‹ Père et parrainChapitre 10 sur 35 · FÉRON , DOROTHÉE , BOULAIN , CHARLES DE MAUBERT , PAUL · texte numérisé non relu

FÉRON , DOROTHÉE , BOULAIN , CHARLES DE MAUBERT , PAUL

CHARLES , à la cantonnade. Allez au diable, je veux parler à Boulain , et je lui parlerai.

FÉRON , bas à Boulain . Qu'est-ce que , c'est que ce monsieur .'

LE MAGASIN TUEATKaL.

BOUL.VIX. Je ne me trompe pas ; c'est monsieur de Maubert , une de mes meilleures pratiques.

PAUL , à part. Charles I

CHAULES , encore au fond. Ali ! ça mon cher Boulain, a^ous tranchez donc maintenant du grand seijjneur ? Comnient ! vous défendez votre porte ?

DOULAIN. Blille pardons , monsieur ; mais c'est que j'avais du monde.

CHARLES. Ah!... Et qu'est-ce que c'est que votre monde?... Tiens ! Paul de Renneville ! Que diable fais-tu donc ici ?

PAUL. Et d'où sors-tu donc, toi que, depuis plus d'un an , on ne rencontre plus nulle part?

CHAIVLES. Ma foi , mon cher , j'étais en purgatoire... je faisais pénitence de mes menus péchés auprès d'une vieille grande tante, chez laquelle je m'étais mis à l'abri de mes créanciers qui n'ont pas eu le courage de me poursuivre jusqu'au fond de l'Auvergne , pays sviperbe , mais le plus ennuyeux de la terre. Pour y passer mon tems , j'ai fait le Caton , l'hypocrite auprès de ma respectable parente qui m'a enfin généreusement octroyé , pour les dépenser en bonnes œuvres , quelque cent mille livres dont j'ai bravement fait tort au clergé de la province , héritier présomptif - de la bonne douairière. Boulain , j'ai loué un petit hôtel charmant qu'il faut me meubler avec ce goût exquis que je vous connais... Je vous paierai comptant... mais je veux être servi à4a minute.

BOULAIN. Mou Dieu, monsieur, je ne demanderais qu'à vous être agréable ; mais aujourd'hui il m'est tout-à-fait impossible de m'occuper de... J'ai un enfant à faire baptiser. . . Ces choses-là passent avant tout.

CHARLES. Ah! vous êtes donc marié, Boulain ?

BOULAIN. Oui , monsieur , pendant votre absence... et comme vous voyez, je n'ai pas perdu mon tems... (// part.) Oh ! quelle idée ! Au fait , c'est un bon enfant. . . et je suis sûr qu'il acceptera. (Haut.) Monsieur de Maubert , vous allez me trouver bien hardi d'oser prendre la liberté de...

CHARLES. Voyons... de quoi s'agit-il !

BOULAIN. Vous êtes , à ce que je vois , l'ami de M. de Renneville , qui a bien voulu me faire l'honueui' d'être le parrain de ma fille.

cii.vRLES. Vi aiment?

BOULAIN. Oui... et... enfin... je serais infiniment flatté si monsieur voulait bien être du petit repas de famille qui précédera la cérémonie.

CHARLES. Moi!... Oh! parbleu, je le veux bien... Ça sera drôle... je veux voir comment vous vous amusez , vous autres. . . ainsi , monsieur Boulain , me voilà votre convive... faites de moi un témoin si vous voulez, je suis à vous.

BOULAIN. En vérité , monsieur , je suis confus... {A Férôn.) Comme ces grands seigneurs sont aimables , liein !

FÉRON. Je trouve celui-là passablement impertinent.

BOULAIN. Chut!

CHARLES. Voilà qui est dit.. . Paul, nous passerons cette journée ensemble... nous parlerons de mes anciens amis que je n'ai pas encore revus , de mes anciennes maîtresses que certes je ne reverrai pas. Tu me diras les noms de tes nouvelles , mauvais sujet ?

DOROTHÉE. Quel vilain homme !

PAUL , à Charles. Tais-toi donc.

CHARLES. Ne veux-tu pas faire de la décence ou de la modestie ? Si on te croit ici un Caton , je te démasquerai , cher ami, je sais la liste, et j'en régalerai les convives au dessert!... Par exemple, je serai obligé de m'arrêter à la petite... Ah ! mon Dieu, aide-moi donc... Cette petite fiUe dont tu raffolais , à mon départ...

PAUL , à part. Il me fait trenibler.

BOULAIN , à part II est fort drôle , ce monsieur de Maubert... il nous amusera beaucoup.

CHARLES. Ah ! j'y suis... la petite...

PAUL , bas , en lui prenant le bras. Au nom de l'honneiu- , tais-toi... La femme de Boulain se nomme Adèle Féron .

CHARLES , bas. Vraiment ? Imbécille , qui ne l'ai pas deviné , en te voyant ici... Ah ! ah ! ah !

BOULAIN. Il rit de si bon cœnr , qu'il me donne envie d'en faire autant. Ah!

ah ! ah !

DOROTHÉE, h part. Certes, je ne me placerai pas à côté de cet homme-là.

PAUL, bas à Charles. Plus un mot main-, tenant qui puisse éveiller les soupçons, Boulain , ne comptiez-vous pas aller à l'église tout commander pour la cérémonie? Je vous accompagnerai.

BOULAIN. Oh ! mais c'est Uop , cent fois

PERE ET PABRAIN.

trop de bonté... Lambert! Lambert! ma canne , mon chapeau .. Monsieur de Maubert , le dîner est pour six heures. . . le baptême pour huit... J'ai voulu avoir un baptême aux flambeaux. . ça fera mieux, n'est-ce pas ?

FÉRON, qui s'est approché de Paul. Pardon , monsieur de Renneville ; mais il faut que vous trouviez un prétexte pour rester ici , car j'ai à vous parler.

PAUL, bas. A moi , Monsieur?

FÉnoiv , bas. Et à vous seul.

BOULAIN. Je suis maintenant tout à vos ordres, monsieur de Renneville.

PAUL. Mon ami , j'oubliais tout à l'heure que mon domestique doit venir ici prendre plusieurs instructions dont il a besoin, et voici l'heure.

BOULAUV. C'est juste... c'est juste... je vais tout seul.

CHARLES. Du tout. Je vous suivrai , moi... Vous savez que je vous ai donné toute ma journée... Nous allons commander les choses en grand... Il faut que ce baptême fasse du bruit dans le quartier.

BOULAllV. Il en fera , monsieur , il en fera. Ma sœur, occupez-vous de surveiller le dîner... qu'on ne nous fasse point attendre. Partons!

CHARLES , il part. Je le ferai causer en route.

AlB. : Sous ce riant feuillage. ( Fi.incce.) Marchons à Tinstant même ; Il faut que vos amis Pensent êlre au baptême De l'enfant d'un marquis.

ENSEMBLE

BOULAIN

Marchons à l'instant même; Il faut que mes amis, etc.

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