‹ PépéChapitre 164 sur 167 · ALTER · texte numérisé non relu

ALTER

. pendant que la femme de chambre sort.) Qu’'y a-t-il, voyons?

HaAMoN. — Elisa a fichu le camp.

fait peur. |

Hamon. — Moi, je lui ai fait peur. C’est idiot! Hier soir, je l’ai laissée comme d’habitude, pour qu’elle éteigne les lumières.

Mais au lieu d’aller se coucher, elle a changé de vêtements et elle est partie immédiate-

ment. Ce matin, avant sept heures, elle est venue chercher ses affaires et cette imbé- Ji de Mme Poire les lui a laissé prendre

sans m’en dire un mot. Que faire, sacristi? Mme Hamon. — Mais t’en passer, mon cher, j'en ai peur. Cette jeune fille avait parfaitement le droit de s’en aller, si elle

voulait. :

HAMON, se promenant avec agitation par la chambre. — Mais je ne peux plus rien

trouver de mes affairesl… Je ne sais pue les rendez-vous que j'ai. Je suis.

| (Latour entre. Mme Hamon dépose sa

plume et s'éloigne de sa table-bureuau.)

‘ LATOUR, lui serrant la main. — Bonjour, madame... Henry, vous a-t-il dit ce qui s’est passé. (11 s’assied sur le canapé.)

HAMON. — Qu'est-ce qu U TACORIes get âne

Le salon de Mme Hamon. Cette dernière de à sa be PE None ee La As de chambre entre.

ne Monsieur

nous faire d'autre? aie

Mme HAMoN. — Oui, chéri, DOuiour qi | Dora son impalience et embrasse sa mère

chez vous. ñ

Mme Hamon, avec calme, tout en conti- | nuant à écrire. — Je parierais que tu lui as

Faites éhtrens vite, vi

sus: d'une Dane e pe «

de commissaire . l récompense Peu ne

Tancé la police Le Hi Hamon. — Bien sûr! A police, voyons? D'ailleurs,

ax

coup de difficultés... 1 ni soupçonnait de vouloir faire dinconvenant. DEA LUS Mme HAMON. ee - C'est tot

oies ou un RE jus je encore? Non, vraiment ! 1!

Hamon. — Mais nous voulons Le Larour. — Nous ne pou même pas la laisser partir puis, que faire, madame? this Mme Hamon. — Vous n avez bon sens que deux bébés. Mais.

rompt la LOUER LA FEMME DE Crawens.

voir à toute force. On Va voir personne... Qui este?

LA FEMME DE CHAMBRE. — monsieur. Ho

LA FEMME DE CHAMBRE. us (Elle sort.) ï (ous

HAMoON. — Des parents com nt nous allons savoir AC

ee -UnS de . perents LATOUR. — Son er seu

parlé. | La FEMME DE. Creme,

(Oddmbe entre. Vin est 4 P rberr

PYGMALION 29

lei blanc et d’ur pantalon gris. Une fleur sa boutonnière, un chapeau de soie louissant et des souliers vernis complél'effet. IL est trop préoccupé par l’objet Me sa visite pour remarquer Mme Hamon. s’avance droit vers Hamon et l’accoste

e6 un véhément accent de reproche.) CeLom8Ee, montrant de la main toute sa sonne. — Vous voyez ça, hein? Vous >yez bien ça? Eh bien c’est vous qui avez

— Mais fait quoi, mon bon-

|CoLomee. — Ça, que je vous dis! Regarbz-moil. Regardez ce ehapeaul… Regarnez cette redingote!

n | |LBATOUR. — C’est Elisa qui vous a acheté >s habits?

CeLomBr. — Elisa! Ah non, alors!… Et is, pourquoi qu’elle m’ajèterait des habits?

| Mme Hamon. — Bonjour, monsieur Co- L mbe. Ne voulez-vous pas vous asseoir? (Combe déconcerté, ayant conscience d’avoir wblié son hôtesse.) Pardon, excuse, malame. (!1 s'approche d'elle, lui serre la main elle lui tend.) Merci. (II s’assied sur le anapé, à droite de Latour.) J’ai l’ciboulot plein de ce qui m'est arrivé, que [peux Qlus penser à aut’ chose.

