ils les me devoirs du christianisme, ainsi que les obligations les plus étroites def leur état ? S'ils sont chefs de famille, ils élèvent leurs enfans comme des brutes.
L’incertitude, le doute, la présomption, l'erreur, le vice; voilà les compagnons presque inséparables de l'ignorance en matière de religion : on pourrait y en : ajouter encore d’autres non moins fâcheux.
O vous qui pensez si indignement de Dieu et de ses augustes attributs, hâtez-vous d'en chercher des idées LE saines.et plus conformes à la vérité. 11 s’est révélé ui-même; apprenez dans de bons livres ce qu'il a daigné nous faire connaître de Jui, Et vous, qui avilissez le Père des humains par vos con ceptions puériles et superstitieuses , étudiez aussi dans des livres choisis la Religion qui n’enseigne que des dogmes dignes du souverain Être , de sa providence soigneuse pour le gouvernement du monde, de sa bonté, de sa justice et de Sa miséricorde envers les hommes. Il n’est point de moyen plus efficace pour bannir promptement les ténèbres de l'ignorance , que des lectures lumineuses, appropriées, faites avec de bonnes dispositions. Ceux * qui ne savent pas lire doivent assister aux instructions familières de leurs pasteurs, ou se faire instruire en particulier ; ils n’ont point d’autres ressources, et rien ne peut les exempter de ce devoir.
IL. Autant la lecture des mauvais livres est pernicieuse par les effets déplorables qu’elle opère sur l’esprit et le eur de la plupart de ceux qui ont l’im-
rudence de se la permettre, autant la lecture des aie livres est utile à ceux qui y ont recours avec de sages dispositions.
Dieu .se servit autrefois de ce moyen pour dessiller les yeux àdes idolâtres , pour les tirer dés ténèbres profondes danslesquellesils étaient plongés dès leur enfance j pour leur faire connaître la beauté de la doctrine chrétienne, leur en inspirer de l'amour, et les engager à embrasser une religion qui parle dignement de Ja Divinité, qui montre à l’homme sa véritable grandeur, la vraie source de sa dégradation et de sa misère , qui le console dans ses peines’ le secourt dans sa faiblesse , l'anime au bien par des promesses magnifiques pour la vie future Plusieurs reconnurent à ces traits que notre Religion Sainte ayait son origine dans le ciel , et qu’elle était un présent que le Tout - Puissant avait fait aux hommes dans sa miséricorde. Que d'hérétiques aussi ont, par le même moyen, ouvert les yeux à la lumière de la foi, ct, renoncçant à leurs erreurs, sont rentrés sincèrement dans le sein de l’unité catholique ! Que d'hommes
long-temps infatués des vanités du monde, en ont enfin connu le vide et les ont abjurées, afin de servir Dieu loin des dangers , avec plus de liberté et moins d’en* traves ! Ne sont-ils pas nombreux les exemples de conversion qu'ont donnés de grands pécheurs , lesquels ayant vu , dans d’excellens livres , une vive peinture de Vétat affreux de leur ame, des périls dont ils étaient assiégés de toutes parts , des calamités effroyables aux- Le les exposaient, pour éternité , les désordres
e leur vie passée , se sont convertis , sont revenus franchement à Dieu et ont persévéré avec courage ; jusqu’à leur dernière heure, dans les exercices de là pénitence et des autres vertus chrétiennes ? N’est-ce pas encore la lecture que nous conseillons qui a soutenu une multi-
tude d’ames saintes dans les voies étroites dela justice ,
les empêchant de se laisser emporter au gré des passions, séduire par les maximes perverses, entraîner par Îles exemples pernicieux P
S’étonnera-t-on de ces effets admirables quand on considérera qu’un bon livre est, dans la mam de Ja miséricorde céleste qui nous parle en même temps par la grâce intérieure, un maître qu’elle nous donne , afin que nous puissions puiser auprès de lui , en tout temps, des leçons pleines de lumières gt de sagesse
