CHAPITRE LVIII
Îl faut aimer ses ennemis et leur pardonner.
JÉsus-Cnrisr nous commande, sous peine de dampation, d'aimer nos ennemis et de leur pardonner. Nous ne pouvons nous plaindre de ce commandement, si nous regardons trois choses : ce que nous sommes, qui est notre ennemi , et le mal qu’on nous fait.
I. Nous sommes pécheurs ; nous avons besoin de la miséricorde de Dieu. Sans cette miséricorde, toutes les créatures s’armeraient pour nous détruire, comme des ennemis de leur créateur : Misericordiæ Domini, quia non sumus consumpti. Thr. 3. Etant pécheurs , nous méritons d’être réprouvés de Dieu. Toute La différence qu’il ÿ a entre nous et un réprouvé , c’est qu'un réprouvé n’a ni pardon ni miséricorde à espérer, au lieu que nous espérons le pardon et la miséricorde de Dieu. Ne scrions-nous donc pas bien malheureux de refuser le pardon à nos ennemis P Il est juste que Dieu nous traite comme nous aurons traité nos frères: Si nous refusons de pardonner , nous nous fermons le ciel, et nous devons nous attendre à être jugés sans miséricorde : Judicium enim sine misericordi illi qui non fecit nisericordiam. Jac. 2. |
IT. Qui est notre ennemi ? c’est notre prochain ct notre frère; c’est-à-dire un enfant de Dieu comme nous, qui est aimé de Dieu, peut-être plus que nous ,
ue Dieu prend sous sa sauvegarde, et auquel il nous défend d’attenter. Notre prochain est comme le lieutenant de Jésus-Christ. Tout ce que vous lui fates, dit le Sauveur, fût-il le dernier des hommes, je le tiens fait à moi-même : Quorl uni ex minimis mets fecistis,