‹ Père et fils, comédie en 1 acte, mêlée de coupletsChapitre 9 sur 26 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

CLÉMEN'nNE.puiV LÉOPOLD.

CLÉMENTINB , seule. Encore une illusion de perdue!... moi., qui croyais retrouver dans ce nom de Muhldorf un appui naturel... LSau/uPonf.) Il n’est que trop vrai, je n’ai plus d’amis!...

LÉOPOLD , çui est entré et a entendu les derniers mots. Et moi , mademoiselle Clémentine, vous m’oubliez déjà !

CLÉMENTINE, se reMunanC. Ah! pardon, monsieur Létmld.

LÉOPOLD. J’ai guetté leur départ pour vous rendre compte de votre commission., j’ai passé à la poste; mais il n’y avait rien pour vous.

CLÉMENTINE, Rien!

LÉOPOLD. Cela vous afflige?., c’est donc bien important?

CLÉMENTINE. Pourquoi vous le cacherais-je, à vous, monsieur Léopold, le seul ici qui, sans méconnaître, m’ayez témoigné amitié !... intérêt!... Cette lettre que : j’attends de Nuremberg est de la bonne I femme qui a ^ris soin de mon enfance, et

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qui, à la mort de mon père, m’avait placée auprès de la comtease ; elle prévoyait que je n’y serais pas trcs-'heureuse... et m'ayait fait promettre de lui écrire dès que je voudrais retourner auprès d’elle... je lui ai écrit!...

LÉOPOLD. Pour quitter la comtesse!.,..

Ah ! je me doutais bien , sans chercher à connaître le sccrèt de vos malheurs, que cette condition...

CLÉMENTINE, avec douceur. Je n’en rougis pas! je m’y serais résignée pour n’ètre à charge à personne ! quoique ce titre pompeux de demoiselle de compagnie ne cache qu’un esclavage bien dur... et qui m’a fait regretter souvent le sort d’une servante.

LÉOPOLD. O ciel!...

CLiassTiss.

Al» : du Matelot. (M“* Dnchambge.)

Pans ton orpieil. la comtesse me pare De licaux habits, de dentelles, de néon ;

Mais d'amitic son cœur toajoora avare,

Mc les a fait bien miycr par mes plenrs !

Pc ma nonrice, afteetneuse et bonne,

La pauTTcf é m’est chère et me convient.

Ici mon luxe, bèbu 1 n'est qn'nne anmAne.

J'aurais U-bas nu coîur qni m'appartient!

Et puis ce monde que la comtesse reçoit. . .

LÉOPOLD. Vous avei raison... Toujours des jeunes gens... de jeunes fats... elles jeunes gens, voyei-vous, il faut s’en déBer.

CLÉMENTINE, souriant. Vous croyei ?...

LÉOPOLD , se reprenant. C’est-à-dire

c’est selon, il y en a d’estimables, bien peu, mais il y en a!... et quand compteivous partir?

CLÉMENTINE. AussitÔt que ma bonne nourrice m’aura envoyé la somme nécessaire.

LÉOPOLD. Ab! diable!... c’est juste! il faut de l’argent pour voyager...

CLÉMENTINE. £t je n’ai rien !

LÉOPOLD, à part. Mi moi non plus!...

{Haut.) Quoi , pas un seul parent?

CLÉMENTINE. Tout-à- l’heure encore ...

je croyais en avoir retrouvé un. . . mais je m’étais trompée!.. Il me semble, d’ailleurs, que je n’aurais jamais osé m’adresser à lui ; il me regarde et me parle souvent d'une manière si étrange...

LÉOPOLD , inijuiet. Oh ! oui , ne vous adresser qu’à moi seul... c’est un bien faible appui que je vous offre. Je suis comme vou.s, sans f^amille, sans fortune! mais c’est un coeur pur qui se dévoue à votre sort !..

Si je désire la richesse maintenant, ce n’est que pour vous seule , au moins ! au lieu d'élre demoiselle de compagnie, vous en

aurier dix, vingt, trente à vos ordres !

Mais , si je ne puis vous protéger de mon rang, de mou crédit, du moins je ne vous quitte plus... je pars avec vous.

CLÉMENTINE. Comment ?

LÉOPOLD. Non , non , ce ne serait pat convenable, je le sens... mais je trouverai les moyens de vous rejoindre, je travaillerai pour vous , je serai votre frère.,, jusqu’à ce que ma fortune me permette un titre plus doux.

CLÉMENTINE. Monsieur Léopold...

LÉOPOLD. Ah! ne me défendes pas de l’espérer... dites- moi que mes rêves de bonheur ne vous offensent pas, que vous formerez aussi quelques voeux pour les voir se réaliser... dites-moi...

CLÉMENTINE, souriant. Je ne vous dirai rien de tout cela... car la robe de la comtesse n’est pas achevée... et je serai encore grondée!

LÉOPOLD. Mais...

MATHIAS PÈnB,eadeàora. Hoé! garçon!..

CLÉMENTINE. On vicnt ! pas un mot de plus !... je me sauve... et surtout ne me suivez pas!...

(Elltt ftort à gaocha.)

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