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pensée de la mort et du jugement, dont l'arrêt
fatal le poursuivait comme une obsession, il .
cherchait à qui parler, il réclamait un compagnon pour parcourir avec lui les galeries de tableaux ou de sculpture, ou bien il se mettait à raccommoder de vieilles pendules, dont il avait toujours une collection dans sa chambre. » (Page 413.)
On peut être un fort bon prêtre et ne pas se
refuser, à l’occasion, des distractions de ce genre.
Mais nous avons peine à nous figurer « un docteur » de l'Eglise, un grand mystique, un de ces hommes « qui enseignent à des séries de générations humaines ce qu’elles ont à faire », allant chercher une consolation à ses souffrances au Salon du Champ de Mars ou au musée du Trocadéro.
« Mais, chose admirable, ajoute le biographe, ni le malaise perpétuel où il vivait, niles épreuves si cruelles de son âme, n'altéraient en rien la confiance de ses théories sur les progrès de la civilisation par la religion. » (Page 414.)
Qu'on nous permette de le dire; s’il est bon d'espérer le triomphe de l'Eglise, en revanche, la
confiance d'un homme en ses idées et en ses :
théories personnelles pour amener ce triomphe prouve sans doute l'énergie de ses convictions, mais elle n’est pas un signe de sainteté.
Cette confiance en ses idées était telle chez Hecker qu'il ne craindra pas de donner des con-
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seils au Pape, sans que personne l’en ait prié. Et quels conseils? Il préconise exclusivement des moyens humains et politiques : 1° Mettre toute l'Eglise sur le pied des pays de mission et faire de la Propagande le bras droit de l'Eglise ; 20° Choisir les cardinaux parmi toutes les nations afin d’en faire un sénat qui représente la chrétienté tout entière ; 3° Adopter les moyens et les méthodes modernes dans les transactions d’affaires du Saint-Siège.
Que certaines de ces réformes, appliquées dans une sage mesure, puissent avoir leur utilité, personne ne le conteste : mais ce sont là des vues qui n’ont rien de très original ni de très nouveau.
Ce grand amour pour la Congrégation de la Propagande est un trait commun aux Américains. Le régime d'exceptions sous lequel vivent les pays qui relèvent de la Propagande, plaît fort aux Yankees. Ils ne redoutent rien tant que d'être placés sous la loi commune du droit canonique et de la Congrégation des Évèques et Réguliers.
La dernière épreuve de la vie d’Hecker ne fut ni moins singulière ni moins troublante que les autres phénomènes de sa vie mystique.
Son biographe nous la raconte-ainsi :
« Les trois ou quatre dernières années, il ne pouvait plus dire la messe, ni même l’entendre,
qu'une fois la semaine et les jours de fête, tant était grande sa faiblesse toute la matinée.
» La célébration du saint sacrifice était devenue pour lui une grande épreuve, et comme une lutte contre ses défaillances intimes.
» Quelques mois se passèrent dans une faiblesse physique et une obscurité spirituelle telle ment grandes qu'il ne put ni célébrer, ni même recevoir la sainte communion. Cette épreuve, peut-être la plus pénible de sa vie, se termina vers la Noël de 1885. Alors, pour la première fois depuis le commencement de l'été, le P. Hecker entreprit de dire sa messe. Ce ne fut pas sans être assisté, ni sans passer par des moments fort critiques. » (Page 420 )
Quelle était la cause de ces défaillances, qui l’éloignèrent ainsi de la sainte communion et de l'autel ? C’est encore le P. Hecker qui l’a expliqué lui-même à ses disciples :
« Savez-vous, disait-il, ce que c'est que de se trouver spontanément en relations avec Dieu, lorsque le Divin Objet agit directement dans ‘âme ? Voilà ce qui m'empèche de dire la messe : je ne puis pas me contenir. Pendant le cours de la messe, il m'arrive d’être si pressé par l'amour de Dieu, que les forces me trahissent jusqu’à en tomber inanimé. Chez mon frère, on s’y attendait et on me donnait une chaise. Assis un moment, je me remets, et je puis continuer. » (Page 420.)
Déjà, en 1867, chez M. de Montalembert, où il fut reçu, le P. Hecker avait causé quelque surprise en ne faisant pas d'action de grâces, à la chapelle, après sa messe. On lui en fit même lobservation. Après un peu d’hésitation, il répondit : « Je suis si ému après la messe qu’il m’échappe malgré moi des pleurs et des sanglots. Alors, vous comprenez, je suis obligé de me cacher. » (bid.)
Tout cela est fort bien et nous l’admirerions sans réserve si la doctrine et les œuvres du P. Hecker étaient en rapport, par la pureté de l’une et la fécondité des autres avec ces grands élans d’amour de Dieu. Malheureusement, iln’en est rien. Ces phénomènes extérieurs eux-mêmes, qui vont jusqu’à troubler et à empêcher la célébration de l’auguste sacrifice de l'autel, ont quelque chose de désordonné que nous ne trouvons pas chez les Philippe de Néri et autres saints qui eurent des extases pendant la sainte messe.
Et puis, nous l'avons vu plus haut, c'est toujours du P. Hecker que nous tenons le récit et les détails des faits Les plus édifiants de sa vie! Nous ne lui en faisons pas un crime; ce n'était, sans doute, qu'une naïveté et un travers de cet esprit original, mais quand un nomme est présenté en exemple à tout le clergé, comme un pionnier de l'avénir et comme le type du prêtre
= moderne, on a le droit de le regarder de près et
de montrer quelque exigence. Le
Ce n’est pas diffamer un prêtre que de lui contester le titre de Docteur de l'Eglise et de mon: |
l'autel durant sa vie, il n’est pas de ceux que l'Eglise place sur les autels après jun mort.
il faut He ere ses doctrines et ses œuvres... Nous le ferons, mais auparavant il nous reste à élucider un fait capital de la vie d'Hecker.