En effet, ici il nous apprend ce que nous devons croire pour avoir une foi distincte de nos augustes mystères. Là, iinous montre le bien qui nousestcommandé , et nous porte à l’entreprendre, en même temps qu’il nous suggère les moyens et la manière de le faire ; plus loin, c’est un vice qu’il nous dépeint sous de hideuses couleurs, afin de nous en inspirer de l'éloignement ; ensuite , descendant avec nous au fopd de notretcœur , il en examine tous les plis, et, s’il y trouve quelques vestiges de ce vice , il nous indique ce que nous devons faire pour le détruire en nous; si nous en sommes exempts, il nous prescrit les mesures à prendre pour pous en préserver à jamais. Commençons-nous à nous laisser abattre par une lassitude dangereuse et presque désespérante ? il nous console, mous rassure et nous
exhorte. Présumons-nous, au contraire, de la miséri="
corde divine , ou nous reposons-nous sur nos propres
forces etsurles victoires déjà remportees sur l'ennemi du salutPälmous représente alors avec force notre faiblesse extrême , la multitudé des dangers seéduisans qui nous enNironñent, la sévérité rigoureuse des jugemens de Dieu , l'incertitude où nous nous trouvons de notre état, ne nt point si nous sommes dignes d'amour ou de haïne : Néscit homo , utrim amore an odiv dignus sit Ecele: 9: 1. Enfin, c’est Dieu qui nous parle par ce bon livre , dit saint Augustin : Quando legis, Deus tibiloquitur. Enarr. in psal. 85. F.
* Concluons donc que nous avons besoin de recourir souvent à Ce sage maître. Car nous portons au dedans demous un foyer de penchans malheureux, qui nous poussent vivement au mal; au dehors, nous vivons au milieu d’un monde qui nousmet continuellementen péril; le-démon nous fait aussi la guerre sans relâche, cherchant les endroits faibles par où il pourra faire entrer la tentation dans notre imagination, et de la dans notre cœur; enfin nos occupations nous dissipent, et en nous dissipant elles interrompent, pour ainsi dire , l'exercice de cette vigilance habituelle, sans laquelle nous avons tout lieu de craindre la surprise. Ainsi peu à peu les impressions salutaires qu'ont produites en nous les instructions que no usavons entendues, s’affaiblissent; les bonnes pensées, les pieux mouvemens, quiontetéle résultat de ces instructions , se présentent lus rarement , et nos résolutions enfin nous échappent. ne lecture refléchie ét fréquente viendrait puissamment à nôtre secours. On voit des ouvriers et des ouvrières qui tiennent des romans ouverts devant leurs yeux , et ÿ jettent de temps en temps des regards ; hélas ! dans quel dessein ? Pourquoi n’en ferions-nous pas autant, pourmous armercontre les dangers quinous environnent sans cesse, et pour nous animer à travailler courageusement. à notre salut ? Du moins imitons ces familles pieuses, où.l’on fait une lecture spirituelle , tous les soirs , immédiatement avant de se retirer pour aller prendre son repos.
WI: Mais s’il est utile de lire podf s’instruire et se fortifier, il n'est pas moins nécessaire d’user d’une très-grande prudence dans le choix des livres qu'on se:
156 PENSÉES SUR LES VÉRITÉS taie a propose de se procurer ct de lire. Il y en a beaucoup qui, sous des titres apparens et trompeurs , cachent une doctrine empoisopnée et remplie d’erreurs publiques que l'Eglise a proscrites. | | ; Le moyen de se préserver du danger et de la séduction est facile : c’est de n’acheter et de ne lire que des livres dont un pasteur instruit, prudent et connu pour être très-orthodoxe, vous conseillera la lecture. * Cependant tout livre qui est bon ne convient pas indifféremment à toute sorte de personnes. Il est sage, souvent même nécessaire , de prendre l’avis de son confesseur avant que d'entrephen te la lecture de quelque livre que ce soit, en matière de religion et de spiritualité. IV. Mais quand vous REA Rd invoquez auparavant le secours d’en-haut par une courte aspiration vers Dieu. Sans la grâce intérieure ; VOus ne tireriez aucun profit surnaturel de quelque lecture que ce fût. Lisez trait à trait, pour vous pénétrer de ce qui peut vous être applicable, ou vous instruire. Ne craignez pas de relire plusieurs fois le chapitre qui vous intéresse le plus. Ouand vous avez quitté le livre , entretenez-vous intérieurement quelque temps de ce que vous y avez lu. Revenez plusieurs fois dans la journée sur le même objet ; formez toujours quelques résolutions conformes à vos besoins, et que vous mettrez sur-le-champ en pratique. Il est bon encore de commencer vos lectures par la préface, et de suivre methodiquement jusqu’à a fin, méme de rehre une seconde et une troisième fois le même livre.
