Cf. Curtius, Die Stadtgeschichte von Athen, p
6. Alfred Croiset, Histoire de la littérature grecque, V, p. 77.
PERGA
entretient des relations amicales avec le successeur d'Arcésilas, Lakydès, et fait aménager pour lui, à l'Académie, un jardin destiné à son enseignement, le Lakydéion '. En 201, le roi de Pergame, maître d’Égineet devenu ainsi le voisin des Athéniens, fait son entrée dans leur ville; il y est reçu avec enthousiasme. A la porte du Dipylon, les prêtres et les prêtresses sont rangés en cortège solennel; on lui ouvre les temples, et on le prie d'immoler les victimes. C’est sans doute à la suite de ce voyage qu’Attale envoie aux Athéniens un ex-voto destiné à être placé sur l'Acropole. Ses successeurs se préoccupent aussi de donner à Athènes des gages de leur amitié. Eumène II construit à ses frais, au sud de l’Acropole, la stoa dont les ruines se voient encore entre l'Odéon d'Hérode Atticus et le théâtre de Dionysos 2. Près de l'agora, Attale II fait élever un portique spacieux, véritable halle de marché, composée de chambres où s'entassaient les marchandises, et d’une colonnade où se tenaient les vendeurs. Une inscription attestait que le roi de Pergame en avait fait les frais3. En témoignage de reconnaissance, les Athéniens honorent Eumène et Attale de statues colossales 4.
Erudits et rhéteurs de l'école de Pergame. Les Attalides auraient eu moins de titres à l'amitié d'Athènes, s'ils n’avaient été, dans leur propre capitale, les protecteurs des lettres et de la science. On sait déjà ce qu’avaient fait Attale et Eumène pour créer une bibliothèque capable de rivaliser avec celle d'Alexandrie. Elle était le centre d'un mouvement d’études aussi actives, aussi variées, que celles qui se poursuivaient dans le Musée fondé par les Lagides; malheureusement nous les connaissons moins bien. Les textes ne nous permettent guère de pénétrer dans la vie des savants pergaméniens ; nous ignorons s’ils avaient emprunté aux érudits d’Alexandrie leur pédantisme, leurs mesquineries, leurs habitudes de polémique, qui inspiraient au poète satirique Timon des vers irrévérencieux : « Dans l’Égypte populeuse, on engraisse des scribes, grands amateurs de grimoires, qui se livrent à des querelles interminables dans la volière des Muses ?. » Peut-être les mœurs littéraires étaient-elles plus douces à Pergame que dans la capitale des Lagides; l’aventure arrivée à un savant alexandrin permettrait de le croire. Dégoûté d’Alexandrie, le bibliothécaire du Musée, Aristarque, voulut vers la fin de sa vie émigrer à Pergame, où Eumène lui promettait bon accueil. Mal lui en prit, car il fut arrêté par ordre de Ptolémée, et mis à mort, s'il faut en croire le récit de Suidas6.
x. Diogène Laërce, IV, 60.
2. On a discuté l’identification de ce portique. M. Doerpfeld a donné de bonnes raisons pour y reconnaître celui d'Eumène. Athenische Mittheilungen, XIII, 1888, p. 100-102.
3. Corpus inscr. attic., II, 1 170. Cf. R. Bohn, Die Stoa des Kœnigs Attalos des \weiten %u Athen, Berlin, ï 883.