‹ Père et fils, comédie en 1 acte, mêlée de coupletsChapitre 11 sur 26 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

Les Mêmes, UN VALET D’AUBERGE.

MATHIAS PÈRE , le Voyant pris de lui.

Qu’est-ce que tu veux , toi ? ce n’est pat honnête d’écouter.

LE VALET. Je ne vous écoute pas, monsieur... je voudrais seulement savoir quel est de TOUS deux le jeune homme i qui j’ai affaire...

MATHIAS PÈRE. Un jeune homme ?

Imbécile! jenecroispasque ce soit moi !..

{Il lui prend la lettre qu’il a à sa main.) m. Monsieur Léopold!.. »{ La passant à Léopold.) Voilà ! il n’y a pas de réponse?

LE VALET. Non, monsieur... c’est venu par le messager... {A part.) C’est bien ce qu’il m’a dit !

( n dctMrt U Uble et tort.)

LSOPOLD, qui a ouvert la lettre» AH!....

c’est singulier !..

MATHIAS PÈRE. Quoi donC ?

LÉOPOLD. Une invitation de votre fils...

que je ne connais pas.

MATHIAS PÈRE. De mon fib?..

LÉOPOLD. Voyez plutût !

MATHIAS PÈRE, lisant. ■ M. Mathias » fils prie M. Léopold de lui faire l’hon-

neur d’assister à son mariage. »{A luimime.) C’est bien cela ! {Lisant.) « Et à la ■ bénédiction nuptiale qui aura lieu i » Fresbourg,daDsréglise Saint-André...* {S’interrompant.) Comment !.. moi qui allais courir à Vienne ! et c’est à Preabourg !

LÉOPOLD. A vingt lieues d’ici!..

MATHIAS PÈRE. Je n’arriverai jamab à temps!.. Qui diable a fait changer?.. La future, sans doute, qui a des parens de ces côtés-là...

LÉOPOLD. Mais moi qui ne l’ai jamab vu. . . comment m’adresse-t-il ?. .

MATHIAS PÈRE, gatment. Il invite peutêtre tous les étudiaiu d’Allemag^ !.. me

Digiii.îLL::

PERK ET FILS. J 9

petite réunion d’amis!.. U faut v aller, morbleu!..

LÉOPOLD. Et cette pauvre Clémentine?..

MATHIAS pèhe. Attends!., mon vieux Grippinaon va aller à Vienne , dans ma carriole, porter des marchandise que je comptais livrer en passant!., c’est un homme sûr... nous lui confieronscette jeune fille... qu'il eonduira à petites journées jusqu'i Nuremberg... nous autres, nous

prenons la chaise du maître de poste

trois chevaux, six chevaux, dix Revaux, s'il le faut... ventre à terre jusqu’à Prea- Dourg, et nous arrivons juste pour ouvrir le bal, et embrasser la mariée.

LÉOPOLD. Pourtant...

MATHIAS PÈRE. Je colua donner mes or»

dres, et je reviens te chercher.

LÉOPOLD. Mais...

MATHIAS PÈRE. Mais... ça sera comme ça. . . parce qu'il n'y a pas d'autre moyen... que ça m'ennuie de voyager seul... que je suis vieux... et que je SUIS têtu comme un mulet.

ENSEMBLE

Alt : Désormais plus d*abstncts. (Mari cbarmant.)

Sans retard, parte ot vita Car (““"IcoBor

\ SOQ )

Court la noste et palpita De bonoear.

■atKua aèai.

Pour moi| quelle irrette!.,

Koibrafcfter mon cher eniaot !

Amour et richewe J’ leur donn* tout en ce moment !

Dcj& tar mon ame De plaifir je n' me lana plna...

Voir danær ta femme Et voir danser mes cens.

TOCS Diex.

Sans retard, parlons vile !

{Mathiasi, pèro sort tn eourant.)

LÉOPOLD, puis CLEMENTINE.

LÉOPOLD. Ab ! quel brare homme !.. et que je tuia heureux d'avoir trouvé pour Clémentine un pareil protecteur !.. elle va être d'une joie !.. ( U l'aperfuU.) C’eat elle !.. Eb ! bon Dieu... qu'avez-vous?..

CLÉMBNTINB. Ah ! monsieur Léopold...

i’avais bien raison de m’alarmer du silence de ma pauvre nourrice...

LÉOPOLD. Comment?

CLÉMENTINE, essuyant une larme. Elle n’esc plus...

LÉOPOLD. O ciel !

CLÉNENTINE. J’eu reçois la nouvelle à l'instant I. . je n'ai plus d'espoir, plus d’appui ! . . maintenant il faut bien me résiguer, tt rester près de la comtesse. ..