Dour — Et que diable vous est-il donc ivé?

100 — (Ça m’serait égal si Ça m'’é- L t arrivé, tout simplement. Tout peut-y Das arriver et n’y a personne à blâmer que fa Providence comme vous diriez. Mais A'est quéque chose que vous, vous m'avez ait, oui, vous, Henry Hamon.

HAMON. — Auriez-vous retrouvé Elisa?

ro:

el

el

Joïlà la question.

CoLoMBE. — Vous l’avez donc perdue?

HAMON. — Oui.

Æ CoLomsr. — Eh ben, vous en avez de la réine, vous! Non, j'l’ai pas trouvée. Mais le, elle m’trouvera que trop vite après ce se vous m'avez fait.

Mme HAMON. -— Mais enfin, monsieur Col biibe. qu'est-ce que mon fils a bien pu vous ‘aire ?

| Cecomre. — C’qui m’a fait! Y m'a ruiné!

Miétruit mon bonheur! Y m'’a ligotté et livré Brux mains de la moralité bourgeoise.

M Hamon, se levant avec impatience et dorinant Colombe. — Vous divaguezl…. Vous êtes ivre! Vous êtes fou! Je vous ai donné L ae francs et, après cela, j’ai eu deux conrersations avec vous, à 3 francs l’heure. Et c’est tout. Je ne vous ai plus revu depuis.

€oLomse. — Eh ben, répondez-moi un Deuil Avez-vous ou ayez-vous t’y pas écrit à nm vieux ramolli d’Américain qui donnait cent millions pour fonder dans le monde en- Hier des Sociétés de Réforme Morale et qui

(| Ji

| Rx

voulait que vous inventiez pour lui une langue universelle ?

HAMON. — Ah!!! Ezra Wannafelleni… Mais il est mort.

CozoMBE. — Tout just”, il est mort. Fi

moi, j'suis foutu! Eh ben, lui avez-vous t’y ou lui avez-vous t’y pas écrit une lettre jui disant qu’actuellement, le moralisse le plus original à vot’ connaissance, c'était Alfred Colombe, un vulgaire boueux ?

HAMoON. — Oui, en effet, je me rappelle, après votre dernière visite, avoir fait cette plaisanterie idiote.

COLOMBE. — Oh oui, vous pouvez ben appeler ça une plaisanterie idiote. Ça « rabattu su’ moi le couvercle du cercueil, Ah! ça n’a pas raté! Ça lui a fourni juste l’occasion d’montrer qu’les Américains, c’est pas comme nous, pisqu’ils reconnaissent et respectent le mérite dans toutes les classes de la société, si humbles qu’elles soient... Ces mots, y sont dans son testament si chouette par lequel, grâce à votre plaisanterie idiote, Henry Hamon, y me laisse une part de cent mille francs de revenus dans son « Trust du Fromage tout digéré », à condition que j’fasse des conférences pour la Ligue Mondiale Wannafeller de Réforme Sociale, aussi souvent qu’on me l’demandera, jusqu’à us maximum de six par an.

Hamon. — Fichtre! Quel type, nom de Dieu! (ZI retourne s’asseoir.) LATOUR. — Mais c’est une excellente af-

faire pour vous, Colombe... On ne vous demaudera certainement pas deux fois.

CoLomsEe. — Oh! c’est pas les conférences qui m’embêtent! J’leur en ferais des conférences, jusqu’à pus soif. Et j'aurais pas un cheveu de dérangé. Non, non, c’qui m’chiffonne, c’est d’faire de moi un homme comme il faut? Qui qui lui a demandé de faire de moi un homme comme il faut?

