‹ PépinièresChapitre 7 sur 62 · I. — Conditions d'un bon sol · texte numérisé non relu

I. — Conditions d'un bon sol

Les végétaux hgneux, étant par leur nature destinés à vivre un nombre d'années plus ou moins grand à la même place, demandent, pour y vivre et y grandir, un sol qui puisse fournir tous les éléments nécessaires à leur accroissement. Les principales conditions d'un bon sol pour une pépinière doivent être soigneusement déterminées. Il faut d'abord qu'il ait assez de profondeur, afin que les racines de certaines espèces qui aiment à s'enfonc>er verticalement ne trouvent pas d'obstacles; car, si certains arbrisseaux ou arbustes n'ont besoin pour se développer que d'un terrain peu profond ou d'une faible épaisseur dans la couche végétale superficielle, il n'en est pas de même de beaucoup d'autres végétaux. La plupart des arbres réclament, au contraire, un terrain pro-

/ l'exposition la plus convenable pour une pépinière

* de vue de Texposilian seulement, et sans avoir

: lure du terrain, non plus qu'à son emplacement,

.l'iitions premières, c'est que la position soit dé-

i aérée, condition que, du reste, l'on rencontre

..ilcmont; car, la création d'une pépinière ne pou-

1 1- ilisée que sur un terrain assez vaste, on y trouve

Mj'nt presque toutes les expositions. Les parties les

:.i-;ées, ou placées le plus au nord, seront utili-

\r<^ plantes de terre de bruyère : Aialea^ Hlwdo-

X'ihnia.

..•■<, si nécessaires au bouturage, et sons lesquelles

:ltiplier à froid et sans aucun frais la plupart des

. MU'tout ceux à feuilles persistantes, seront égale-

«''■s à une exposition septentrionale.

1 s parties tout à fait découvertes et exposées au il, plus chaudes et plus sèches par conséquiMit que * du terrain, on cultivera particnlièrtMueiit les arl)res, .IX et arbustes appartenant à la famille des légumi- . Cijîisus, Ononis^ Cenista, Amurpha^ Caraijana^ qui l'in.-pèrer dans ces conditions, ^r.uids arbres destinés à former dos futaies ou à être t*n lignes devront, ainsi que tons h's arbres fiuilicrs, • r, autant que possible, uii enqjlaceinent découvert et .•-•ré.

Choix d'un terrain quant à sa conG^uration. Terrain

plat. — Terrain en pente.

pii'l est préférable, d'un terrain plat ou d'un terrain en

-, pdur créer une pépinière?

.lî.'b les fois que le pépiniériste pourra choisir son ter-

. il devra préférer à tout autre un terrain pailaitenient

. . Cst-â-dire à peu prés de nivc.m, (|nan(l même le sol

,.l .le qualité un peu inférieure; cai-, si tous les terrains

iO PÉPINIÈRES.

peuvent, à la rigueur, être cultivés quelle que soit leur configuration, il est évident que leur culture peut être j)lus ou moins difficile, et par conséquent aussi plus ou moins avantageuse. Sur un terrain plat ou à peu près horizontal, tous les travaux sont beaucoup plus faciles à exécuter ; il en est de même du transport des produits et des engrais. Un terrain en pente, au contraire, rend tous les travaux plus difficiles; raccès en est souvent très-pénible pour les voitures, le transport des produits et des engrais ne peut souvent se faire qu'à bras, ce qui grossit sensiblement les frais de main-d'œuvre. Indépendamment de tous ces inconvénients, les terrains en pente en ont encore plusieurs autres, dont le plus grave est de ne pouvoir être arrosés qu'avec les plus grandes difficultés, ou même de ne pouvoir pas l'être du tout, à moins qu'il n'existe dans la partie la plus élevée une source ou un cours d'eau sur lequel on aurait droit de prise. Lors des pluies violentes. Veau peut entraîner les terres, surtout si elles sont meubles, et mettre par conséquent à nu les racines des jeunes plants, ou entraîner avec elle une grande partie des engrais, ou même des graines confiées au sol. Ceci, bien entendu, ne doit s'entendre que des pentes rapides; une faible pente, toujours favorable à certaines espèces de végétaux, est à peine nuisible sous d'autres rapports. Il y aurait donc exagération à croire qu'un terrain en pente ne peut être bon à rien pour une pépinière ; chaque chose a ses avantages ; rien de ce qu'a fait le Créateur n'en est absolument dépourvu, et il n'est aucun terrain, quelle que soit sa configuration, qui ne présente quelques ressources pour l'homme. Par exemple, un terrain incliné et à la fois de bonne nature, et un peu frais, peut être avantageux, si ce n'est au point de vue de la facihté des travaux, du moins à celui de la culture des végétaux ligneux Presque tous, ou du moins une grande partie d'entre eux, viendront bien dans ces conditions, qui sont en effet les meilleures; car leurs racines seront constamment en contact avec une humidité suffisante, tandis que, par suite de rinclinaison, cette humidité ne sera jamais nuisible,

