‹ Penseurs et savants: leurs maladies, leur hygièneChapitre 11 sur 34 · AVANT-PROPOS XVII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XVII

préférée des âmes fières ; d'abord, parce qu'elle est' méprisée par les imbéciles ; ensuite parce qu'on n'y peut triompher que par soi-même et qu'on n'y a d'aujtres protecteurs que son talent et sa volonté. »

Malgré les différences que nous avons rapidement signalées plus haut et qui séparent entre eux ceux que nous appelons les Penseurs ou ceux qui vivent par VEsprit, cette classe présente des affinités et des points de similitude incontestables. M. Proust (1) a dit avec raison que les professions dites libérales ont incontestablement des caractères qui, au point de vue de l'hygiène, en font une famille dans laquelle on peut distinguer des espèces et variétés, mais qui possèdent un fonds commun devant lequel toutes les différences s'effacent. Un illustre homme d'Etat disait autrefois que Tamour des belles lettres était la franc-maçonnerie de tous les gens bien élevés.

Ce goût subsiste en effet pendant toute la vie intellectuelle, et si, distraits un moment par leurs occupations quotidiennes, quelques-uns, comme les ingénieurs, les peintres, les sculpteurs, travaillent beaucoup le jour et peuvent se reposer le soir et la nuit, il arrive très souvent que beaucoup d'entre eux se préoccupent encore le soir et même la nuit de leurs travaux, de leurs créations, de telle sorte que leur cerveau ne connaît guère de temps de repos. Sans doute leurs facultés acquièrent par là, une acuité, un développement tout à fait supérieurs, mais en même temps, hélas ! une hypertension qui rend tous les penseurs tributaires des mêmes maladies et par conséquent des mêmes soins prophylactiques au point de vue de leur santé intellectuelle et corporelle, bien que chez les uns, très ardents, (littérateurs, romanciers, artistes) la folle du logis règne en souveraine maîtresse, tandis que chez les autres plus froids (philosophes, mathématiciens, médecins) elle soit remplacée par le raisonnement, l'algèbre, l'étude et l'esprit d'observation.

Pour tous ceux qui réfléchissent, et dont le cœur est patriote, pour nous qui songeons à l'avenir de notre France et qui nous inquiétons de voir la partie la plus noble, l'élite de la nation

(1) Dictionnaire de Médecine^ de Jaccoud, t. 29. Article : Profession.

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celle qui devrait être la plus saine, envahie de plus en plus par les maladies et surtout par le nervosisme, t'est un devoir impérieux, de rechercher les causes de cette dégénérescence, de jeter un cri d'alarme, de signaler le danger et, après en avoir étudié les causes, d'indiquer les ressources que nous assure l'hygiène pour la prévenir.

Le faire c'est remplir un devoir sacré, c'est être utile à chaque foyer, à toutes les familles, à la patrie, bien plus encore à l'humanité toute entière !

Voilà les motifs qui m'ont fait embrasser ce sujet avec ardeur, avec passion, si je puis m'exprimer ainsi, et ce qui me fait espérer être lu, avec quelque attention !

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