J’étais heureux. J'étais libre. J’tapais quasi tout le monde pour avoir d'la galette quand j’en avais besoin, comme j'vous ai tapé vous. Et maintenant me v’là malheureux, attaché bras et jambes, et c’est moi qu’on tape pour avoir d'la bonne galette.

c’est une excellente affaire pour vous, que me dit mon avoué! Ah oui. Ça m’fait ume belle jambe, ça que je dis. Vous voulez dire que c’est une excellente affaire pour veus, que j'dis. Quand j'étais pauv’, j’ai eu une fois un avoué parce qu’on avait trouvé une voiture de gosse dans le tombereau aux ordures dont j'étais chargé. Cet avoué m'a tiré d’affaires et puis y s’est débarrassé d’moi et m’a débarrassé d’lui aussi vite qu’il a pu.

Kif kif avec les médecins. J’suis toujours renvoyé d'hôpital avant que j’puisse me tenir su’ mes jambes, sans avoir ren à payer... Maint’nant, y trouvent que j'suis pas un homme ben pertant et que j’peux pas viv’ à

bourgeoise! Y a un an, j'avais pas un pa- rent au monde, sauf deux ou trois qui vou-

ment l’malheur, madame :

Qui qui l’auraiït, l’courage?… Nous sommes

l’hospice... Intimidé! oui,

mwins qu'y viennent me voir deux fois par jour. Dans la maison, on me laisse pus mett” la main à la pâte : un aut’ doit l’faire pour

moi et m'taper pour ça, turellement.. Maint’aant, j’dois viv’ pour les aut” et pus pour moi-même! Et dire que c’est ça la moralité

aient pus m’parler. Maint’nant, j’en ai cin-

quanie de parents Et dans tout ?’tas, pas un . . qu’ait une semaine de salaire convenab” | voue parlez de perd’ Elisa! Craignez rien!

Fparie qu’ en ce moment, elle est à ma porte, elle qui pourrait viv’ si facilement en ven-

dant des fleurs, si j'étais pas un homme comme y faut! Et dire que le prochain aui m'tapera, ce sera vous, Henri Hamon. Va

falloir que j'apprenne à parler borgeois avec vous, au lieu d’parler le vrai bon fran-

çgais. Le v’là l’moment ousque vous, vous apparaissez su’ la scène! J’parierais qu’c’est pour ça que vous avez fait çal

Mme HaAMon. —- Mais, mon cher monsieur Colombe, vous n'êtes pas obligé d’endurer fout cela, si vraiment vous parlez sérieuse-

ment. Personne ne peut vous forcer à ac-

septer ce legs. Vous pouvez le refuser, n’estse pas, colonel?

LATOUR. — Je le crois.

CoLoMsE, adoucissant son ton par respect

pour le sexe de Mme Hamon. — Oh! c’est facile à dire : refusez-le! Mais le v'là justej'ai pas l’courage,

tous intimidés, oui, tous intimidés, v’là c’que nous sommes... Si j'refuse, qué qui aura pour moi dans la vieillesse : l’hospice, et en-

zore!… Fallait déjà que j'me teins les cheveux pour garder ma place de boueux... Ah!

si j'étais un pauv’ méritant et si j’avais un peu économisé, j’pourrais refuser. Mais

ælorss, à quoi qu'ça m’servirait d’refuser, puisque les pauv’ méritants y connaissent

pas pus l’bonheur que les millionnaires… Y savent pas c’que c’est l’honheur! Mais moi, fsuis un pauv’ pas méritant, et alorss j'ai ren pour me séparer d’l’uniforme de l’hospice que ces sacrées mille balles annuelles qui m’poussent dans la classe bourgeoise...

Pardon, excuse, madame, pour c’te façon de parler, mais vraiment vous-même vous l’em-

poieriez si vous étiez en colère comme je

ais. Elles vous tiennent de tous les côtés que vous vous tournez : y faut choisir entre ie scylla de l’hospice et le calice d’la classe bourgeoise; et j'ai pas l'courage d'aller à v'là c'que jsis.… Dompté : : ajeté... des hommes pus heureux qu’moi videront ma poubelle et m’taperont d'un pourboire, et jl’ai regardrai, impuis-

sant, et j'les envierai... Et dire que v’là c’que vot fils m’a valu! (ZI est vaincu par l’émo-

ion.)

venus.

de la le en plus.

peur de le faire, en partie au Majesti Hô

avons à peine adressé la ee qe n

de l'avant. d'Elisa. To. pourre nont pourvoir à ses besoins.

