‹ Pensées sur les plus importantes vérités de la religion, et sur les principaux devoirs du christianismeChapitre 89 sur 186 · Il veille sur ses paroles , et parle bien plus à Dieu · texte numérisé non relu

Il veille sur ses paroles , et parle bien plus à Dieu

u’aux créatures. Il sait que Îe silence préserve de bien S fautes ; que la langue est comme l'instrument de tous Jesvices, et qu’elle tue souvent l’ame par le poison mortel dont lle est remplie : Plenaveneno mortifero. Jac. 3. IL voudrait ne se servir de la voix que pour chanter les louanges de Dieu , pour accuser ses péches, pour prendre la défense des intérêts de Dieu , et pour édifier le prochain. Il se prive quelquefois, comme David, de parler de bonnes choses, aimant à se taire par humilité : Humidiatus sum , et silui à bonis. Ps. 38.

3. 11 veille sur ses oreilles, et les environne d’épines. S'il entend des paroles déréglées , il.en est afiligé, parce qu’ilwoit son Dieu offensé ; s’il entend des conversations ou des lectures agréables, il ne s’y applique qu’autant

u’elles lui sont profitables. Il a soin d'écouter Dieu au fond de son ame, bien plus que les hommes. Les mondains,, dit-il avec David , m’entretiennent de bagatelles ; mais, Seigneur , elles ne sont pas comparables à votre loi: WNarraverunt mihiiniqui fabulationes , sed non u! lex tua.

IL mortifie sa curiosité ; il sait que le plaisir d’entendre bien des choses n’est pas toujours innocent, et

e, quandille serait, le mérite est grand de s’en priver.

regarde les concerts agréables comme 4h conve-

1941 PENSÉES SUR LES VÉRITÉS nables à une ame pécheresse, qui devrait passer sa vie dans les larmes: ©” rm « +) MON, 74000 dr “HIT. Un chrétien qui aime la pénitence ;"sait lapra> tiquer» dans les choses même les plus innocentes. S'il entend'une symphonie dans le lieu ‘saint, ik-séréjouit de ce que tout sert à honorer le Créateur; maïs en même temps il gémit de lui avoir si souvent refusé ses hommages. Il sait quelquefois se priver des plaisirs permi pour se punir des plaisirs criminels qu’il a pris autre= fois. S'il est obligé de prendre quelques récréati loin d’yrattacher son cœur, il les prend avec:uneseerète confusion ; persuadé qu’un pécheur comme lui némérite que: des châtimens. DEC 7 7 : S'il prend du sommeil, c’est à regret, se souvenant-que Jésus-Christ passait les nuits en prières;het, qu'à l'exemple du Fils de Dieu, au lieu d’un lit, ilmedevrait pas méme avoir #n chevet pour reposer st tête. Î] ne prend son: repos que par necessité et parcerque Dieu le veut ; P'obéissance à une heure réglée l'yconduits la: paresse ne l'y retient jamais. S’il dort, ce n’est qu’autant w’il faut pour réparer ses forces et mieux servir Dieu. S'il ne dért pas, 1l ne s’en inquiète point ; il profitede ce temps pour pleurer ses péchés : Zn cubilibuswestris compungimini. S'il s’éveille, c’est pour recourir à Dieu ss il se lève, c’est pour obéir à Dieu, et pour travaillér en esprit de pénitence: ! 1/5 emrmk ‘Oh ! que de consolatiüns ressentiriez-voustemwivant de I sorte ! vous éprouveriez qu’un jour passé dans la péniténce et dans les gémissemens , est-miille foïs-plus agréable que’toutes les délices de la terre ,'et-qu'il est bien pti doetliespiet ses péchés que de lescommettre.

Wreis RÉSOLUTIONS. gestes

1. Puisque mon corps a été l'instrument d’un grand-nobrede péchés, je lui ferai aussi partager ma pénitence: TA

2. En conséquence, je réglerai son repos ; je modèrerai sa ROUr riture ; j'observerai -les jeunes prescrits par l’Église, et je ferai souveni quelques mortifications proportionnées à mes forces et à mon travail, mais avec l'avis dé mon confesseur. GENRE :

3.:.Jé véïllerai sur mes sens, afin que la mort #entre plüs par eux'dañs mon: ame : je mortifierai ma langue , et j'éviterai les divertissemens dangereux auxquels j'ai renoncé dans-mon ‘baptême:

> it : PE LA RELIGION. :195 O mon Dieu ! faites-moi la grâce de réduire mon corps en servitude, afin qu’il me soit plus en moi l'instrument du péché, et qu'il res IOntRloneusEment.

M0 CHAPITRE LXXT.

