‹ Penseurs et poètes --Chapitre 6 sur 54 · Essais orkntaux. Paris, A. L6vy, 1883, in-octavo · texte numérisé non relu

Essais orkntaux. Paris, A. L6vy, 1883, in-octavo

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dans le Mahdi le prop re fils de Zoroastre, qui doit venir & la fin des temps combattre et vaincre Ahriman *. En 1887, il publiait une (Micieuse gtude sur les Origines de la poesie persane, oh il mon trait ce quelle avait 6te avant l'6poque proprement classique, et cueillait d'une main habile les fleurs les plus dglicates de ces jardins presque inconnus. C'est Ik qu'entre autres strophes charmantes il avait trouv6 ce distique oil un po6te du ix e siecle, Ghahid de Bactriane, a exprim6 par une image si originate une si poignante v6rit6 : « Si la douleur jetait de la fum6e comme le feu, le monde serait 6ternellement obscurci *. »

Je ne puis m6me mentionner tant d'6tudes ing&rieuses et savantes, de linguistique, de mythologie ou d'histoire litteraire, diss6min6es dans les recueils scientifiques pour lesquels sa collaboration 6tait un honneur recherche. G'en fut un pour lui, en mfime temps qu'une lourde t&che, all&grement acceptge et fidftlement accomplie, que l'offre qui lui fut faite, en 1882,

1. Le Mahdi depots les origines de I 'Islam jusqita nos jours. Paris, Leroux, in-dix-huit, 1885.

2. Publiee d'abord dans le Journal des LMbats, cette elude a para, in-dix-huit, cbez Leroux, en 1887.

par la Soci£t6 asiatique, de remplir les fonctions de secretaire. II y remplagait Renan, et il avait paru & tous le seul capable de le remplacer.

A ces fonctions 6tait en efifet attachee 1' obligation d'un rapport annuel sur la marche de l'orientalisme et les travaux qu'ii suscite: il fallait pour s'en tirer la connaissance, bien rarement r6unie, des cinq ou six mondes qui se partagent ce vaste domaine, le talent d'organiser et d'Sclairer une mature dispersee, un jugement sur, un tact d&icat, des lectures immenses et un esprit toujours alerte. Les sept rapports qu'a livr6s James Darmesteter sont des modules d'un genre ou Burnouf, Mohl et Renan avaient diff&remment excelie. Son dernier rapport (4893) estconsacr6 en grande parties l'expos^ del'ceuvre de Renan comme orientaliste ; mais il n'a pu s'empGcher d'embrasser d'un regard profond et clair toute la vie intellectuelle du maitre qui avait exerce sur lui, comme sur le si6cle entier, une si grande influence. Un seul homme pouvait parler k la fois, avec une 6gale superiority du savant, du sage et du poete qu'etait Tauteur de VHistoire des langues semitiques, de VAvenir de la science et des Sou-

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venirs (Tenfance. C'est une heureuse destinfe qui a impost k Darmesteter le devoir de le faire, et qui nous a valu rinterpr6tation adequate de cette figure complexe et presque d6cevante, aux dessous immuables, aux surfaces infiniment mobiles sous les reflets changeants des lumi&res et des ombres.

Je n'aurais pas fini l'histoire des rapports de James Darmesteter avec 1'Orient si je ne disais un mot des Lettres sur VInde *, oil se r6v61erent de nouvelles faces de sa sensibility, de son intelligence et de son talent. D6j& des voyages en Angleterre, en Espagne, en Gr6ce, en Turquie, avaient habitue son oeil a jouir des aspects divers de la nature, son esprit a comprendre les formes diverses de la vie humaine. En racontant son sdjour aux Indes, il s'est montr6 peintre lumineux et fin observateur; les entretiens oil il met en sc6ne ses bons amis afghans sont des tableaux de genre aussi exacts que piquants. Mais ce voyage d6veloppa un c6t6 de son activite intellectuelle qu'on n'aurait guere soupgonne : ce philologue

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