COLOMBE, awec une résignation lique. — ou madame... Maintenar

HAMON, se 1dbRe «ana — 20a0b su Vous ne pouvez pas ]

ur honnête sonne ou vous êtes naille. din

COLOMBE, avec tolérance) Un u deux, Henry, comme tout le monde. ï Hamon. — Eh bien, vous avez pe

Mme HAMoON. — Tu es ut Henr veux savoir où est Elisa? Eh bien, ici. | js Hamon. — Icil Je vais la cherché se diriger vers la porte.) | Hat Mme HAMon. — Tu vas rester tre et t’asseoir.

HAMON. — Je.

HaAMoN. — Bon! bon! Lou qi se de i mauvaise grâce sur le canapé, en tourna le dos aux autres.) Mais je trouve que t rais bien pu nous dire ces il y a une heure.

promener lois de Dan en Date, à sayer de se jeter dans la Seine et à avo Elle m’a raconté la façon brutale dont l’avez traitée tous les deux.

Hamon, bondissant de. nouveau. — ment?

a raconté des nb No ne pas du tout traitée avec brutalité.

me sont arrivés, ue dans la ñ moment où je suis entré dans la avant que j'aie eu le temps de pre une parole. Et elle a emplors ur absolument épouvantable. 70

Mme HamoN. — Je crois savoi a

de fîlle de son dentes le

re que je l'aurais lancées

on de neacte — Oh!

N Souviens-toi de ta pro- (Elle presse le bouton électri-

té, monsieur Colombe, d’aîler balcon. Je ne voudrais pas

ce Ut u femme de chambre apparaît « en réponse à > à la sonnerie.)

“érébral. Eh bien, il paraît

fles à la tête! ue moi,

voyons! un peu d'égards

la table-bureau.) Voulez-vous façon charmante,

Mme Hamon. — Priez Mlle Colombe de ne L venir. s’il vous plaît. | du La FEMME DE CHAMBRE. — Oui, madame, ds . (Elle sort.) | p Mme Hamox. — Sois sage maintenant, Henry.

HAMoN. — de me conduis tout à fait bien.

LaTouRr. — Il fait ce qu il peut, madame.

(Une pause. Hamon rejette la tête en arrière, étend ses jambes et se met à siffler.)

Mme HAMoN. — Sais-tu, mon chéri, que tu n’as pas du tout Pair gentil dans cette position. |

HAMON, se redressanit. — Mais : maman, je ne cherchais pas à être gentil.

Mme HAMON. — Cela n’a pas d'importance, chéri. Je voulais simplement te faire D

HAMON. — Pourquoi?

Mme HAMON. — Parce que tu ne peux Rés parler et siffler en même temps.

(Hamon grogne. Nouvelle pause très énervante.)

HAMON, se levant brusquement, à bout de patience. — Où diable est cette fille? Estce que nous aïlons l’attendre ftoute Ja journée?

(Elisa entre, riante, tout à 1 fait mutlresse d'elle-même et faisant, avec grande aisance, étalage des manières mondaines les plus à la mode. Elle porte une petite corbeille à ouvrage et semble tout à fait chez elle. La tour est trop ahuri pour se lever.) |

Lisa. — (Comment allez-vous, monsieur Hamon? Tout à fait bien, j’espère?

HAMoN, suffoquant. — Est-ce que. (ne peut en dire plus.) À

Lisa. — Evidemment, vous vous portez | bien, puisque vous n’êtes jamais malade, Je suis très heureuse de vous revoir, colonel.

{Il se lève vivement et ils se serrent la main.) Ii fait tout à fait frais, ce matin, n’est-ce pas? (Elle s’assied à la gauche du colvnel.}

HAMON. — N’essayez pas de ce jeu-là avec

moi, n’est-ce pas? C’est moi qui vous l’ai

appris et ça ne prend pas avec moi. Allons, levez-vous et revenez à la maison. Et ne fat tes pas la folle!

