‹ Père et parrainChapitre 9 sur 35 · SCENE yi · texte numérisé non relu

SCENE yi

DOROTHÉE, FÉRON, BOULAIN , LAMBERT, ^w.î PAUL.

DOL'LAIN, entrant çwcmc ni. Le voilà! le voilà !

FÉRON. Qui?

BOULAIN. Le parrain! de ma fenêtre, je l'ai vu... je l'ai reconnu... ma sœur, ouvrez la porte , ouvrez-la à deux hattans... ah ! je suis si content , que , tout-àl'heure , j'ai sauté tout mon escalier à la fois sans m'en apercevoir.

LAMBERT , entrant par le fond. Notre bourgeois ! voilà ^L de Renneville !

BOULAIN , lui jetant son bonnet à terre. Otc donc ton bonnet , manant... salue... salue... jusqu'à terre... IMon cher beaufrère , ma sœur , je vais vous présenter... {A Paul gui entre. ) Ah! enfin vous arrivez !

PAUL , a0cc une certaine émotion. Je me suis fait attendre , je le vois ; mais les i-Qutes sont si mauvaises... Bonjour, mon cher Boulain... Monsieur Féron, mademoiselle , je vous salue.

BOULAIN. Ilein ! comme il est poli , pour un grand seigneur.

PAUL. Vous êtes toujours heureux , mon cher Boulain ; car tout dans votre maison respire un air de fcte?

BOULAIN. Si je suis heureux ! Mais songez donc qu'il y a maintenant de plus ici une fille, plus jolie que sa mère... une fille dont je suis le père et dont vous allez être le parrain... est-ce qu'il n'y a pas là de quoi faire tourner la tète ?

PAUL, açec émotion. Oui... oh! je comprends toute votre joie... j'y prends part plus que vous ne pensez.

BOULAIN. Oh ! vous avez tant d'amitié pour moi et pour ma femme.

DOROTHÉE , à pari. Que de mal mon frère se donne pour être tout-à-fait ridicule !

FÉRON , bas. Pour Dieu , taisez-vous.

BOULAIN. Il faut absolument que vous veniez embrasser ma petite Pauline... c'est le nom que sa mère lui donne déjà.

PAUL. Oui... oui... mais laissez-moi quelques minutes pour me remettre...

(A part. ) Je crains toujours que mon émo-

BOULAIN. Ma femme aussi sera bien heureuse de vous voir... Yoilà plus de deux mois que vous n'étiez venu... Mais à présent votre filleule vous amènera plus souvent, je l'espère.

FÉRON , à paît. Ah ! mon Dieu ! il me fait mal... Je jure bien de rester garçon toute ma vie.

BOULAIN. Mais je vous étourdis là de mon bonheur , et je ne songe i)as que vous devez avoir besoin de vous rafraîchir... Ma sœur...

PAUL , passant entre Boulain et Dorothée. Ne dérangez personne, je vous prie... Mademoiselle , voulez-vous bien me permettre de commencer mon rôle de parrain ?

( Il lui Juniic une pclilc boîte. )

DOROTHÉE, la prenant. Monsieur, je...

Oh ! la jolie croix ! . . ,

PAUL. J'ai A'oulu qu'elle fut digne de vous être offerte.

DOROTHÉE. C'est qu'elle est superbe...

L'abbesse elle-même n'en a pas une pareille... toutes mes sœurs du couvent en seront jalouses. {A Féron. ) Regardez donc.

PAUL. J'ai dû faire quelque chose aussi pour ma filleule. {Donnant un parchemin. ) Tenez , Boulain.

BOULAIN. Que vois-je? m\ contrat de rente de douze cents livres !... Ah ! monsieur...

Ara dit Vaudeville de Préville cl Tacoimet.

Un tel bienfait peut-il être accepte?

On vous doit tant (léj.i dans la famille...

Non, non ; c'est trop de géne'rosite',..

Je dois vous refuser au nom de notre fille.

PAUL

Quoi ! tant de façons pour si peu !

Vouj accepterez, je l'espère.

De cet enfant , mon ami , dc\ ant Dieu , Ne v.iis-jc pas être le second père ?

FÉRON , « part. Allons , plus de doute.

BOULAIN. Je suis tout confondu de tant de bontés!

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