‹ Penseurs et savants: leurs maladies, leur hygièneChapitre 4 sur 34 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

« L'exercice de l'activité musculaire s'accompagne de la production plus abondante et de l'apparition simultanée dans les urines, d'urée, d'acide urique et de chlorure de sodium.

a Etant données séparément, les urines d'un homme qui, pendant trois jours, aura suivi une alimentation uniforme et se sera trouvé dans des conditions extérieures sensiblement identiques, il sera possible, par Tanalyse seule, de savoir à chacun desquels correspond, d'une manière relative, Tétat ou de repos, ou d'activité cérébrale, ou d'activité musculaire. »

Il semblerait donc, d'après cela, que le travail cérébral soit assimilable à un travail physique, et que Ton pourrait arriver à déterminer, par un régime spécial, ce qui conviendrait à l'intellectuel, pour favoriser chez lui la sécrétion de la pensée ? Ce serait évidemment aller vite en besogne et nous n'en sommes pas encore là. Nous voulons seulement retenir de ces expériences que les savants s'attachent, depuis quelques années, à rechercher les conditions physiologiques de la pensée et que ces recherches, quand même elles n'aboutiraient qu'à des résultats approximatifs, sont d'un puissant intérêt.

Dans ce même ordre d'idées, combien de faits qui s'éclairent d'une lueur nouvelle à la lumière de la physiologie 1

Ainsi, on est bien près de classer dans la catégorie des excentriques des grands esprits comme Schiller, qui ne pouvait travailler que les pieds plongés dans la glace ; Milton et Descartes, s'enfonçant la tête dans des coussins et des couvertures^ Gujas, travaillant couché à plat ventre sur ses livres ; Leibnitz, Rossini, composant également couchés ; Rousseau, méditant la tête au soleil, en plein midi.

Or, cette méthode de travail est absolument conforme aux lois de la physiologie, ainsi que l'a nettement établi Gh. Féré, s 'appuyant sur des références incontestables. L'activité cérébrale coïncide, en effet, le plus souvent avec une élévation de température de la tête (1) ; mais il y a plus : l'augmentation de

(1) Lombard avait constaté que l'activité cérébrale coïncide avec une élévation de température de la tête explorée à travers les téguments. Broca, et d'autres, ont rapporté un grand nombre de faits à l'appui de cette constatation en parfait aceordj d'ailleurs, avec cette loi formulée

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