(Elisa tire un ouvrage dé couture de son panier et se met à coudre, sans faire la moindre at'ention à cette sortie.)

Mme HAMon. — Comme c’est dit d’une mon chéril. Aucune femme ne pourrait résister à pareille inv

tation!

HAMoN. — Ne te mêle pas de ça, maman.

Laisse-la parler elle-même. Tu vas voir joliment vite qu’elle n’a pas en tête une seule idée et sur les lèvres un seul mot que je n’y

aie mis moi-même. C’est moi, je vous le dis,

qui ai créé cette chose avec les vieux détri-

16 ments des ne et ii voilà maintenant qu

| vout paraître jouer “ la grande dame avec % Mme HAMON, avec placidité. “O0, chéri. " Mais ne veux-tu pas t’asseoir? (Hamon se

rassied Vair farouche.)

Lisa, à Latour, sans faire en apparence

attention à Hamon, et en continuant à tra-

pailler avec adresse. — J'espère, colonel,

que vous ne cesserez pas complètement de me voir maintenant que l’expérience est terminée… Je vous dois tant et je serais très malheureuse si vous m’oubliiez,

LATOUR. — Vous êtes a A fait aimable, 1h

mademoiselle.

Lisa. — Oh, ce n’est pas parce que vous

payiez mes robes. Je sais que vous avez la mais large avec tout le monde. Mais c’est

parce que c’est vous qui m'avez appris les manières vraiment délicates qui font la vé-

ritable femme comme il faut, n’est-ce pas?

Et c'était bien difficile pour moi, hélas,

avec, toujours devant ies yeux, l’exemple de

M. Hamon. On m'a élevée, voyez-vous, pour être comme lui, incapable de me maîtriser

et employant un langage grossier à la moin-

dre provocation. Et si vous n’aviez pas été

HAMon. — Ma parole! :

LaTour. — Oh, ce sont ses façons à lui...

au fond, ses intentions sont bonnes.

Lisa. — A moi aussi, elles étaient bonnes, mes intentions, quand j'étais marchande de fleurs. C’étaient mes façons à moi... Mais eela ne m ’empêchait pas d’être comme

J'étais... Et après tout, n est-ce pas là qu'est

toute la différence?

LaTour. — Sans doute, sans doute. Mais

enfin, c’est lui qui vous a appris à parler.

Moi, je n’aurais pas pu le faire, vous savez.

Lisa, trivialement. — Bien sûr! c’est son métier.

Hamon. — Sacristi.

Lisa, continüant. — Eu somme, somme quand on apprend la danse à la

“mede. Rien de plus là dedans... Mais savez-

veus ce qui a commencé ma véritable édu-

@ation?

Larour. — Non, quoi?

LysA, s’interrompant un mement de tra wailler. — C’est quand vous m'avez appelée

Mle Colombe le jour où je suis venue pour

c'était

Îà, jamais je n’aurais su que les dames et. les messieurs comme il faut ne se condui- A sent pas ainsi.

là première fois chez M. Hamon. C’est à

partir de ce moment que j'ai commencé à

sa couture.) Et après, il y a eu cent petites Ghoses que vous ne remarquiez pas parce qu’elles vous venaient naturellement, Par ekemple, quand vous vous leviez, que vous tiwiez votre chapeau, que vous ouvriez la perte pour moi. Des choses qui prouvaient que veus sentiez et pensiez à mon égard,

aveir le respect de moi-même... (Reprenant.

ae me traitez et me “traiter

vous le voulez bien. ASS nt

en souvenez, que lorsqu’ un dans un pays étranger, il en :

sienne. Eh bien, je suis

pi la vôtre. La voilà, Ja Riu nl

salle Fi manger aire A du

Larour. — Il ne faut pas faire : at à tout cela. Hamon enlève ses | n Hs où il se otre

femme comme il faut. Fee Nues : Mme HAmoN. — Je t'en prie, 4 grince pas des dents. au

LATOUR, — Vous êtes tout à fait pe M pi

LATOUR. — Avec pas. E entendu. cn

m'appelle mademoleties Ne mie L HAMON. — Satanée bougresse!

