‹ Perforations et ruptures spontanées de l'œsophageChapitre 23 sur 39 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Osservarion I (Inédite).

(Due à L'obligeance de MM. les Professeurs agrégés LOUBAT et PrécHauD.)

11 s’agit d’un jeune homme de 25 ans, M. L.., qui, le dimanche 6 octobré 1935, se sentant fatigué, prend un verre de limonade purgative, vomit et rejette en même temps une petite quantité de sang. Le docteur de la famille, consulté, fait sucer de la glace au malade: malgré cela, il continue d° avoir des crachats sanguinolents. M. le Professeur Cruchet, appelé en consultation, conseille alors l’hospitalisation.

Le malade entre à la clinique le 11 octobre 1933: les crachats sanguinolents persistent jusqu’au 13, tandis que la température monte à 39 degrés, le soir, et 38 degrés, le matin. Suspecté de tuberculose, on le traite par la biocholine. Cependant, un premier examen de crachats fait le 14 octobre ne révèle pas la présence de B. K. De même une radiographie faite le 19 octobre montre seulement que les hiles sont un peu chargés. L'état du malade s'améliore pourtant, en dépit d’une toux persistante et de nombreux crachats ressemblant parfois à de véritables vomiques. Le 23 octobre, le malade est autorisé à se lever, mais, le soir, la température monte à 40°5 tandis qu'il se sent très fatigué. Les jours suivants, il présente des signes de suppuration pulmonaire avec crachats purulents accompagnés parfois de petits filets de sang; température à 39 degrés; matité de l'hémithorax gauche avec abolition des bruits respiratoires.

Auparavant une nouvelle analyse de crachats était restée négative au point de vue bacillaire et n'avait montré que la présence

ZA = de bacilles Gram positif avec prédominance de streptocoques. Par la suite, les signes de suppuration pulmonaire s’affirment, et le malade est traité par des injections d’eucalyptine et de sulfarsénol. Au cours d’une crise de cyanose, le malade rejette un véritable moule de ses bronches presque complet.

Le 31 octobre, le malade se plaint d’une violente douleur au côté gauche. Une ponction exploratrice, faite par M. le Professeur agrégé Piéchaud, montre la présence de liquide purulent dans la plèvre gauche. Une thoracotomie est faite le 3 novembre par M. le Professeur agrégé Loubat. Le lendemain, en faisant le pansement, On à la surprise de constater que des particules alimentaires sont mêlées au liquide s’écoulant par le drain; aussi une gastrostomie est-elle faite le jour même en présence de la constatation de cette perforation œsophagienne dans la plèvre. L’examen microscopique confirme d’ailleurs ce diagnostic, en montrant que la substance évacuée par la plaie opératoire est constituée par des caillots sanguins fibrino-leucocytaires, des débris alimentaires ayant l'aspect macroscopique de haricots verts et microscopiquement composés de cellules de féculents, de fibres musculaires striées et de fibres végétales.

Les jours qui suivent l'opération, l’état du malade s'améliore. L'alimentation, à laquelle on adjoint du sérum de Murphy, se fait par la bouche de stomie. Elle consiste en lait tiède, bouillon, tilleul, crème liquide, jus de viande. La plaie opératoire de la thoracotomie coule cependant beaucoup. L'état reste relativement bon jusqu'au 21 novembre. A cette date, une hémorragie se produit au moment où l’on refait le pansement et le malade crache du sang en grande quantité. La température est de 37°4, mais le pouls à 115. De plus, en dépit du sérum antigangréneux, les signes de suppuration pulmonaire persistent. Par la suite, ces signes s’affirment : à chaque nouveau pansement le malade saigne; le pus de la plaie opératoire reste fétide; les vomissements de sang et alimentaires continuent, tandis que le pouls devient de plus en plus petit et rapide.

Le malade meurt le 30 novembre au soir.

AN

OBsEervATION Il.

(Wicuams et W. Boyp, Surgery, Gynecology, and obstetric, dr janv. 1926.)

Rupture spontanée de l’æsophage.

Un alcoolique jusqu'alors en bonne santé, commença à ressentir il y a six ou huit ans quelques troubles gastriques. Depuis un an, il avait pris l'habitude de boire une quantité anormale d'eau, se levant trois ou quatre fois par nuit pour boire. Le 15 octobre 1926, après déjeuner, il but vers 19 heures un verre de vin de cerise. Pendant toute la journée, il avait éprouvé une légère gène abdominale. Aussitôt après l'absorption de son verre de vin, il vomit et ressentit à ce moment une violente douleur à la partie supérieure de l'abdomen, juste au-dessous du sommet du sternum, comme si quelque chose avait éclaté. On ne constata aucun signe du côté de l'abdomen, mais la douleur était si vive à chaque mouvement qu’on ne put même pas déshabiller le malade.

Amené à l'hôpital le lendemain matin, il présentait un: abdomen souple mais légèrement distendu. Pas de nouveaux vomissements; pouls à 140, respiration à 60. Suppression des bruits respiratoires dans la partie antéro-latérale du thorax gauche. Rien de particulier du côté du cœur. Un peu de sucre et d’albumine dans les urines.

L'état empira peu à peu et le malade suecomba vingt heures après le début des accidents.

Autopsie. — Intégrité de l’abdomen. Rien au cœur ni à la plèvre et poumons droits. La plèvre gauche est remplie par un liquide brun foncé, avec de nombreux débris alimentaires, le poumon est rétracté. Une perforation d'un pouce de diamètre se voit sur le côté gauche de l'œsophage, 25 millimètres au-dessus du diaphragme, et communique directement avec la cavité pleurale.

Examen histologique. — Au-dessus de la perforation, les fibres musculaires sont abondamment infiltrées de cellules conjonctives, davantage dans les couches externes que dans les couches internes.

Re

Epithélium normal, il existe des microbes en grand nombre, allant en diminuant de l'extérieur vers l'intérieur.

Au niveau de la perforation, toute trace de muqueuse à disparu, il existe une destruction étendue avec désintégration de la paroi de l’œsophage.

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