2. Puisque ‘ture des bons livres est si utile, même si nécessaire, je ferai ce qui dépendra de moi Pour avoir recours tous les jours à ce moyen de salut
2. Mais je ne lirai point un livre, quelque bon qu'il paraisse, sans avoir préalablement pris avis d’un pasteur éclairé et donr là doctrine soit bien connue.
, 9: Enfin je prendrai les précautions indiquées ci-dessus, afin Æ tirer de mes lectures tn fruit salutaire et solide,
Mon Dieu, présidez à toutes mes lectures par le secours de votre
sâce, afin qu’elles me servent à vous connaître, à vous aimer, à
DE LA RELIGION. 157 me comnailre aussi moi-même, et à m'aider dans l'entreprise de mon salut éternel, “
L11408822555 5550000 TE TOUS TOC E CEE CTECE EEE ECCEUT 1214421334 31942940]
. CHAPITRE LVIT.
De l'amour du prochain.
Crrre vertu est nécessaire : quels en sont les motifs ? Cette vertu est rare : quels en sont les obstacles ?
I. Vertu sinécessaire, que si, entre tous les hommes qui sont sur la terre, il y en avait un seul que nous n’aimassions pas, ce serait assez pour être rejeté de Dieu. Quand je parlerais le langage des anges, dit saint Paul , si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Voilà le grand commandement du Sauveur; si vous l’accomplissez, disait saint Jean, tout est accompli. Vertu si excellente, qu’elle est au-dessus de tous les sacrifices : Majus est omnibus holocautomatibus , et sacrificüs. Marc. 12. Vertu aussi indispensable que l'amour de Dieu, puisque le précepte d'aimer le prochain est semblable à celui d'aimer Dieu , et qu’on ne peut accomplir lPun sans l’autre. Celui qui hait son
ère , et qui dit qu'il aime Dieu , est un menteur , dit saint Jean; car s’il n'aime pas son prochain qu'il voit, comment aimera-t-il Dieu qu'il ne voit pas P 1. Joan. 4.
Vous devez donc aimer le prochain ; mais par quels motifs ? Vous devez l’aimer , parce que Dieu commande de l’aimer, et parce que Dieu l'aime. Vousdevezl’aimer,
arce qu'il est votre frère , l’image ct l'enfant de Dieu.
ous Lee l'aimer , parce qu'il est aimé de Jésus- Christ ; qu'il est racheté de son sang, qu'il est destiné au Ciel aussi bien que vous. Vous seriez bien déraisonnable de ne pas aimer celui qu’un Dieu a plus chéri que.sa propre vie. Vous devez enfin aimer le prochain, quel qu'il soit, parce que les sentimens que vous en avez rejaillissent sur Jésus-Christ : Mihi fécistis. Si
vous haïssez ou si vous aimez votre frère, c'est Jésus-
Christ que vous haïssez ou que vous aimez.
