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Greffe en couronne. — La greffe cn couronne tire son

DE LA MULTIl'MCATION. 85

nom (le la liispoï^ilioii dus lairieanx gi efics (|ui, souvent assez iiombieux, sont disposés v\i l'ornie de cercle on de conromje uulour de rexlréinilé Ijoiniiiée du l^ujet. Après avoir coupé liorizoïitaleinent la partie supérieure du sujit et préparé la ^Tolle, eu évidant seulement le côlé qui doit èlre appliqué sur l'aubier, l'exlréniilé supérieure de celte entaille étant tranchée bien horizontalement, pour qu'elle repose dans toutes ses parties sur la surface coupée du sujet, on soulève récorce de celui-ci pour y insérer le greffon. Le côlé aminci, dont Tentaille doit être assez profonde, doit aussi s'appliquer Je plus exactement possible contre l'aubier du sujet. On pose ainsi trois, quatre, cinq, six greffons, quelquefois plus, si le volume du sujet s*y prête, puis on ligature le tout avec du fil, de la ficelle ou de l'osier, suivant la nature de l'arbre, afin de consolider, de rapprocher et de fixer les parties qui doivent s'unir; les plaies sont ensuite, comme dans la greffe en fente, recouvertes avec de la cire à greffer ou de la terre argileuse délayée en une sorte de bouillie (onguent de Saint- Fiacre).

La greffe en couronne n*est possible qu'au moment où le sujet est assez en sève pour qu'on puisse facilement en soulever 1 écorce ; l'époque favorable pour la pratiquer est donc déterminée par la végétation; elle arrive habituellement, sous le climat de Paris, vers la fin d'avril. On comprend qu'à cette époque les yeux sont en grande partie développés ; il importe, par conséquent, de couper d'avance les rameaux qui doivent servir de greffons et de les placer dans les conditions indiquées plus haut, pour qu'au moment de s'en servir ils ne soient pas dans un état de végétation trop avancé.

4. G cffe en écusson. — Celte greffe est l'application d'un œil d'un arbre ou arbuste, détaché avec l'écorce qui l'entoure, sur un autre arbre ou arbuste appelé, comme pour les greffes précédemment décrites, svjet ou sauvageon. Les principes posés au commencement de ce chapitre, quant à Tanalogie qui doit toujours exister entre la greffe et le sujet,

s'appliquent, bien entendu, complètement à la greffe en écusson.

Cette condition remplie, on pratique sur le sujet, en entamant seulement l'écorce, deux incisions : Tune transversale, l'autre longitudinale et perpendiculaire à la première, de manière à former un T; on soulève ensuite, avec la spatuïe du greffoir, l'écorce de chaque côté de la fente longitudinale, et Ton y insère l'écusson fraîchement détaché de Tespèce à multiplier. L'écusson posé est hgaturé avec de la laine ou bien avec tout autre fil assez élastique pour ne pas endommager l'écorce, généralement très-tendre. Dans quelques endroits, on emploie à cet usage des liens d'ôcorce d'orme, d'osier ou de tilleul; ailleurs, comme à Bordeaux et aux environs, on fait usage du Scirpus triqueter, tandis que, dans d'autres localités, on emploie exclusivement les brins provenant des nattes dans lesquelles diverses marchandises ont été expédiées des colonies en Europe. On peut, suivant les ressources de chaque pays, essayer des Sparganiurrij des Carex, ou de toute autre plante de ces groupes, offrant à la fois assez de souplesse et de ténacité; le Sparganium ramosum surtout présente sous ce rapport d'immenses avantages, et aujourd'hui, dans beaucoup de pépinières marchandes, on n'emploie guère autre chose pour assujettir les écussons.

On voit que, pour greffer en écusson, le greffon et le sujet doivent nécessairement être en sève, afin d'en pouvoir facilement détacher l'écorce : c'est ce qui a lieu à partir de mai ou de juin, aussitôt que les nouveaux bourgeons sont sufBsamment aoûtés pour que l'écorce puisse se séparer du bois, et que les yeux sont bien constitués : on peut dès lors commencer à greffer et continuer jusqu'en septembre et octobre. La greffe en écusson a reçu, suivant les conditions dans lesquelles on l'applique et les différentes destinations qu'on se propose, des dénominations diverses : on la nomme greffe à œil poussant et greffe à œil dormant. La greffe à œil poussant eommence à être praticable en mai et juin^ aussitôt que k

bois des jeunes bourgeons est dans un état convenable. Ello doit son nom à celte circonstance, que les yeux des écussons posés se développent immédiatement chez certaines espèces, les rosiers par exemple. Les sujets ainsi greffés donnent des pousses qui souvent fleurissent la môme année, de sorte qu'ils peuvent ô|re livrés au commerce en automne; et c'est souvent là le but que le pépiniériste s'est proposé d'atteindre. Pour la greffe à œil dormant^ l'opération est exactement la même, et ne diffère de la greffe à œil poussant que par l'époque où elle est pratiquée : au lieu de greffer en mai ert juin, on greffe à la fin de juillet, en août et même en septembre. La limite extrême est déterminée par le manque absolu de sève ; tant que celle-ci est assez abondante pour qu'on puisse soulever Técorce et la séparer de l'aubier, on peut continuer à greffer. La greffe à œil poussant n'est guère employée que pour les rosiers, bien qu'elle puisse être appliquée avec avantage à des espèces d'arbres ou d'arbrisseaux que le pépiniériste aurait intérêt à multiplier rapidement. La greffe à œil dormant est, au contraire, d'un usage Irès-étendu, non seulement pour les rosiers et les arbres fruitiers de toute espèce, mais encore pour beaucoup d'arbres et d'arbustes d'ornement.

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