LE TE ET ENTA
LE IONIQUE. PILASTRE d’aNGI.E
ement. (Époque grecque. Restauration.i
i. Il ne resle de l'inscription que les lettres A... 1... et 2EI. Inschriften von Pergamon, VIII3, n° 3oo.
M . Frankel la restitue ainsi : 6 Ti, ,[ip> ^ pi]„, n en argliment
pour supposer que le temple avait été primitivement consacré à Zeus. On verra plus loin que cette hypothèse
soulève des objections.
La cella avait pris une physionomie nouvelle. Le socle dont nous avons parlé supportait des pilastres adossés aux murs, et couronnés par une corniche intérieure, ornée de denticules et de palmettes; entre les pilastres, l’appareil grec disparaissait soit sous une couche de peinture, soit sous des plaques de marbre. Ni les pilastres ni la corniche ne concouraient à supporter les parties hautes de l’édifice; c'était un simple placage destiné à masquer les anciens murs endommagés par l'incendie.
En avant de la cella, la prostasis avait été complètement réédifiée : colonnes, entablement, fronton, acrotères, tout date de l'époque romaine. Pourtant une partie de l'ancien temple ayant été utilisée, l'architecte avait dû chercher à éviter les disparates , en respectant autant que possible les grandes lignes de l'édifice primitif, et même certains détails nécessaires à l’harmonie de l'ensemble; ainsi les bases des colonnes ont le même profil que le socle courant au pied du mur grec. Les colonnes, à 24 cannelures, hautes de iom,i45 environ, étaient réunies entre elles, sur les faces latérales, par des balustrades à hauteur d’appui. Elles supportaient des chapiteaux ioniques dont un exemplaire a été retrouvé en assez bon état. Il est d'un type fort original, avec son coussinet décoré sur les côtés de rinceaux se détachant en fort relief.
Si l’on se rappelle quelle fantaisie a inspiré les ornements des chapiteaux ioniques dans le portique du grand autel, on ne sera pas éloigné de croire, avec M. Bohn, que notre chapiteau romain reproduit un modèle exécuté à l'époque des Attalides, peut-être pour le temple ionique lui-même.
Nous ignorons comment l'entablement de la prostasis se raccordait à celui du temple grec; mais nous en connaissons les éléments essentiels. Il se composait d'une architrave à trois fasces, où l'on voit encore les trous de scellement qui ont servi à fixer les lettres de bronze de l'inscription dédicatoire. Au-dessus courait une frise sculptée, ornée d'aigles et de têtes de bœuf réunies par des guirlandes,
I Époque romaine. I
LA TERRASSE DU THEATRE
décor qui n'est pas nouveau pour nous, et où l'on surprend l'imitation directe d une frise connue, celle du Propylon donnant accès au sanctuaire d’Athéna Polias 1 . L'entablement se terminait par une corniche avec une rangée de denticules et une cymaise ornée de palmettes, qui avait remplacé l'ancienne cymaise grecque, beaucoup plus simple. Enfin, les fouilles nous ont rendu les acrotères du fronton 2 3 4. Ils reproduisent exactement le type des acrotères du Trajaneum, avec une exécution plus maigre et plus sèche, comme si l'ornemaniste ne s’était plus senti soutenu par Limitation directe d’un modèle hellénistique, ou avait été moins habile à s'en inspirer. En somme, les parties essentielles du temple, c’est-à-dire la façade et la proslasis , ne nous apparaissent que dénaturées par la restauration romaine. Encore fautil remarquer combien le style romain est ici pénétré des influences grecques, et avec quelle facilité il les accepte. Nous avons déjà constaté le même fait en étudiant le Trajaneum. Cette survivance des traditions helléniques en pays grec, au temps où
chapiteau du temple ioniquk. (Epoque romaine.)
l'on pouvait croire que Rome faisait prévaloir partout un style uniforme, nous paraît assez curieuse pour être signalée aux historiens de l’architecture.
La restauration du temple est datée à coup sùr par l'inscription dédicatoire. L'édifice ainsi reconstruit est consacré « par la métropole des Pergaméniens, trois fois néocore, à l'empereur César Marc Aurèle Antonin Auguste ». :i Or, le troisième néocorat de Pergame tombant sous le règne de Caracalla +, entre les années 21 1 et 217, c’est bien à lui qu’est faite la dédicace; il y porte les noms que lui avait donnés son père, l'empereur Sévère, en le créant César. Il est plus difficile de dire à quelle époque le temple grec fut construit, s'il avait été compris dans le plan de la terrasse du théâtre, ou s’il occupait l'emplacement d'un sanctuaire primitif. Nous savons seulement qu'il y avait, en avant de l'édifice, un autel sans doute plus ancien,
1. Voir chapitre VI, page 1 16. Un fragment de la frise du temple ionique est reproduit dans les Altertiimer von Pergamon, IV, pl. XXXVIII, 3.