J'aime tout le monde , direz-vous , je n’ai point d'ennemis, Ce n’est pas assez de le dire. Aimez votre
158 PENSÉÉS SUR LES VÉRITÉS prochain , non pas en paroles, mais aimez le comme vous-mnéme , dit Jésus-Christ. Vous devez donc l'aimer lus que vos biens, et les perdre plutôt que de perdre fs charite : Perde pecuniam, dit le Saint-Esprit, propter fratrem et amicum. Eccli. 29. Vous lee faire aux autres ce que vons voudriez raisonnablement qu’on fit à vous-même ; penser d’eux comme vous voude que l’on pensât de vous ; ne jamais leur faire et ne jamais leur dire ce que vous ne voudriez-pas qu’on vous fit ou qu’on dît de vous. La
Un solitaire , ayant mené en apparence une vie-fort imparfaite, se trouva néanmoins si consoléà la mort ; que son supérieur lui ayant demande d’où Jui venait ce grand contentement , il répondit : Mon père ; jai tâché toute ma vie de pratiquer le grand\précepte du Seigneur, d'aimer tout le monde, de supporter mes frères, de leur rendre service, de nefairemal à personne, de ne parler, de ne juger mal de qui que ce soit, et de penser du bien de tous. Poilwce qui fait ma consolation et qui, malgré més imperféctions, me donne tant de confiance pour àller paraitre devant Dieu. — Ah ! non frère, li dit a supérieur , #2ourez en paix ; heureux d'avoir vécu dans de si saintes dispositions ! #
Oh! que cette vertu, est rare et inconnue et 'qne d'illusions sur ce point! Tel croit pratiquer de grandes vertus qui ignore celle qui donne le prix toutes Tes autres. Combien de personnes, sous les dehots d'une vie régulière, cachent une humeur dure-et farouche ,! ét qui ne savent ce que c’est que bienveillance, affabilité, ménagement , condescendance ! Tel passe-pour un bon chrétien, qui n’a pas même les principes durChristianisme, qui se choque de tout, qui s’irrite d’uneparole, qui s’ombrage de rien, qui n’épargne, qui m'excuse, qui ne supporte personne. Y a t -1l manières plus sèches , ressentimens plus vifs, railleries plus mordantes, médisances plus artificieuses, que dans certaines gens qui se croient oflensés et qui se piquent ccpendant d’être irréprochables ?
Eh ! hypocrites, ignorez-vous qu’un acte de douceur et de chanté vaut mieux que toys les sacrifices À
DE LA RELIGION. .. \ 159 Semblables aux Pharisiens, vous vous savez bon gré de n'être pas comme les autres : Von sun sicut cæteri Mais ne savez-vous pas que ,»sans la charité, vous n'avez qu'un fantôme de religion, et que c’est parelle qu’on connaît les vrais serviteurs de Dieu ? Pt vs (a à bstacles à la charité sont ordinairement ces trois vices : J’avarice, l’orgueil et l'envie. Vous n’aimez pas un homme, parce qu’il n’est pas dans xos.iatéréts Ou parce qu’il vous a fait tort dans vos biens : voilà un effet +4 ne Vous ne pouvez souffrir une personne, parce qu’elle vous contredit ét n’est pas de votre sentiment, où parce qu’elle à dit une parole contre vous, ou parce qu’elle reussit et qu’elle prospère, où parce qu’on l'approuve et qu’on l’estime, tandis qu'on ne pense pas à vous; c’est. orgueil et envie : trois vices que Dieu a en horreur.
Vous regardez un scélérat comme un abominable; mais Vous êtes encore plus abominable aux yeux de Dieu , si vous êtes sans charité. Un grand pécheur qui a des sentimens de charite pour tous, est bien près du royaume de Dieu, et sera plutôt converti qu’un chrétien qui se croit vertueux et qui vit sans charité.
* Si votre prochain a de grands défauts, croyez que vous en avez encore de plus grands que vous ne connais- Sez pas ; n'aimez pas ses défauts et ses vices, mais ai- Mez Sa personne. Les defauts d'autrui ne sont pas un titre pour le haïr, autrement vous haïriez tous les hommes, puisqu’aucun n’est exempt de défauts. Plus les défauts du prochain sont grands ,-plus il est digne de votre charité ; supportez-le, ayez-en compassion ; men parlez pas, à moins qu’il ne soit nécessaire ou utile, et priez pour lui.
RÉSOLUTIONS
1. Afin d'aimer saintement mon prochain, je considèrerai dans sapersonne l’œuvre de Dieu, le prix du sang de Jésus-Christ, mon compagnon dans le voyage périlleux de cette vie, destiné, comm» moi, au bonheur du ciel.