récoulement de Feau superflue étant toujours assuré. Si la pente est inclinée au midi, la plupart des végétaux pourront y être cultivés, excepté ceux qui redoutent le grand soleil; si elle est, au contraire, tournée vers le nord, elle conviendra à certaines essences forestières et d'ornement, et en particulier, panni ces dernières, aux plantes dites de terre de bruyère, ou bien encore à celles qui pourraient souffrir des fortes gelées. Le tort fait aux plantes par la rigueur du froid, toutes circonstances égales d'ailleurs, ost généralement moins grave quand le soleil ne vient pas subitement les frapper alors qu'elles sont encore sous l'influence de la gelée. Ce sont, en effet, ces deux actions si contraires qui, en se succédant brusquement, causent le plus souvent la mort des végétaux.

Nous devons encore faire observer que, dans les terrains inclinés, les travaux de plantation ou de semis devront toujours être faits en sens contraire de celui de la pente, c'est-à-dire que les planches ou les rangées devront former un angle droit avec celte dernière ; les semis et les repiquages en poquets et en rigoles seront faits dans le même sens, pour que la terre ne se trouve pas entraînée par les eaux résultant des pluies torrentielles.

m. — Nécessité d'un sous-sol peméable.

Les divers avantages des meilleures terres pour la culture en pépinière des plantes ligneuses sont annulés lorsque ces terres reposent sur un sous-sol imperméable, qui s'oppose à l'écoulement par infiltration de l'eau surabondante. Dans ce cas, l'eau souterraine forme une espèce de nappe dans laquelle les racines des jeunes plantes sont constamment plongées; cela suffit pour arrêter leur développement et amener rapidement leur pourriture totale ou partielle. Dans ces conditions désavantageuses, il n'y a guère, parmi les espèces forestières, que les Alnus (Aulnes), Populus (Peupliers), Salix (Saules), qui puissent vivre ; la plupart des autres espèces, si

elles ne meurent pas, ne peuvent qu y languir; aucune espèce d'arbre fruitier n'y saurait prospérer. Lorsque de tels terrains sont destinés à la culture des plantes litTbacées, tant pour la grande culture que pour la culture maraîchère, ils pL-uwnt elle a-sainis, soit pai' le drainai^e, soit partout autre moyen; mais, pour les vé^^étaux ligneux, cela est à peu près impossibhî, leurs racines devant pénétrer beaucoup plus prolondénitnt clans le sol. On ne peut dans ce cas, pour en tirer paili, que pratiiiuer des fossés plus ou moins rapprochés les uns de.s autres. Grâce à ces fossés, l'eau du sous-sol pourra s'ecoulr, (;l la terre, lejetée sur les bords, en exhaussant le sol, éloi;:nera de l'eau la >uperli('ie, qui avant l'opération s'en trouvait bt-aucoup pkib rai)prnchée. Après l'achèvement de ces travaux, et quoique dans des conditions désavantageuses, ces terrains pourront être très-ulilement employés pour la pépiniéie, si le sol en est siliceux et tourbeux, comme cela sii rencontre assez rré(juenunent. On peut y cultiver alors, et souvent ave(^ beaucoup de succès, la plupart dtîs plantes de terre de bruyère, et une foule d'autres espèces d'arbrisseaux et d'arbustes, mais les grands arbres dont les racnies s'enloncent profuntlémentne pourront jamais y éti'e éle\és, sauf les (juebjues espèces mentionnées plus haut; tontes les autres peuvent seulement y être amenées à l'état de |)lants, et y passer quelques années en pépinière avant d'être plantées à demeure.

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