‹ Perforations et ruptures spontanées de l'œsophageChapitre 6 sur 39 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

La première relation d’une rupture spontanée de l’œsophage remonte à 1724; elle est due à Boerhave qui, dans ses « aphorismes de chirurgie », raconte la mort du baron Wassenau,, grand amiral de Hollande. Celui-ci, à la suite d’un repas Copieux, provoqua des vomissements à l’aide d’une potion émétisante; il fut pris d’une douleur violente dans l’hypocondre gauche et mourut dix-huit heures après. Une cinquantaine d'années plus tard, John Dryden, chirurgien à la Jamaïque, publia le cas d’un officier qui pendant un vomissement ressentit une douleur aiguë dans la région thoracique et mourut dix heures après d’une rupture de l’œæsophage.

En France, les premières publications sont de Guersant (4807), Bouillaud (4823). Ils considèrent les perforations ou ruptures de l'œsophage comme dues à des maladies infectieuses avec ramollissement gélatiniforme port-mortem. Les traités classiques de Faulin et Duplay (1878), de Poulet et Bousquet (4885), font simplement mention des ruptures spontanées. Cependant, les cas rapportés deviennent plus nombreux et nous retrouvons, jusqu’en 1914, une quarantaine d'observations, la plupart dues aux auteurs anglais ou américains. Il est d’ailleurs à noter qu'il s’agit là de découvertes d’autopsie et qu'aucun traitement chirurgical n'a été tenté jusqu'à Walker (1914). Celui-ci fut, en effet, le premier à faire le diagnostic du vivant du malade et à pratiquer une intervention chirurgicale qui resta sans succès.

Les perforations et ruptures spontanées restent ensuite un certain temps dans l'oubli, puisqu'il faut attendre 1926 pour que Williams et Boyd reprennent la question à propos d'un cas. Depuis cette date, une vingtaine d'observations ont été

publiées.

LÉCLINEE

Nous les avons rapportées ici en majorité et, parmi elles, il faut principalement citer celles de

Norlen (1927), qui montre le rôle de l’ulcère de l'œsophage. ra |

Markowich et Svetoza ont le mérite, en 1932, d'obtenir la première guérison après traitement chirurgical.

En 1933, Gott publie quatre observations, montrant que les embolies microbiennes au ‘niveau des artères œsophagiennes sont un facteur étiologique important.

Chêne et Bazy, en 1935, relatent un cas de fistule œsophago-trachéale d’origine syphilitique, suivie de guérison.

Enfin, cette même année, Frieman et Class insistent sur la fréquence relative des ruptures de l’œsophage semblant survenir chez les syphilitiques, en particulier au cours de crises parétiques s’accompagnant de nausées et de vomissements,

A côté de toutes ces publications, sur le plan expérimental, des études ont été faites, dès 1878, par Ziemsen et Mac Kenzie. Ils tendent des œsophages prélevés sur des cadavres frais et trouvent qu'il faut un poids de 10 kilogrammes pour les rompre.

Brosch (1900), en utilisant des pressions d'eau à l’intérieur d'œsophages fraîchement prélevés, réussit une rupture linéaire siégeant {oujours au-dessous de la bifuréation de la trachée, de préférence au voisinage du cardia. De plus, il traita les muqueuses œsophagiennes avec du suc gastrique à la température du corps pendant des périodes variant de douze à quarante-huit heures, et conclut finalement que les perlorations où ruptures de l’œsophage pouvaient être dues à un phénomène actif (augmentation de la pression intraœsophagienne) ou secondaire à la digestion de la paroi rendue possible par la présence d’une ulcération.

En 1926, William et Boyd pratiquèrent des incisions linéaires dans la portion inférieure de l'œsophage sur des chiens et injectèrent des vomissements aux animaux. L'examen nécro- Scopique ne décela pas de modifications analogues à celles

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