CONCLUSIONS
SoumarRe, — L'Ulfimatum du « Catholicisme libéral » à l’aue torité de l'Église. — L’ «irrésistible progrès de la science. dans le domaine de la morale ». — La théorie de l’évolution explique tout ; « il est temps pour les autorités ecclé: siastiques de reconnaître l'impuissance absolue de leurs efforts » pour en arrêter les progrès. — L'Église doit être vis-à-vis de la science : Ecclesia discens. (Romanus.) — Un aveu de Brownson. — 11 reconnaît que la tendance libérale, si elle était suivie jusqu’au bout, le conduirait hors de l'Église. — Préparatifs d'assaut: tentatives des Protestants pour corrompre la foi du clergé catholique. — Quelques faits publics d’apostasie. — Ce qu’en pense le journal où écrivit l’abbé Charbonnel, — Propagande protestante à Rome. — Propagande protestante dans le clergé aux Etats-Unis. — Est-ce bien le moment d’abaisser les pontslevis ? — Conclusion: La personne du P. Hecker. — Sa Vie en français. — Les disciples du P. Hecker. — [L’américanisme.
Après les audacieuses déclarations que nous avonsreproduites au chapitre précédent, ilsemble impossible de rien ajouter qui puisse surpasser une telle hardiesse de langage. Il nous reste ce-
pendant à prendre acte de l'ulfimatum que le « Catholicisme libéral » adresse à cette Église dont il prétend devenir le Maitre :
« Puisque c'est ainsi, par évolution, que l’édifice hiératique et dogmatique de l’Église catholique a été lentement bâti; puisque dans chaque chose du monde (of the Cosmos) nous pouvons maintenant reconnaître la toute puissance de ce procédé qui explique tout, il est temps pour les autorités ecclésiastiques de reconnaître l’impuissance absolue de tous leurs efforts pour arrêter lirrésistible progrès de la science, en y comprenant le domaine de la morale. I leur est impossible de dominer la science, comme :il leur serait impossible, ainsi qu'à Isaïe, de faire rétrograder ou arrêter l’ombre du soleil sur le cadran. Ce seul exemple, bien connu, et si profondément humiliant, aurait dû les instruire une fois pour toutes. Des déclarations telles que celles de la lettre Papale sur l'Écriture sont, aux yeux du Carnoucsme LigéRaz. simplement déplorables. Car, quoique l'habileié des théologiens (à laquelle nous avons fait allusion plus haut) puisse fournir des explications adroites et subtiles, de telles explications doivent devenir de moins en moins satisfaisantes pour beaucoup d’esprits, qui seront inévitablement perdus pour l’Église et dont le nombre s'accroît rapidement, »
Il faut donc que l’Église renonce à contrôler et
à juger les découvertes de la science ; elle doit se tenir vis à-vis d'elle, dans une humble et docile attitude ; son rôle n’est pas d'enseigner mais d’être enseignée. C'est la conséquence et la conclusion expresse de la thèse de Romanus. Il raille l’Église anglicane de sa prétention à devenir une Église enseignante (ecclesia docens), et il ajoute, parlant de Église romaine :
« Mais, cette Église, elle-même, a toujours été et maintenant encore est une ÉCCLESIA DISCENS ; c'est ce dernier caractère que le Catholicisme hbéral désire accentuer de plus en plus.
» LE PROGRÈS DES SCIENCES PHYSIQUES AMÈNE NÉ- CESSAIREMENT AVEC LUI DES CHANGEMENTS DANS LA CROYANCE. »
Il n'y a rien à ajouter à de pareilles déclara-
tions pour en faire ressortir la gravité et en dé- masquer l'erreur. Elles portent en elles-mêmes
leur condamnation.
La conclusion de tout l'article de Romanus n’est pas moins significative :
«Nous devons enfin conclure, après avoir ainsi brièvement attiré l’attention sur les changements accomplis et sur la nécessité de GRANDS Accom- MODEMENTS de la part de l'autorité, à notre époque, el ENCORE PLUS DANS L'AVENIR. Nous insistons sur cette nécessité parce que nous sommes dévoués à la cause de l'Église catholique, pour laquelle nous prévoyons de rudes épreuves et de grandes
pertes, si l'on devait voir continuer à se mani-
fester l'esprit qui a produit ces DÉGLARATIONS ROMAINES SI LAMENTABLES sur lesquelles nous avons attiré l'attention.
» Nous insistonslà-dessus, en qualité d'humbles disciples du grand Apôtre des Gentils, au nom de Celui qui fut Le premier grand prédicateur de
« l’accommodement » et qui, par son énergique
opposition à l’étroitesse pharisaïque, mérite éminemment l’honorable titre de Premier Carno- LIQUE LIBÉRAL » de l’Église universelle du Christ. »
Pour répondre aux témérités de celui qui ne craint pas d'attribuer à l’un des princes des Apôtres, les erreurs de sa secte, il nous plait d’invoquer le témoignage d’un Américain, d’un ami du P. Hecker, d’un homme dont le nom est revenu souvent sous notre plume et qui a longtemps partagé toutes les illusions sinon toutesles erreurs du fondateur des paulistes.
Nous voulons parler du philosophe Orestes Brownson, dont le P. Hecker disait qu’il était entré comme lui dans l’Église en contrebande.
Brownson, nous l'avons vu, n’avait pas en-
tièrement abandonné ses théories philosophiques
en abjurant le protestantisme, et il lui restait dans l'esprit des « difficultés » quand il reçut le baptème.
Voici comment un journal américain (Review
de Chicago, du 23 décembre 1897) rappelle et
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présente au public les variations et les désillusions du philosophe :