RARES
OBsEeRvaTION IV.
(Gimarp et Kissez, Gazelte des hôpitaux, août 1934, n° 62.) Un cas de perforation de l'œsophage.
M. X... (C.), 61 ans, ne présente à signaler dans ses antécédents qu'un éthylisme ancien. Cependant, depuis trente ans, le malade
signale un certain degré de dysphagie survenant par crises. Entre ces crises à apparitions fort irrégulières, les digestions sont absolument normales. 3
Le 18 octobre 1932, le malade fait à son déjeuner un repas copieux, comportant, en particulier, des moules. En partant à son travail, à 4 h. 30, il éprouve de violentes envies de vomir, non suivies d’elfet; puis, il ressent une douleur transfixiante aiguë, syncopale, à la base de l'appendice xiphoïde et s’alfaisse sur le sol. Il est amené à l'hôpital vers 14 h. 30, dyspnéique, pâle, se plaignant de douleurs épigastriques. On pense à une intoxication par les moules. On administre au malade de l'ipéca, et l’on fait. une injection de morphine. Aucun vomissement ne se produit. Devant cet échec, on pratique un lavage d'estomac au moyen d'une sonde molle, en caoutchouc, qui pénètre avec facilité, sans provoquer aucune douleur. On injecte 4 litre d'eau tiède, qui nest rejetée qu'en partie. Un chirurgien appelé à ce moment pense, devant l’histocie et l'état général, à une perforation d'ulcus gastrique. Mais, l'abdomen étant souple, on décide de le laisser en observation. A 17 heures, la dyspnée a beaucoup augmenté et dépasse 30 inspirations par minute. La face est cyanosée, pâle et anxieuse. Le pouls bat à 140, très faiblement.
L'examen de l'abdomen montre une légère contracture localisée à l'hypocondre gauche. Il existe tous les signes d'un volumineux hydropneumothorax gauche, avec suceussion hippocratique très marquée. On le ponctionne aussitôt, et l’on ramène 500 cm3 d'un liquide chocolat, grumeleux, d'odeur aigrelette, de réaction légèrement acide.
Devant cet ensemble symptomatique, nous avouons n'avoir pu poser de diagnostic certain.
AN
Après la première hypothèse, non confirmée, de perforation d'ulcère d’estomac, étant donné l'aspect du liquide, on pense à un abcès amibien ouvert dans la plèvre, et le liquide est envoyé au laboratoire pour examen cytologique et chimique.
À 22 heures, le malade meurt de collapsus cardiaque.
On apprend, le lendemain, que le liquide retiré avait tous les caractères du liquide gastrique.
Autopsie. — La plèvre gauche présente un épanchement de 4 litres d’un liquide couleur chocolat et d'odeur fétide. En asséchant la cavité pleurale, on trouve contre la paroi postérieure un volumineux paquet formé de moules, olives, épices diverses agglomérées. On prélève en bloc les organes intrathoraciques : il existe une plaque ecchymotique sphacélée sur la partie postéro-inférieure de la plèvre gauche, à hauteur des insertions du diaphragme,
À Ja même hauteur, sur le bord latéral gauche de l’œsophage, juste au-dessus du cardia, on observe une plaque sphacélique noirâtre à laquelle adhèrent encore quelques moules et qui est centrée par une perforation longitudinale de 5 centimètres, linéaire, à bords nets, et s’arrêtant à la limite du diaphragme. La muqueuse paraît normale, vue par sa face interne, la perforation semble faite au Couteau, en plein tissu sain. L'’estomac est vide et normal.
Examen histologique. — Disparition par places de l’épithélium œsophagien. Le chorion et la sous-muqueuse présentent une infiltration leucocytaire intense, avec formation de véritables abcès microscopiques. Les tuniques musculaires sont également infiltrées de polynucléaires et dissociées.
Done, œsophagite antérieure, cause de la perforation.
OBSERVATION V. S (MarkowiCn et Sveroza, Revue de médecine militairé de Belgrade,
Perforation œsophagienne suivie de guérison
après intervention.
Le malade avait été adressé à l'hôpital pour perforation d’ulcère gastrique. Une laparotomie exploratrice resta sans succès.
RG
L'existence d’un exsudat pleural conduisit, plusieurs jours plus tard, à faire une thoracotomie. Le passage d'aliments dans le drain mit sur la voie du diagnostic, que confirma la radiographie.
On fit alors une gastrostomie, qui fut suivie de la fermeture de la fistule œsophagienne, et grâce à laquelle le malade continue
de s’alimenter.
OBsERvATION VI.
(S. None», Acta chirurgica scandinavica, 25 mai 1927.) Un cas d’ulcère de l’œsophage.
Un homme de 44 ans souffre depuis une dizaine d'années de troubles gastriques vagues se traduisant par des malaises et des vomissements. Depuis quelque temps, il présente une anémie progressive confirmée par le dosage de l’hémoglobine.
Un jour, il tombe gravement malade et présente les signes caractéristiques d’une péritonite par perforation d'ulcère gastrique. Une laparotomie ne révèle la présence d'aucune lésion gastrique. Le malade succombe seize heures après l'opération. Les symptômes auparavant observés ayant persisté et s'étant accompagnés de douleurs thoraciques et d’emphysème sous-cutané au niveau du cou et dans la poitrine.
Autopsie. — On trouve dans l'œsophage, au-dessus du cardia, un gros ulcère perforant le médiastin et la plèvre gauche, dans laquelle existe un pneumothorax, el, dans la partie inférieure, un liquide analogue au liquide gastrique.
Examen histologique. — La lésion présente le {ype de l'uleère avec fortes altérations inflammatoires chroniques et aiguës. Au pourtour de l’orifice, on constate que l'épithélium œsophagien manque. On trouve, par contre, des glandes du cardia et, fait particulièrement intéressant, des glandes à lype fundique, avec cellules principales et cellules bordantes productrices d'acide chlorhydrique.