‹ Perforations et ruptures spontanées de l'œsophageChapitre 29 sur 39 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

(Gorr, The american Journal of the medical science, 4 3 sept. 1933.)

Rupture spontanée de l’œsophage.

Une femme de 47 ans est prise deux heures avant son entrée à l'hôpital, à la suite d’un repas, de nausées et de vomissements. Au cours de ceux-ci, elle ressentit une douleur excruciente à la partie inférieure du sternum et rendit en toussant une petite quantité de sang.

Elle ne présentait dans ses antécédents rien de pathologique,

A son entrée à l'hôpital, elle apparait cyanosée, dypnéique; température à 39 degrés; pouls, 112; respiration, 30. Il y avait un léger degré d’emphysème sous-cutané à la partie antéro-inférieure du cou. On pouvait entendre de fins râles inspiratoires à la base des deux poumons, et l’épigastre présentait une légère sensi-

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bilité à la pression profonde. Au bout de quatre jours, l’'emphysème sous-cutané, qui avait wagné la face et la partie supérieure du thorax, commença à diminuer.

L'examen de la base gauche fit penser à un début de bronchopneumonie. La malade ne prenant rien par la bouche, on lui administra du sérum glucosé et salé par les voies intraveineuses el sous-cutanées. à

Le septième jour, on vérifie par la radiographie la présence de liquide dans la partie inférieure gauche du thorax, et l’on retire par thoracentèse 75 cm, de liquide brun foncé. Ce liquide était d’odeur fétide tout à fait analogue à l'odeur des gaz que Îa malade rendait par éructation. Il contenait de l'acide chlorhydrique à l’état libre et, sur culture, donna du staphylocoque doré et blanc, du B. subtilis, du Leiptotrix bucoli.

Le dixième jour, on pratiqua une thoracotomie et l’on draina au moyen de deux tubes pendant quarante-huit heures, puis on irrigua la cavité pleurale avec du sérum physiologique.

Auparavant, le diagnostic de rupture de l'æsophage avait été fait par le chirurgien Auguste French.

Le treizième jour, on donna à la malade, par la bouche, 150 cm3 d'eau stérilisée contenant du carmin, qui apparut dans les tubes de drainage au bout de deux heures environ.

Pendant les quatre jours suivants, la malade s’affaiblit de plus en plus et mourut le dix-septième jour de sa maladie.

Autopsie. — La cavité pleurale gauche contient environ 100 cm3 de liquide brun; la plèvre est recouverte d’un exsudat fibrinopurulent. La cavité pleurale droite contient un peu de liquide citrin.

L'œsophage présente dans sa partie latérale gauche une fente de 7 centimètres, située à 6 centimètres au-dessus du cardia, et s’ouvrant directement dans la cavité pleurale gauche.

Examen histologique. — Ne montre pas l'existence préalable d’ulcère, Les parois ne présentent ni inflammation de longue durée, ni sclérose. Quelques caillots sanguins récents attachés à la surface de la déchirure. Infiltration leucocytaire consistant surtout en un grand nombre de plasmocytes et de lymphocytes.

je.

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