‹ Pensées sur les plus importantes vérités de la religion, et sur les principaux devoirs du christianismeChapitre 78 sur 186 · CHAPITRE LXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXII

C’est ordinairement par notre faute que nous avons des ennemis et des chagrins.

[> Ayez soin de votre réputation, dit le Sage : Curam habe de bono homine; c’est-à-dire, vivez de telle sorte que vous-soyez sans reproche. S1 vous vivez mal, c’est vous qui nuisez à votre réputation , et non pas les autres quievous l’ôtent. Vous vous plaignez que vous avez des ennemis, vous devriez plutôt vous dinde de vous-même. Si l’on ne vous aime pas, si l’on vous méprisez c’est que vous ne vous faites pas aimer. Les colombes ne font pas société avec le vautour , ni les oiseaux avec les hibous , ni les agneaux avec les loups et les lions. Quelle socicté peut-on avoir avec vous dont l'humeur inquiète et emportée, dont les airs fiers et impérieux , et dont les manières brusques et farouches rebutent tout le monde ?

Vous “êtes un homme avide, intéressé, insensible aux misères d'autrui : quel amour , quelle estime peuton avoir pour un homme dur et tenant, qui n’aime que soi-même, qui ne fait du bien à qui que ce soit P

On parle mal de vous ; pourquoi vous-même parlezvous mal de tout le monde? Avez-vous droit qu’on vous épargne, tandis que par vos satires et vos railleries vous n’epargnez personne P

Vous vous plaignez qu’il n’y a plus de charité, que personne ne veut se fier à vous, ni vous rendre service ; vous le méritez, parce que vous êtes un dissimulé, qui trompez tout le monde, qui n’opposez que la ruse et la chicane à la bonne foi, et l’ingratitude aux services

won vous rend. Plaignez-vous de vous seul, etnon pas de autres. Vous êtes un ouvrier décrié; pourquoi vous : décriez-vous vous-même par des ouvrages de mauvaise foi ? On vous abandonne dans votre pauvreté; c’estvous qui, par votre vie fainéante et par vos larcins, vous rendez indigne de la charité autrui.

On flétrit la réputation de vos enfans ; pourquoi les

exposez-vous à la censure des autres par les fréquen- 8,

tations que vous autorisez ? Et vous, filles du monde, pourquot , par votre dissipation et vos airs mondains , vous attirez-vous la critique et les médisances du public ? Vivez dans la modestie, et vous fereztaire l’imposture.

IT. Ceux qui nous haïssent et qui nous persécutent pèchent, parce qu’ils manquent de charité; mais rendons-nous justice; ne méritons-nous point, par notre conduite, leur aversion et leur censure ?

Que personne de vous, dit saint Pierre , ne souffre comme malfaiteur ; c’est-à-dire , ne vous attirez aucune persécution par votre faute. Vous faites plus de tort aux autres, en leur donnant occasion de parler et de vous haïr, qu’ils ne vous en font par leurs persécutions ; vous devez être plus afilige des péchés que vous leur faites commettre , en leur donnent de manquer de charité, que des maux qu’ils vous font.

Si l’on vous persécute lorsque vous êtes innocent, réjouissez-vous d’être conforme à Jésus-Christ, qui a été le plus persccuté et le plus innocent des hommes. Si l’on vous hait pour la justice, parçe que wous faites votre devoir, que vous reprenez le vice, consolez-vous, c’est la destinée des bons pasteurs et des bons serviteurs de Dieu : Heureux , dit Jésus-Christ, ceux qui souffrent persécution pour la justice.

.… 1. Je m'efforcerai de ne m’attirer le mépris, la censure ni la häine de personne, tâchant de ne blesser aucunement les intérêts ni la délicatesse de qui que ce soit.

2. Ma conduite ne sera ni bizarre, ni incommode, ni vaniteuse ; et si je suis persécuté injustement, je m’en consolerai au pied de la croix.

O mon Dicu ! faites-moi la grâce de ne point m’attirer de cha: grins par ma faute, et de supporter avec résignation et charité ceux qui m'arriveront d’ailleurs,

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