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On peut à 4: agées pratiquer la pénitence dans a 2 De © tous les états.

où , Monmren eu ! j

:squE tous lés’hommes vivent dans l'exercice de

la | ÿmais parce qu'ils n’en font pas un saint usage, la plupart meurent sans l’avoir faite. On croit la pénitencébien éloignée de nous, tandis que nous en sommiés environnés. Ÿ a-t-il une condition qui n’ait ses Deinessses embarras, ses tentations , ses épreuves ? Qwonesthaveugle de ne pas profiter de la bonté de Dieu qui accepte comme une pénitence méritoire ce quinous "arrive même par nétessité |

Que vous Datraital, dans vos afflictions, dans vos déläissemens , de dire avec Jésus-Christ : Mon Pere, volrewolonté soitfaite P Que vous coûterait-il, lorsque vous perdez votre santé, ou qu’un injuste usurpateur vousveénlève vos biens, de dire avec Job : Dieu me l'avait donné, Dieu me l’a ôté, son saint nom soït béni P Si nous avons reçu des faveurs de sa main liberale jnest=il, pas juste que nous recevions aussi les maux de sa main paternelle : Si bona suscepimus de manw Domini, mala quaré non suscipiamus P En souffrant pour Dieu, en souffrirait-on davantage ?

Combien-de choses dont la privation vous est facile et: qui vous seraient d’un grand mérite ! Seriez-vous fort incommodé de vous priver d’une lecture profane, pour wire un livre de piété; de fréquenter une compaghiersainte, au lieu de fréquenter des gens dissipés etmondains ; d'aller visiter Jésus-Christ au lieu d'aller au spectacle? Seriez-vous fort incommodé de vous habiller avec plus: de modestie, de parler avec plus de reténue, de vous modérer dans vos repas, de donner aux pauvres ce que vous donnez pour le jeu ou pour le luxe? Oh ! que de mérites perdus par votre faute !

La Providence nous fournit, à toute occasion, mille

moyens de faire pénitence : un petit soulagement qu'on refuse à son corps, une situation gênante ; une incommodité passagère qu’on souffre sans se plaindre ; ’humeur dure et ficheuse d’une personne avec laquelle nous sommes obligés de vivre, que nous supportons avec charité ; une parole désagréable , un reproche humiliant dont on fait le sacrifice en silence; un peu de froid ou de chaud. qu’on souffre avec patience; un.peu de faim ou de soif qu’on ne soulage pas d’abord ; un service qu’on rend au prochain ; une délicatesse, un morceau , un fruit, un assaisonnement dont on se prive, et autres semblables mortifications, ne sontpasindignes d’être offerts à Dieu. | y

Tout cela paraît peu de chose ; mais -e'est.quelque chose de grand, dit saint Augustin, d’être fidèle.à Dieu dans les plus petites choses : {n minimis autem fidelis esse magnum est. Ce ne sont là que commede petites gouttes, mais qui peuvent peu àepeu remplir lescalice amer que Jésus-Christ nous a laissé à boire. Par ces petites pratiques, que les mondains regardent comme des riens, nous pouvons payer SL à et grossir notre trésor pour l'éternité, à l'exemple de la fourmi , qui fait ses provisions de ce qu’on foule aux pieds. En offrant à Dieu ces fréquens et petits sacrifices, ayons de la confusion de lui offrir si peu de chose ; maïs adorons sa bonté qui s’en contente. C’est en méprisant ces petites choses que tant de gens vivent sans pénitence et se perdent.

Quel repentir à la mort et dans l'éternité, d’avoir laissé échapper tant d'occasions d'effacer sesmpéchés ! Il n’est point de regret plus sensible à un. mourant que le souvenir des momens qu'il n’a pas employés à la pénitence ; il n’est point de plus cruel sujet. de désespoir à un réprouvé, que de voir qu’il pouvait sessauver à si peu de frais. Quelques jours de pénitenceret de fidélité à Dieu en cette vie peuvent effacer tous nos péchés ; mais des siècles de pénitence, et une éternité de pleurs ne pourront en eflacer un seul-dans Pautre.

DE LA KELIGION. 197

NT RÉSOLUTIONS

x. J'offrirai tous les jours à Dieu, en satisfaction pour mes péchés,

les peines de mon état.

2. J'accepterai de même toutes les afflictions qui pourront m'arriver , de quelque source qu’elles me viennent.

Mon Dieu, j'unis toutes mes souffrances à celles qu’éprouva autrefois mon Sauveur ; agréez-les comme des satisfactions que j'offre à votre justice pour l’expiation de mes nombreux péchés.

AAA AAA LULAVULUELLIUI LE LULELLELELL SATA TUTUELLITVETUEIILULLLIVUD

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