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II. — Différents modes de semis

Suivant le climat sous lequel est établie la pépinière, b nature des graines, celle du terrain et son exposition, les procédés de semis pourront varier beaucoup dans leur exécution. Dans les terrains plats, on pourra semer, suivant le besoin, sur la terre, sans presque recouvrir les graines, ou de toute autre manière, à volonté. Il n'en sera pas de

môme dans les terres en pente, où, en raison de Tinclinaison, Ton sera presque toujours forcé, à moins de s'assujettir à des soins tout particuliers, de semer, soit en rayons ou rigoles, soit en poquets. Nous aurons donc à étudier trois modes principaux de semis, les semis à plat ^ en rayons et en poquetSy qui pourront, suivant certaines circonstances, être modifiés dans leurs applications. Un mot maintenant sur chacun de ces procédés.

1 . Semis à plat. — Après avoir donné un labour et brisé les mottes avec une fourche ou un trident, on donne un coup de râteau pour enlever les mottes et les pierres, puis on sème les graines à la volée ; on recouvre celles-ci d'un peu de terre très-di visée, puis on étend sur le tout un léger pailhs, et le semis est terminé. C'est là le mode de semis le plus communément pratiqué. La terre peut être modifiée plus ou moins profondément ou même entièrement changée; on peut aussi recouvrir les graines avec de la terre de bruyère ou du terreau, sans que ces détails apportent aucun changement radical dans la manière d'opérer.

Les semis en terrines et en pots sont à peine une modification des précédents, dont ils ne différent que par retendue de terrain, ou parce que, au lieu de semer sur la terre même, en plein sol, on sème dans des vases remplis de terre ordinaire ou de toute autre artificiellement préparée suivant le besoin ; ce moyen n'est mis en usage que quand on ne dispose que d'une petite quantité de graines, ou qu'il s'agit de graines d'une espèce rare ou délicate. Ces pots ou terrines, suivant la nature des graines qu'on y a semées, sont ensuite placés sur une couche faite à l'air hbre ou sous des châssis, ou simplement sous des châssis à froid, ou même en pleine terre, à l'air libre, soit au soleil, soit dans une situation à demi ombragée.

Les semis à plat admettent des modifications très-importantes qui portent principalement sur la couverture à étendre sur les graines. En traitant, plus loin, de l'époque où doivent être faits les semis, et de la profondeur à laquelle les graines doivent être enterrées, nous indiquons un procédé particulier

que nous avons souvent employé, et toujours avec succès^ même pour les semis de graines considérées jusqu'ici comme Irès-difficiles à faire lever, entre autres les graines de Spirées. 2. Semis en rayons ou rigoles. — Après avoir labouré et préparé le terrain comme pour les semis à plat, on trace, à 8, 10, 15 ou 20 centimètres l'un de l'autre, des rayons plus ou moins profonds, suivant la nature des graines qu'on se propose de semer. Cependant cette profondeur ne doit que très-rarement dépasser 4 à 6 centimètres. Cette dernière profondeur n'est même qu'une exception; O'^.OS suffisent presque toujours, à moins qu'il s'agisse de graines volumineuses ou bien de celles qui sont très-longues à lever.

^ o. ar». ^.

GraT. 12. — Houe.

Après y avoir placé les graines, on les recouvre comme il est dit ci-dessus, soit avec la terre du sol, soit avec du terreau, de la terre de bruyère ou tout autre mélange préparé pour cet usage. Ce procédé, très-fréquennnent employé aussi dans les terrains plats, l'est suilout pour les terrains en pente. Dans ces derniers terrains, les rayons ou rigoles doivent être tracés en sens contraire de l'inclinaison.

3. Semis en poquets, potets ou pochets. — Ces procédés ne diffèrent du précédent que parce qu'au lieu de faire des rayons ou rigoles et de semer dans toute leur longueur, on creuse seulement, à l'aide de la serfouette, d'une binette ou d'une houe (grav. 12), des petits trous ou poquets plus ou-

moins espacés, dans lesquels on dépose un ccitain nombre de graines que l'on recouvre ensuite, comme dans l'exemple précédent.Ce mode de semis n'est guère usité dans les terrains plats que pour des graines assez volumineuses et lorsque les plants ne doivent pas être relevés, c'est-à-dire pour que le sol soit suffisamment garni par les semis. On en fait particulièrement usage sur les pentes plus ou moins rapides. Ce mode de semis est, avec le précédent, presque le seul employé dans les terrains inclinés. Il est toujours bon, lorsque les graines sont recouvertes, d'étendre sur le sol un léger paillis.

m. -^ A quelle époque doit- on semer on stratifier les fl^afaies i d'arbres, d'arbrisseaux et d'arbustes, et à quelle profondenr doit-on les enterrer?