UKOPOU>> Y pensex-Tous?

CLÉllENTlNB. Dans ma position... cet asile est encore le seul convenable !

LÉOPOLD. Pour subir de nouvelles humiliations... pour être malheureuse...

CLÉMENTINE , soupirant. C'est mon sort désormais !

LÉOPOLD, aoec fru. Et voilà ce qui m’indigne, ce qui me révolte!., quand j’espérais... quand je venais de trouver pour vous un bon et digne hoimne qui sc eliar-

geait... Ah !.. je ne le soulTrirai pas

d’abord, je ne pars plus... je reste .Missi pour veiller sur vous... vous défendre...

ou plutAt, si j'osais... {Aoec abandon.) Tenez, mademoiselle Clémentine... vous devez m’avoir deviné... car je ne sais pas cacher ee que j’éprouve... je n'ai que mon nom à TOUS offrir, mais c’est celui d'un honnête homme, qui donnerait sa vie pour votre bonheur !

CLÉMENTINE. Quc dites-vous?

LÉOPOLD. Orphelins tous deux... nous n’avons à demander le consentement de personne... Je travaillerai... oh! je travaillerai avec tant d'ardeur... pour vous assurer une existence douce et tranquille...

dites un mot... un seul!..

CLÉMENTINE. Moi, monsieur Léopold, vous charger de ma mauvaise fortune!., ah ! jamais !..

ENSEMBLE

Aia : Couronne la tendresse. (La fiole.] clîmiktini.

Cette oITrense gvncreuse Ne uturaitm’ëblouir.e. ^

Je ne puis ^tre hearente,

Mon ftort cft de «oulTrir l.a Oui, je le sens, ma Tie SVteindra loin de rons..a Hais le nom d'une amie Est le seul nom bien dons Que je tiendrai de vous.

11 sera ma riclietse...

Qu'il me donne sans cesse ^tivcnir(àii) de tendresse...

Et coorage et secours...

Enfin le droit de vous aimer toujoais I Toqjoacs !

LBurOLn.

D'ooe contrainte afiVeiuc Je dois vous aflTiancliir !..

~Vous savoir libre, heureuse VoiU mon seul <U'sir !

Mon avenir, ma vie,

Tool nVit-il pas h vous?

Ce litre que j’envie, t

Ce nom üc votre epoux, ^

Est pour moi le plus doux !

Qu'importe la richesse,

Puisque j'aurai sans cesse Pour trésor {bis) ma tendresse,

Pour soutien nos amours...

Et l'heorcux droit de vous aimer toujours I Toujours !

(// lui baist la mairte)

MAGASIN TnÉATRAL

sckjnl; XIII.

Iæs MtHKs, AIATHIAS FILS, arrivant

par la gauche, et restant au jonri.

MATHIAS FILS, à part. J'ai tant fait que inon cheval a pris le mors aux dents!., et j’accours prés de la petite.... (Il raperçnit.) Ail ! ah ! est-ce que j’arriverais trop tard î

CLÊHESTISE, doucement à Léopold qui lui

a parlé bas. Non vous dis-je!., ce que

vous me demandez est impossible!..

MATHIAS FILS, à part. Qu’est-ce qu’il lui demande donc?..

LÉOPOLD, vivement. Parce que vous n’avez pour moi que de riiidifférence, de l’aversiou peut-être...

CLÉMENTI.NE, se rapprochant de lui. De 1 aversion, moi ? Pouvez- vous le penser !

MATHIAS FILS, à part, llum !.. cctte farouche vertu lui parle de bien près !..

LEOPOLD, vivement. Alors pourquoi refuser d’exaucer mes vœux?

CLÉMENTINE. Parce que cela n’est pas raisonnable !

MATHIAS FILS, à part. Elle parle raison !

elle va faire quelque sottise.

LÉOPOLD. Eh bien ! si cet ami que je viens de retrouver... ce brave Iiomme, ce vieillard qui m’a offert si génereusemént son appui, vous prouve que vous n’avez pas d’autre parti à prendre...

CLÉMENTINE, souriant. Ah’, dam, alors...

LÉOPOLD. Alors, nous partons tous deux... aujourd’hui... A l’instant même...

MATHIAS FILS, à part. Diable!., un enlèvement!..

CLÉMENTINE. Mais... écoutez...

LÉOPOLD, lui laisant la main à plusieurs reprises. Non, non... je n’écoute rien... je vous l’amène sur-lé-champ , et dès qu’il saura qu’il y va de mon bonheur... adieu, adieu, chère Qéineutiue! je reviens dans la minute !

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