Mme HAMON. — Henry, Henry!

LATOUR, riant. — ro al

du bien.

Lisa. — Je ne peux pas. Au l'aurais fait, mais maintenant, je plus. Hier soir, j'ai essayé, tand a rais à l’aventure. Une fille m’a pa voulu reprendre l’ancien ton :

ce fut en vain... Vous m'avez

gue en quelques semaines

dans votre pays à vous; j gue maternelle et je ne peux pl

la complète.

LATOUR, très ee — -oht reviendrez, chez M. Hamon, vous lui pardonnerer, hein?

Hamo nn de très bon. ci

choses que je pourive que je suis assez jolie un épo seur. Je n'ai qu'à

fleuriste. ,

ES

: nt lentement sa fille qui, le dos

c al Oï- -oï-yoïi-yoi-yoi ad { {1 Victoire! Victoire! (1 € faut ui ane en se

a mon ancienne am- .

— Oh, non, non, pas

colonel?

“ue HECCIente. de.

De one — - Ahl..

; ûr papa à tu as tapé ee,

s s abaisser à à à épou- |

vas pa: ne ton be eq pour ve ir ” A

me voir prend’. ma nouvelle route?.…. Oh, crains ren, maint’nant, elle vient pus jamais

“ L aux mots avec personne, la pauv’ femmei

Sa. respéctabilité a eu raison de toute sa ae f,

LIsA. — - Oui, oui, , quand | ce ne serait que Re

pour lui prouver que je n’ai pas. de rancuüne.… Dans un moment je serai de retour.

; (Elle sort.)

CoLoxBeE, s’asseyant à côté de Latour. — OA m’rend tout chose, l’idée de c’te PEL monie!… Je voudrais ben, colonel, que vous v’niez m’aider à la passer. ) ë

LATOUR. — Mais vous y avez déjà passé une fois, quand vous vous êtes marié avec la mère d’Elisa. di, /

COLOMBE. — Oui,

Larour. — Mais personne ne me a sit.

J'avais conclu. naturellement.

COLOMBE. — Non, colonel; co pas Ua

manières naturelles, ça, c’est tout bonne- Le ‘

ment les manières bourgeoises. Mais ma manière à moi a toujours été la manière nom tte. Mais, bouche close à Elisa, ‘s’pas?... Elle sait ren. J'ai toujours eu Ja dé licatesse de pas lui dire.

LATOUR. — Vous avez raison. Mais lais- ni ‘

sons cela, si vous voulez bien,

CoLomBE. — Et vous venez à église, S’pas colonel? Et vous m’aiderez à one per là?

LATOUR. — Avec plaisir... Autant que le.

peut un célibataire. |

Mme Hamon. — Me permettez-vous Fi aller aussi, monsieur Colombe? Je regretterais beaucoup de ne pas assister à votre mariage. |

CoLOMBE. — Vraiment, madame, je grais très honoré d’vot’ conscendance et ma pauv’ bonne femme, donc! Elle prendra ça comme un énorme complément. Ça l’a très abatde, | d’penser aux jours heureux qui sont plus...

Mme Hamon, se levant, — Je vais eom-

mander la voiture et m ’apprêter. (Les hom- os

mes se lèvent, sauf Hamon.) Je ne serai pas plus d’un quart d'heure... (Comme elle se dirige vers la porte, Elisa rentre, son chapeau sur sa tête et en boutonnant ses gants.) Je vais à lé église au mariage de voire pere Elisa. Il vaut mieux que vous veniez dans

le coupé avec moi. Le colonel Latour ira ss

‘avec le fiancé. deu (Mme Hamon sort. Élu: C4 avance jusque

milieu de la chambre, entre la Ienétres du

milieu et le canapé.)

CoLomges. — Le fiancé!… En v’là un Tee |

Gomme y vous fait eomprend’ : sa positions |

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