‹ Percement de l'isthme de SuezChapitre 25 sur 31 · EXTRAIT DU MONITEUR · texte numérisé non relu

EXTRAIT DU MONITEUR

Déjà il a fallu rehausser à pluaieill^ reprises la le^ vée du chemîti de fer qui disparaissait daos le lac ,

et depuis trois ans on ne cesse de travailler à ses réparations, dont le besoin se renouvelle sans cesse; que sera-ce quand il faudra construire une digue de 6,000 mètres de lon{{Ueur au moins, avec des hauteurs de 7 à 8 mètres, sans qu'on sache ou se procurer les terres indispensables à lendif^uementî^ 3" Le canal indirect ne peut aboutir dans le port d'ikiëxandrie sans y causer des bouleversements plus grands encore que ceux qu'il cause à la canalisation. D'abord 9 le port d'Alexandrie nest pas immmhie ^ comme on le prétend. Il n'a point échappé à l'action tles lames de fond qui l'ont ensablé sur lui bon liers de son étendue. La partie du port que l'on a choisie est fréquemment agitée par les vents du nord-ouest $ et le ressac y est alors si violent dans les f^ros temps, que des barques mêmes n'osent s'en approcher. La roche y eiûste à une petite ptoibndeur sous la merj et comme il faudrait avancer les digues dtl canal de 250 mètres dans le port pour avoir un tirant deau de 7", 50 à 8 mètres, c'est dans le roc qu'on aurait à creuser sous l'eau. Ajoutez qu'on rencontre dans cette direction tous les [{[rands magasins et toutes les usines du gouvernement; il n'y a pas le moindre espace libre entre le chemin de fer et le Mahmoudiéb. Mais admettons que toutes ces difficultés soient vain-

m DOCUMENTS.

eues y en voici d'autres que provoque le canal , et qu il multiplie à mesure même qu il est plus employé. Le port (rAlcxancIric. le seul port militaire de rKgyptCy est aioi*s cuvahi par de:» ceulaines de navires de commerce et par les marins de toute FEurope. Pour peu qu il y ait ou \m vent contraire on (juelque réparation à faire aux écluses, et que le mouvement s'arrête , se iigure-t-ou Fencombrement» sans comptei* les dangers politiques d'une telle accumulation? Ce nW pas d'ailleurs seulement à Alexandrie (|ue se produirait cet intoléraLle inconvénient; il pourrait arriver, par suite d acddenis faciles à prévoir et impossibles à prévenir, que tout à coup l'Iifi^ypte vît 8 on 10,000 matelots étrangers stationner sur un point de son territoire , parce que les quarante navires au moins qui la traverseront cbaque jour auront été retenus foreeiucnt à quelque sas pendant vingt ou vingtcinq jours consécutifs.

A ces raisons péremptoires il ne serait pas diffî* cile d'en ajouter d autres; mais elles doivent suffire pour prémunir les esprits justes contre ce trajet indirect.

Ces inconvénients, ou pour mieux dire ces impossibilités du tracé indirect, deviennent encore plus frappants en présence des conditions du tracé direct et de ses avantages incontestables.

l*D*abord, le tracé direct est d'un tiers plus

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court que l'autre. Celui-ci aurait 400 kilomètres de longueur, et le tracé direct seulement 155, qui se réduiraient à 120) comme on va le voir. A peu près vers le milieu de Visthme on rencontre les lacs Amers, qui offrent 18 kilomètres de navigation tout faits y qui n'exigent pas un seul coup de pioche, comme le disent les ingénieurs du vice-roi, et 18 autres kilomètres sont aux trois quarts creusés par la nature même. Restent donc 120 kilomètres, c est-à-dire trente lieues tout au plus.

2* Le tracé direct est le plus facile. Il n*y a dans l'isthme entier que deux points saillants qu'il faudrait traverser en les contournant en partie ; i un, le Sérapéum, qui, d après les repères de nivellement cmitrôlés en 1853, a 16''^5950 de bauteur; et lautre, El-Guisr, qui a 11"", 6300. Ce serait, avec la profondeur du canal, une coupure de 20 mètres ou au plus 24 mètres sur quelques points. Certes, il n'y a rien dans ce travail qui puisse effrayer l'art de nos ingénieurs.

3*^ Le tracé direct est le plus naturel. L'isthme est traversé par une dépression longitudinale, résultat de l'intersection des deux plaines descendant par une pente insensible, l une de l'Egypte, lautre des premières collines de l'Asie. Les lacs Amers, remplis des eaux du golfe Arabique par l'effet seul des marées, peuvent aisément former un rést rvoii-

qui , avec 280 millions de mètres carrés de suriace

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m DOCDNEMTS.

sur 2 mètres de vive eau , ne recemit pat moins de 560 millions de mètres cubes pour le service du canal an-dessoua de k ligne d*eau da niveau des deux mers. Le lac Timsah , placé à égale di*» tance à peu près de Suez et de Péluse, est comme un port intérieur où Ton pourra ravitailler et i*éparer les navires. De plus, par un autre bieniait de la nature 9 vers le lac Timsah vient aboutir, perpen» diculaircmenta la dépression longitudinale, un autre sillon non moins remarquable , celui de rOuadé^ Tomilat (la fertile terre de Gcssen de la Bible), Ce sillon reeott encore aujourd'hui sur une grande partie de sa longueur les débordements du Nil , et forme le tracé naturel d*une communication partant du fleuve et allant se rattacher, dans la partie centrale de l'isllime, à la li(jne de navif^ation maritime qu on établirait entre le golfe Ai'abique et la Méditerranée.

4* Le tracé direct est le plus utile. 0 sert à la fois

1rs intérêts du commerce universel et les intérêts politiques de i'liigypte et de l'empire ottoman. 11 n'exigera que très-peu d'entretien; et comipe it aura fort peu de travaux dW, la navigation n y seia point exposée à ces interruptions qu elle aurait ù craindre dans le tracé indirect.

A ces avantages évidents du tracé direct , à c» facilités relatives qui avaient frappe 1 attention des dominuteurs de TÉgypte, par exemple d'Amrou et

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