I. Ibid., p
DuGAS. — Penseurs libres. 12
protestantisme orthodoxe est le plus crâne. Il n'adoucit point la rigueur des dogmes; il maintient ceux-ci (le péché originel, la rédemption, la prédestination, la grâce et l'élection) dans toute leur dureté, il n'y voit point des « mythes philosophiques )), il les prend à la lettre, il en tire les (( conséquences inévitables » : la « contrainte charitable », le compelle intrare. « Les Luther, les Calvin, les Théodore de Bèze ont prêché et pratiqué l'intolérance par les mêmes raisons que les cathoUques. Ils n'ont réclamé le libre examen que pour eux-mêmes et dans la mesure 011 ils en avaient besoin ; ils ne l'ont jamais élevé au rang de doctrine orthodoxe. Calvin a brûlé Servet. .,* ». Nions-nous donc pour cela les services si importants que (( le protestantisme a rendus au droit et à la liberté de conscience » ^ Non, mais nous disons que ces services, s'il les a rendus à la liberté, c'est comme hérésie; comme dogme au contraire, (( il la menacerait, s'il était logique ». Mais est-ce louer le libéralisme des protestants , que de l'imputer à leur inconséquence.^ Le protestantisme loge son ennemi avec lui : le libre examen, ou la liberté de penser. S'il reconnaît en effet cette liberté tout entière, il ne peut savoir d'avance où elle le mène, et si ce n'est pas jusqu'à la négation de la foi,