‹ PépéChapitre 16 sur 167 · NOV · texte numérisé non relu

NOV

ELINE. Une Ro très banale, au

V, — Dida-moi LINE. — Ça t'intéresse ?

ae Tu vois bien.

JL faut t'ar- |

Le

ENOY. On ne e peut pas s tou OUFTS rire.

LINE. — Oh ! rien de sensationnel.…..

< si Il Fa au

ne Te: n'ai jamais été comme ça: Æ est ï

IT

| alors je me suis souvenue que papa parlait toujours d’un ami d’enfance, que j'avais vu une il habitait our, j'ai pris le

ou deux fois :

abs ; Ée FRESSENOY. Et c’est cts qui...

JACQUELINE. — Oui | à; . FRESSENOY. — C’est un cochon Le JACQUELINE. — C’est un homme... A part la

chose, il a été très gentil avec moi.

FRESSENOY. — Tu habites avec lui ?

JACQUELINE. — Oh ! non, en province,

voyons... Il est très connu, grosse fabrique de gants, j ai ma vie à part, à cause des conve-

nances, il vient me voir, mais il me laisse une grande liberté.

FRESSENOY. — Et tu eu Dronte s ?

JACQUELINE. — Ça signifie ?

FRESSENOY. — Je suppose que tu as cherché des distractions, des consolations,si tu préfères.

TACQUELINE. — Oui, toi, tu le sais.

FRESSENOY, incrédule. — Depuis deux ans, je serais le premier.

second. Oh ! oh ! oh ! e -

JACQUELINE. — Bien sûr, une femme qu’on rencontre dans une papeterie, n'est-ce pas.

et qui se donne presque tout de suite. SOost une femme facile. ones

FRESSENOY. — Tu ne m'as pas compris.

JACQUELINE. —- C’est toi qui ne me comprends pas. Pourquoi est-ce que je méntirais.. Ré- Fléchis, est-ce que tu crois que la révélation que j'avais eue de l'amour m'excitait à renouveler l'expérience ? Et puis à Grenobte….. et pour une

curiosité que j'aurais eue, ça se serait su bien vite, tu penses dans une ville de province, et je risquais de perdre ma situation, ennuyeuse sans doute, mais tranquille tout de même |

. Je serais le premier à être le

FRESSENOY. — Tandis que moi, j'étais l’é-

tranger de passage, discrétion assurée, D possible et pas de risques ! ; JACQUELINE, triste. — Pourquoi es-tu comme ça avec moi tout à coup ? On a toujours tort d’être franche, j'aurais dû rester pour toi

l'inconnue, j'ai perdu mon prestige Tu re si gentil avant. :

- FRESSENOY. — Ce Hoi, à ton tour, a ne comprends pas.

JACQUELINE. — Que si. . notre histoire à nous

deux, pour moi c’est une passion, pour toi c’est une passade. | FRESSENOY. — Elle ne voit rien !

JACQUELINE. — Je vois que tu as eu des mots blessants, que tu n'avais pas ; avant.

FRESSENOY. — Mais oui, avant j avais pour.

toi la galanterie souriante et polie de la semi-

indifférence, tu étais jeune, charmante et tu me plaisais sans plus. : ; JACQUELINE. — Et maintenant ?

FRESSENOY. — C’est beaucoup plus sérieux.

Je suis désagréable, donc jaloux !

JACQUELINE, joyeuse. — Vrai, oh! mon chéri,

tu es jaloux, il n’y a pas de quoi, va...

FRESSENOY. — Jaloux n’est pas le mot, c’est-à-dire que ça m'ennuie de te sentir là-

12 nn :

bas seule, à Grenoble, et moi ici, de penser que

bientôt je vais rentrer à Paris, qu’on se quittera et pour toujours, ça me fait un petit pincement

là, je sens que je suis beaucoup plus attaché

à toi qu'il ne le faudrait et je m’en veux.

JACQUELINE, tendre. — Mon Pépé chéri, ] ’ai déjà un petit coin clans ta vie.

FRESSENOY. — Oui, et il ne faut pas.

JACQUELINE. — Pourquoi ?:.. Ce n'est, pas doux d’être aimé ? faisse-toi faire, je t'aime, tu sais, et c’est mon premier amour, je ie iure. FRESSENOY. — as besoin, je vois, tu es sincère et ta petite histoire de tout à l’heure était vraie, vraie et navrante. Ah ! Jacqueline, ce qui se passe en moi, c'est inoui... C’est si beau cet élan vers moi, Qui ne suis plus jeune. Ab ! l ’ai pas l’âge du monsieur de Grenoble, bien sûr !

JACQUELINE. — Oh ! aucun rapport !

FRESSENOY. — Cet élan d’une gosse de vingt ans | :

JACQUELINE. — Dix-neuf |

FRESSENOY. — De dix- euf... Ch |! peut-on avoir dix-neuf ans. -

JACQUELINE. — Qu'est-ce que tu parles de

l’âge, 11 y a toi, il y à moi, 1l y à nous deux... On s'aime, voilà tout... Et je ne peux pas me sentir là sans avoir envie de me serrer contre toi.

FRESSENOY. — C’est très mauvais ces envies- là, quand on ne les passe pas !

JACQUELINE, se mettant sur les genoux de Fressenoy, la tête contre son épaule. — Ah !

on est bien là, Pépé, mon petit Pépé.

FRESSENOY. — Bien sûr, tu es une enfant qui a besoin d’être calinée.

JACQUELINE. — Mon petit Pépé |

(Solange est entrée sur les dernières répliques, elle contemple le spectacle avec stupeur d’abord, avec colère ensuite, puis son visage s'éclaire.)

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