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cimes neigeuses des Alpes, faisaient involontairement songer aux discours du Sauveur sur les bords du lac de Génézareth ou dans les montagnes de la Galilée ! »
Voilà jusqu'où l’engouement pour les idées nouvelles peut pousser l’exagération. Car ce n’est pas la sainteté de l’homme qui à fait accepter avec faveur les idées d'Hecker par le public français ; ce sont ses idées, au contraire, qui ont séduit à ce point les esprits qu'ils ont passé condamnation, sans difficultés, sur les rêveries et les bizarreries de l’homme.
Et maintenant, heureux de la fortune inespérée qui leur permet de propager, sous le couvert d'une apparente sainteté, les opinions les moins sûres, les américanisants de toutes nuances célèbrent dans les Revues, les brochures ou les congrès les « grandes idées d’Hecker. »
Mgr D.-J. O’Connell, ancien recteur du collège américain de Rome, a fait au congrès internationnal des savants catholiques, réuni à Fribourg, le 20 août 1897, un rapport sur l’Américanisme d'après le P. Hecker, qui a été reproduit par la Quinzaine et publié, ensuite, en une pelile brochure de propagande que l’on voudrait faire pénétrer partout. Le P. Hecker y est qualifié de « docte et saint fondateur des Paulistes » ; certaines doctrines, sur lesquelles nous aurons à revenir, sont exposées dans cet écrit,
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sous le patronage de ce nom déjà nimbé de l’au- réole des saints.
D'ailleurs, l'abbé Dufresne ne craint pas d'aller plus avant; dans l’article déjà cité, après avoir donné son témoignage personnel sur l «impression de sainteté » qui se dégageait
de la personne d’Hecker, le prêtre génevois ajoute :
« Si mes informations sont exactes, des faits significatifs, survenus depuis la mort du P. Hecker, pourraient être invoqués à l’appui de ce que j'affirme ».
S'il en est ainsi, nous souhaitons que la cause de béatification du P. Hecker soit promptement introduite et soumise à un tribunal canoniquement institué. Ce sera le moyen de mettre un terme à toute équivoque et de clore toute discussion; mais on se borne, jusqu’à présent, à agiter l'opinion, à imposer l'admiration par des procédés de réclame industrielle et à présenter au clergé de France, qui a donné à l’Église, en ce siècle, un confesseur comme le curé d’Ars, des martyrs comme les Olivaint, les Planchat, les Seigneret, à ce clergé qui comptait par milliers, il y a cent ans, les martyrs et les confesseurs, on propose aujourd hui un américain illuminé en lui disant : voilà « le type du prêtre moderne »,un « docteur », un « génie universel», un de «ces grands élus de la Providence qui
apprennent à des séries de générations humaines ce qu’elles ont à faire ! »
En vérité, c'en est trop ! Et si ces pages sont lues à l'étranger, puisse-t-on y voir la preuve que le bon sens français n’a pas perdu ses droits !
Que si plusieurs des nôtres ont été dupes de l'engouement d’un jour, entretenu par le syndicat d'admiration qui s’est formé par-dessus l'Atlantique pour le lancement en Europe du saint de ses rêves, il reste encore en France un peuple et un clergé vraiment chrétiens et vraiment français qui se rient de ces simulacres.
Décomposant ce produit exotique : démontant pièce à pièce l'échafaudage savant d’un livre captieux, nous étalons au grand jour ces matériaux suspects et nous disons aux entrepreneurs d'américanisme :
Ce que vous proposez à l'admiration des foules, ce que vous vantez à l’égal de nos plus belles gloires, ce que vous voulez placer sur les autels, ce nest pas le chrétien, ce n’est pas le prêtre, ce n'est pas le sanr, ce sont vos idées, vos illusions et vos erreurs !