‹ Penseurs et savants: leurs maladies, leur hygièneChapitre 5 sur 34 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

chaleur produite par le travail intellectuel, d'abord limitée à la tête, s*étend ensuite à tout le corps.

Le docteur Gley (1) a constaté, de son côlé, sous l'influence de l'activité cérébrale, l'élévation du pouls carotidien et une légère augmentation de la chaleur centrale.

« La méditation affaiblit comme le feraient des évacuations successives », disait déjà Tissot au dix-huitième siècle. Sanctorius n'avait-il pas noté, bien longtemps avant Tissot, que l'exercice de l'esprit, tout. comme Texercice physique, faisait varier le poids du corps ? Nous nous expliquons, de la sorte, que les hommes de pensée, les littérateurs, les cérébraux, pour employer une expression plus adéquate, ont besoin de certaines conditions pour produire et que, dans la plupart des cas, leur labeur ne va pas sans fatigue, sans rompre cet équilibre physiologique indispensable à la conservation de la santé.

Mais il y a bien d'autres éléments à envisager, quand on veut rechercher la genèse de la pensée ; ainsi. Ton a beaucoup exagéré l'importance des rapports entre les variations thermiques de l'atmosphère et les conditions de l'activité cérébrale ; en revanche, on a fait trop petite la part qui revient à la lumière ; la lumière qui est, par excellence, Texcitant physiologique du cerveau. Son rôle est immense dans la vie des plantes; il est considérable aussi dans la vie animale.

a C'est la luminosité, bien plus que la caloricité, nous apprend Gouzer (2), qui façonne les races , leur donne leur tempérament, règle parmi elles le développement des aptitudes et de la génialité.

« Les aliénistes n'ont point manqué de remarquer combien la privation de la lumière exerçait d'influence sur les individus

par Claude Bernard : « qu'il y a un rapport constant entre l'ensemble des propriétés nerveuses et celles de la circulation ». Du reste, des expériences plus rigoureuses que celles de Lombard, entreprises par Schiflf, ont montré que l'élévation de température superficielle correspond réellement à une élévation de température du cerveau. (Cf. Pathologie des Emotions, de Féré.)

(1) V. dans les Archives de Physiologie normale et pathologique (1881, septembre à décembre), le travail de M, Gley.

(2) Archives d'anthropologie criminelle^ septembre 189L

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