I. Guyau, l'Irréligion de l'avenir, p. i3i et suiv
I02 PENSEUnS LIBRES ET LIBERTE DE PENSEE
séparent jamais de leur groupe avec éclat, qui ne médisent jamais de leur religion » et qui, se sentant « en minorité, restent unis par un sentiment de solidarité très étroit' », c'est tant pis pour eux et pour leur Eglise. Il n'est pas permis en effet de « faire voyager » les idées modernes « sous le pavillon chrétien » (de Hartmann), de commettre le mensonge pieux du Vicaire savoyard, de rester prêtre ou même simple fidèle, quand on ne croit plus. Une Eglise est bien malade, si elle n'est pas morte déjà, quand elle n'est plus qu'une étiquette sociale, quand elle ne répond plus qu'à un besoin de « s'aimer les uns les autres », c'est-à-dire de s'aider, de se pousser, quand elle ne désigne plus qu'une clientèle, qu'un syndicat d'intérêts matériels ou une ligue mondaine. Le libéralisme trop vanté de certaines sectes ne serait-il pas de cette nature ? Le sens du temporel, le souci, d'ailleurs louable, des « œuvres sociales », seraient-ils tout ce qui reste de certaines religions !
Je ne le prétends pas ; mais, s'il en était ainsi, je demande encore à ne pas le trouver bon, — Mais quoi ! les philosophes sont-ils donc fondés à reprocher au\ croyants de manquer de foi, d'avoir une religion de plus en plus large, c'est-à-