‹ Penseurs et poètes --Chapitre 45 sur 54 · II en roata quelquea-unes qui ont gard£ de leur ancieone · texte numérisé non relu

II en roata quelquea-unes qui ont gard£ de leur ancieone

coiicrptlon una certains Incoherence. Ainsi les deux parties de la jiiucu Intituled Renctmtn (Stanct* et Paimes) ne concordent pas tri»p liion ensemble. — II y h das sonnets, — et parmi les plus beaux, — oil la seconds partie ne seinble pas fltre le complement nociasaire do la premiere. Mais le cas oat rare, et en general I'osuTre est ausui bien composes que bien executes.

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avec une singultere attention tous les aspects de la nature; il en a tir6 une s6rie de petits tableaux achev6s. II s'est plu a rivaliser avec de belles oeuvres d'art en en donnant a la fois dans ses vers la representation et le sens. II a cr6e, nous l'avons vu, un genre psychologique descriptif, qui lui a fourni quelques tr6s ing6nieux quadri, comme aurait dit Andre Ch£nier. II a peint aussi ce qu'on peut appeler des tableaux d'interieur, avec autant d'exactitude que de charme et de sentiment *. II a esquiss£ quelques episodes de guerre. II s'est mfime essaye au moins une fois k tracer une grande fresque : « Les Ecuries d'Augias, a dit Theophile Gautier, sont faites avec la certitude de trait, la simplicity de ton et l'ampleur de style d'une peinture murale. Ge po&ne pourrait s'appliquer, parmi les autres travaux d'Hercule, sur la cella ou le pronaos d'un temple grec. » II n'a pas toutefois renouvele cette tentative ; et, malgre les grandes beaut6s que contient le po^me on ne peut pas trop le regretter. Son g6nie

1. II faut citer au moins la piece delicieuse intitulee Une d'elles (Solitudes), oil la description de details de la vie moderne est donnee avec une telle puissance d'evocation,

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n'est pas £pique, encore moins dramatique. II a l'esprit trop mathgmatique pour se plier facilement k la conception historique des cboses *. II vit trop profond6ment dans son Ame pour pouvoir imaginer celle des autres; s'il transporte facilement sa propre sensibility aux etres dans lesquels il croit la deviner, il n'est gu&re apte a se repr&enter vivement des caracteres diflerents du sien. Au fond, sauf de rares exeptions, les spectacles de la nature, de Tart et de la vie l'int6ressent beaucoup moins en eux-m6mes que comnie signes expressifs ou

symboles de ses sentiments et de ses pens6es. II est cependant un domaine dans lequel son art s'est fait volontairement et directement objectif : c'est sa po&ie philosophique et scientifique. Les po6mes philosophiques de son premier recueil, malgr6 l'6l6ment oratoire qui s'y mfile, sont d'une grande beaute, parce que le raisonnement y est mis tout le temps en contraste ou en harmonie avec l'6motion. II a su aussi cr6er une po6sie vraiment nouvelle et

1 . On peut noter que dans ses ourrages d'esth&ique Foment historique des questions est presque completement laisse de cdte\

souvent grandiose en essayant d'interpr6ter l'univers tel que le montre la science. C'est ainsi qu'il a tir6 l'inspiration d'une de ses plus belles pieces de la notion, due au calcul astronomique, d'6toiles situ^es k un immense 61oignement, dont la lumifere voyage vers nous depuis des milliers de siecles et doit venir un jour « enchanter les yeux d'un autre Age * » ; que dans une ing6nieuse et charmante s6rie de sonnets, il nous a rev6l6 ce que peuvent dire k Tame les grandes d6couvertes de la physique 2 ; qu'il a chant6 en vers magnifiques le vrai Lever du soleil et nous a montr6 l'univers « revfitant une beauts neuve » k la lumtere de la science ; que dans le Zinith^ — le plus lucr6tien des po&nes modernes, — r il a fterement cel6br6 la d6faite des anciennes erreurs cosmographiques et a rendu sensible au coeur le mystere de la gravitation universelle.

Mais il a voulu aller plus loin : il a, nous l'avons vu, expos6 dans deux longs morceaux successifs, qu'il a incorpor6s k son po6me du

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