L. — Traitement chirurgical
1° Une indication s'impose : la suspension de toute alimentation par la bouche, suivie de gastrostomie.
Cette gastrostomie devra être faite à l’anesthésie locale ou encore sous anesthésie après lavement au chloral (8 g.) et blocage de nerfs intercostaux par une solution de novocaïne à 2 p. 100. L'œsophage est un organe qui se répare remarquablement bien et vite, c’est ainsi que Bazy et Chêne peuvent reprendre l'alimentation per os quinze jours après l’intervention, qui permit d'alimenter entre temps le malade par la bouche de stomie.
A côté de cette indication absolue, Gott préconise la mise en place d’une sonde à demeure œsophagienne, qui, introduite à temps, pourra empêcher la formation de l’épanchement pleural. Mais le danger d'augmenter l'étendue des lésions de la plaie nous oblige à écarter cette manœuvre.
2° La seconde indication principale est le drainage de la cavité pleurale en cas d'épanchement, que Boyd et Williams considèrent avec raison comme urgent. La thoracotomie sera dans ces conditions l'opération de choix. Malheureusement,
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c’est une intervention bien traumatisante, qui risque de donner le coup de grâce au malade. C'est pourquoi Gott pense qu’elle n’est pas toujours de mise. « Le malade est un malheureux en danger, même pour de la chirurgie légère, dit-il, et de plus il n’est pas improbable qu'une grande partie du liquide présent dans la cavité pleurale s’est produit comme exsudat de protection, et, s’il s’est produit de bonne heure, c’est une bonne éventualité. » L'intervention serait donc, pour lui, conditionnée par l’état général du malade et par la nature du liquide obtenu par thoracentèse. Nous ne nous rangerons pas à cet avis, et, avec Smead, nous pensons que notre seule chance de succès est'une thoracotomie faite le plus rapidement possible.
En revanche, le drainage du médiastin postérieur associé au drainage de la cavité pleurale, que préconise Walker, nous semble être une opération trop traumatisante pour qu'elle puisse être tentée.