‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 122 sur 140 · Michaelis, Jahrbuch des arch. hist., VIII, 1893, p. i3t · texte numérisé non relu

Michaelis, Jahrbuch des arch. hist., VIII, 1893, p. i3t

L'ART

Sous Eumène II, la production artistique est particulièrement active. C’est le moment où les grands travaux, la construction de l'autel, les embellissements du sanctuaire d'Athéna Polias exigent le concours des talents les plus divers et provoquent un mouvement d'art comparable, toutes proportions gardées, à celui dont l’Acropole d'Athènes est le théâtre sous le gouvernement de Périclès. Les artistes qui appartiennent à cette période sont nombreux. Si nous ignorons malheureusement le nom du maître au génie inventif et audacieux qui a modelé l’esquisse de la Gigantomachie du grand autel, nous connaissons au moins quelques-uns de ses collaborateurs : Théorrétos, l'auteur du jeune Géant combattant contre l’aigle de Zeus, à l'extrémité de l'escalier; Dionysiadès et Ménékratès, Orestès de Pergame, un autre dont le nom mutilé doit peut-être se lire Mélanippos. Un Athénien avait aussi travaillé à la frise; mais son nom a disparu Chose digne d'attention, un de ces artistes au moins est qualifié de pergaménien, comme ce Ménas qui nous est connu par une inscription de Magnésie du Sipyle *. Il y a donc, au second siècle, des sculpteurs qui se sont formés dans la capitale des Attalides. Les régions voisines fournissent aussi leur contingent à la jeune école. Stratonicos, fondeur en bronze et ciseleur célèbre, est de Cyzique, la patrie d'Apollonis, mère d'Eumène IP; il appartient, suivant toute vraisemblance, au groupe le plus récent. Mais si l'école de Pergame peut se faire honneur d’artistes originaires du royaume des Attalides, la renommée de la grande ville hellénistique, l'importance des travaux d’art qui s’y accomplissent, attirent en Asie Mineure des sculpteurs venus de Grèce. Il en vient surtout d'Athènes, et ceux-là sont sûrs de trouver bon accueil à la cour de princes philhellènes, épris de la civilisation attique. C’est ainsique deux Athéniens établis à Pergame, Phyromakhos et Nikératos fils d’Euktémon, s’y font une réputation. II n'y a pas lieu d’accepter la date erronée de Pline qui fait vivre Phyromakhos vers 296-293, dans la 121' olympiade *. C’est bien un contemporain d’Eumène II. C’est lui qui exécute, pour le temple d’Asclépios, la statue de culte du dieu, enlevée sous Attale II par Prusias II de Bithynie. On cite aussi de lui une œuvre, statue ou bas-relief, représentant un personnage resté cher au souvenir des Athéniens, et qui personnifie encore à l’époque hellénistique l’élégance et la beauté : c’était Alcibiade conduisant son quadrige aux jeux olympi-

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