‹ Percement de l'isthme de SuezChapitre 18 sur 31 · OPINION DE M. ANDERSON · texte numérisé non relu

OPINION DE M. ANDERSON

chir le détroit de Bab-el-Mandeb^ soit qu il parte du point indiqué au sud de Ceylan, soit qu'il s'y rende,

durant toute la saison de la iiiouss ondu sud-ouest.

Comme la mousson du nord-est sou£Ûe dans une direction exactement opposée à la mousson du sudouest et est beaucoup plus modérée , un vaisseau à voiles peut marcher facilement entre la mer Rouge et le même point sud de Cey lan aussi bien que par la mousson du sud-ouest , ainsi il peut effectuer pendant toute l'année cette pai'tie de son voyage avec une sufiisante certitude.

Les navires allant à Bombay ou en revenant auront à régler leur passage suivant Vordre des moussons. Ils feront voile, de l'AnfjleleiTe ou des autres places de r£urope, de façon à rencontrer la mousson du sud-ouest; ils feront voile, de Bombay pour l'Europe, de façon à profiter de la mousson nord-est.

Il ressort de là que les moussons ne présentent pas à la navigadon entre l'Inde, etc., et l'entrée de la mer Rouge, des difficultés particulières plus grand< s que celles de la route ordinaire par le cap de Bonne-Espérance^ mais qu'au contraire pour les navires trafiquant avec l'est et les plus importantes pardes de l'Hindoustan , ainsi qu'avec Ceylan, Malacca, Singapour, Java, la Chine, etc., cette portion du voyage se fera avec plus de certitude que sur une égale distance de l'océan Indien en passant par le cap de Bonne-Espérance.

Observation» générales sur les bénéfices politiques, commerciaux et moraux ç|ui doivent résulter de la réalbatiofi de Teatreprise,

Au poioi i|ç vue politique , les facilités que le paiBage dii canal, oombîiié ayec k navigation à vapenr, produira pour la Guindé-Bretagne en ce qui

concerne le gouvernement de son empire de l lnde et de ses dépendances , sont presque incalculables.

De ISilalte^.nos troupes peuvent être portées à Bombay en trcis gémames;- à Ceylan et' à Madras en quatre, et à Calcutta en cinq; et au iiioycii des fréquentes et nombreuses communications entre les divers points des côtes de Tlnde, que favorisera inCEilUiblenient l'ouverture du canal , par le développenu'iu de la navigation à vapeur, les, troupes et leurs approvisionnements pouiTaientéti'e transportés d un point à Tautre avec la plus grande rapidité.

Que tout militaire compare ces moyens avec le présent mode del^ectucr des opérations de cette nature ; le long voyage de mer par le cap de Bonne-Espérance se prolong^eant quatre ou cinq mois sur un vaisseau à voiles ; les soldats fati[;ués demandant presque un temps égal, après leur débarquement « pour refaire leur santé et leurs forgea et être propres h entrer en campagne; la longueur du temps et la f^rande difficulté à faire moin oir des corps de troupes entre dç semblables distances! l^t

OPINION DE M. ÂNDBRSON. ti7 tout militaire admettra, je pense, que rinde pourra^ dans le cas de Ismélioration propoaéep étftt effionoo^ ment {gouvernée avec la moitié des contingents eu» ropéeus qii elle exige maintenant. On aperçoit am$\ du premier coup (VœW , et sans avoir besoin qii elle soit indiquée ^ia faellité que cela donnera pour

expédier sur Tlnde ou en faire venir des vaisseaux de guerre et des provisions de toute espèce. La stabilité de la puistance britannique dans ces coon tréfls serait ainsi accme, et tçs dépenses, de Tocoiipa* tion seraient considérablcmcni tliminnécs, • Au point de vue commercial , pour évaluer Vïm'^ portano) de la commnnif»tion projetée» il est nécessaire de considérer Tétendue du cbamp d'opérations que présentent au coîumcrCiB le$ vastçs et populeuses régions de l'Orient.

I^'lnde contient lOOyÛOOyOÛO de sujets de la poii« ronne britannique, et de plus 50,000,000 de tri»

butaîres voisins et d alliés, en tout 150,000,000 d'individus dans la péninsule de TiJindoustan » sans compter Tlle de Ceyian. On a peu fait jusquic} pour stimuler ces peuples à perfectionner leurs ressources et améliorer leur eondiliou (ît leurs babitudes. Toutefois dans cçs dernières années oi) a porté plus d'attention sur ce sujet, et le commerce

avec 1 Jiiiie hritannique s'en esl rniiidt'nit nt accru, ilîuivaut les appréciations rcçucii, la (>hine ne i^OP*

tient pas moins 4e 3§OtOOO,OÛO d'habi^^ints qu'on

, ils DOCUMENTS.

dit adonnés à Tindustrie et «tirtout iormés au commerce. Un système de gouvernement timide et jaloux avait, pendant des siècles, fermé hermétiquement cette vaste contrée aux relalioiib tlu teste du monde. lia vaillance anglaise a maintenant écarté cette barrière et ouvert au commerce européen ce domaine tout nouveau.

Supposons que les peuples de 1 Inde et de la Chine puissent, par le progrès de ces rapports, consommer jusqu'à un schelling de plus par an pour chaque individu en objets maimlac turcs ou en produits britanniques, cette somme, en apparence insignifiante, produirait dans nos exportations un ae« croissement de 25,000,000 livres sterling. L*ou* verture du canal 'tendrait inaïKÎc ment à faciliter nos relations avec les 500,000,000 d'âmes qui iiahitent Tlnde et la Chine, et dès lors son importance est sufrjhaminciit <^léniontréc.

L'application de la vapeur à la navigation est sans doute une de ces découvertes mécaniques destinées à effectuer une faraude révolution morale dans Tes* prit humain sur la s m face du monde. La presse a contribue dans un immense degré aux progrès de la civilisation en fournissant des moyens de dif» fusion à la pensée; mais il semble hors de question que la puissance de la vapeur appliquée à la navigation exercera pour accélérer la civilisation du monde une influence plus étendue, plus rapide

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et plus efficace que celle de la presse elle-mêine. 500 millions d'êtres humains habitant THin-

doustan et la Chine soiu en ce moment esclaves de superstitions dégradantes et restent plongés dans toutes les erreurs et les ténèbres de l'esprit. Quel champ s ouvre Ici à la phîlaiithropie chrétienne! Contribuer à éloig^ner l'ij^norance et la superstition par la vulg[ansation des connaissances utiles et d*une religion éclairée; introduire Tindustrie et les arts dans des pays où jusqu'ici ont prévalu Vindolence et la barbarie : ce sont là de nobles eilorts également propres à élever ceux qui s'y dévouent et ceux qui en sont l'objet. L'ouverture de la communication projetée serait un des plus puissants éléments de 1 accomplissement de ces grands objets^ et par conséquent elle ne peut manquer d exciter un vif intérêt dans Tesprit de tout homme sincèrement ami de ses semblables.

Ces renseignements et ces observations seront suffisants, j'en ai la confiance, pour montrer que le sujet auquel ils se rapportent mérite au moins de provoquer un eifort tendant à s'assiurer s'il est ou non réalisable 9 et^ dans le cas de sa praticabilité, de voir s'il conviendrait , et par quel moyen , d'engager le pacha d'I^^j^'pte à y coopérer. Cette publication aura atteint son but si les explications qu elle donne et les moyens qu'elle suggère peuvent amener ce résultat.

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