‹ Père et parrainChapitre 12 sur 35 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

PAUL, seul.

Ma réponse! je lui ai promis une réponse! et quelle sera-t-elle? Que faire?

que résoudre ? il me croit donc bien du courage , ce Féron , puisqu'il me dit : Quittez-la pour toujours! Adèle , ne plus te revoir... n'entendre plus ta douce voix qui ni'allait si bien à l'ame ! perdre tout ce qui me reste encore de mon bonheiu* passé... oh! non, c'est impossible... (^S^ /eoant.) Je ne viendrai plus dans cette demeure. L'honneur m'en défend désormais l'entrée... mais, au moins, je respirerai le même air que mon Adèle .. oh! non , je m'abuse... Féron disait vrai, la force me manquera... et puis la vue de cet enfant ne deviendra-t-elle pas plus tard un supplice pour moi ? Je l'entendrais donner à un autre ce titre de père si doux à recevoir. . pour im autre serait son amour, ses naïves caresses. Oh! parlons! partons! il m'a parlé de l'Amérique ! de l'Amériquesi belle, si lière de sa jeune liberté ! Là peut-être il y aura pour moi des dangers et de la gloire! Adèle , Pauline , je ne vous verrai plus!...

Air : Un matelot. {M'n= Durhamge.)

Le t!cvoir parle et l'honiirur me roidonne,

11 fiiui partir, x\ic$ bcAux jours $oat pajsés !

PÈRE £r PARRAIN

Objets chéris, vous qu'ici j'ahaoïlonne , Vous (lira-t-on las pleurs que j'ai vcrse's ? Pour un pays dont commence l'histoire, Demain, liel.is ! j'aurai quiitc ce lieu. Dans les combats, j'y poux trouver !a e;Io'rc ; .Mais le bonheur, je vais lui dire aJieu!

SCÈ^E X.

CHARLES , PAUL , Domestiques ûe Charles.

CHARLES , entrant et s'adressant à ses domestiques. C'est cela, mes amis, pressez les préparatifs... je ne précède Boulainque de quelques pas ; le pauvre homme est retenu au coin du faubourg ; il reçoit mille félicitations par heure sur sa paternité... (P/«\ has, s'appivchant de Paul.) Poui' moi, c'est à monsieur Paul de Reuueville que j'ai réservé mes coinplimens.

PAUL , bas. Charles , je t'en supplie , trêve de raillerie... songe à tout ce qu'un mot imprudent pourrait amener de malheurs.

CHARLES. Laisse-moi donc... Voudraistu, par hasard , me faire prendre Roulain pour un Orosmane, un Othello?., le brave homme verrait des étoiles en plein midi , si on le voulait bien.

PAUL. Charles , si lu as quelque amitié pour moi , tu ne risqueras pas l'Iionneur d'une femme... tu n'empoisonneras pas le reste de sa vie.

CHARLES. Allons, allons, ne [)rends donc pas ce ton tiagi-comique , et laisse-moi «l'amuser ; j iiai jusqu'au but , mais je ne le dépasserai pas... une pareille occasion ne se présentera ])eut-etre plus ; les lioulain sont rares, j'en tiens un, tu ne le tireras pas sitôt de mes mains.

PAUL. Charles!...

DOROTHÉE, entrant par la droite. Yoilà nos parens, nos invités.

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