L'époque des semis peut varier un peu, suivant la nature des graines, ou plutôt suivant l'époque où a lieu leur matu rite. Quoique beaucoup d'espèces de graines conservées pendant plusieurs années puissent encore germer, le succès des semis est d'autant plus assuré qu'on sème des graines plus fraîchement récoltées. On peut poser, comme règle générale sur cette matière, que les graines de végétaux ligneux devront être semées, autant que possible, peu de temps après qu'on les a récoltées. Un seul motif, à notre avis, peut faire dévier de celte règle : c'est lorsque certaines espèces de graines, plus ou moins sensibles au froid, pourraient entrer en germination avant ou pendant l'hiver, et qu'alors les jeunes embryons ou les jeunes plantules pourraient avoir à souffrir du froid ou de Thuniidité. Si les graines appartiennent à des espèces rares auxquelles le pépiniériste tient beaucoup, il se trouvera bien de les mettre en terre en automne et de les abriter pendant l'hiver. Deux autres raisons doivent encore faire adopter les semis en automne: l'une, qu'à cette époque la chaleur est tempérée, les nuits sont déjà longues, la terre est fraîche, toutes conditions favorables à la germination, tandis qu'au printemps, époque à laquelle se fait la plus grande partie des semis, la terre est souvent

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Irès-sêohc à sa superficie, les Jicîles ou dessèchements rapides causés par les vents secs du nord et de l'est sont souvent très-intenses, toutes conditions désavantaj^euses au succès des semis ; l'autre raison qui milite encore plus fortement en faveur des semis d'automne, c'est que les graines semées à cette époque lèvent beaucoup plus vite et plus sûrement. Nous l'avons dit, et l'on ne peut trop le répéter. La germination est d'autant plus facile que les graines ont été moins longtemps exposées à l'action de l'air. Quant à la profondeur à laquelle les graines doivent être enterrées, on a formulé celle règle générale : Les graines doivent être d'autant plus recouvertes qu'elles sont plus volumineuses. Celte règle est à peu près exacte; elle présente cependant quelques exceptions, déterminées par la nature du terrain, et surtout par le climat sous lequel est placée la pépinière. Sous un climat humide, souvent brumeux, où l'évaporation est moins grande, surtout dans les terres fortes, argileuses, naturellement humides et froides, les graines doivent être placées presque à fleur de terre ; souvent même il convient de ne pas les recouvrir du tout ; tandis que dans les terres calcaires, sèches et légères, ces mêmes graines, toutes circonstances égales d'ailleurs, pourront être plus recouvertes. Mais, toute proportion gardée, il y a toujours avantage à n'enterrer les graines que le moins possible. Voici, du reste, un moyen que nous avons plusieurs fois employé, et qui nous a toujours réussi. Toutes les graines, mais particulièrement celles qui sont très-fines et dont la germination est difficile, celle des Spirées par exemple, se sèment sur le sol même, après qu'il est convenablement préparé et approprié à la nature des semences qu'il doit recevoir. Lorsque le terrain est ainsi préparé, les graines sont répandues à la surface sans être enterrées; on se borne à les appuyer avec une planche ou u i petit rouleau à main ; elles sont ensuite recouvertes d'une petite couche de paille à paillassons ou de toute autre espèce. Celte petite couche de paille, bien suffisante pour garantir les graines contre l'action directe des rayons

solaires, est très-favorable à la germination; elle maintient dans un état convenable d'humidité les semences en train de germer, et, plus tard, elle garantit encore de l'ardeur du soleil le pied des jeunes plants, qui quelquefois pourrait en être endommagé. Le procédé qui vient d'être décrit, tout avantageux qu'il est, présente cependant un inconvénient qui en peut exclure l'emploi dans certaines localités : c'est celui d'offrir une retraite assurée aux insectes, et surtout aux limaces, qui cherclient sous la paille de Tobscurité et de riiumidité, et qui peuvent ainsi dévorer les plantes naissantes avant môme que leur présence ait été seulement remarquée.

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