Pausanias, VIII
6. TqXtffôeu, Corpus inscr. grœc., nü 3538, cf. dans une épigramme, Anthol. pal. Append ., 9t. Pour la parenté avec les Tégéates, voir lnschriften von Pergamon, n° 1 56, et Pausanias, I, 4, 6.
Pergamos, le fils de Néoptolème et d'Andromaque , par suite, le propre petit-fils d'Achille. Ce personnage a tout Pair d'avoir été inventé pour la circonstance, car l’auteur le plus ancien qui en fasse mention est un poète de l'époque alexandrine, Euphorion de Chalcis , le bibliothécaire d’Antiochos le Grand'. Voici comment le héros épirote devient l’éponyme de la future capitale du royaume pergaménien. Eurypylos, qui a succédé à son père Télèphe en Teuthranie, soutient une guerre contre ses voisins; il appelle à son aide Pergamos, qui se trouvait alors en Épire. Le secours du petit-fils d’Achille lui donne la victoire; il fonde la ville de Pergame, et, par reconnaissance, il attribue à la cité nouvelle le nom de son allié. Pausanias avait recueilli une autre version de la légende. Pergamos aurait passé d’Epire en Mysie, et provoqué en combat singulier le roi de Teuthranie, qui, dans cette variante du récit, s'appelle Areios ; lui ayant pris ses Etats, il aurait donné son propre nom à la capitale2. A travers ces contradictions, on n’aperçoit nettement qu'une chose : c’est que la légende de Pergamos est d’origine relativement très tardive, et qu’en l'accréditant, les érudits prétendaient donner à Pergame un fondateur bien apparenté, appartenant à la famille des Eacides , celle-là même dont Alexandre le Grand se vantait d'être issu. On essayait ainsi d’associer, tant bien que mal, dans la fondation de la ville, le descendant de Télèphe et le petit-fils d’Achille3, et l’on garantissait l’authenticité de l'histoire en montrant , à Pergame , l'hérôon d’Andromaque , la mère de Pergamos. Le héros lui-même est représenté sur les monnaies, avec la légende népya|/.oçxTiVr7)ç4. Une dédicace en son honneur est gravée au-dessous d'un basrelief qui le montre avec le type courant du héros cavalier, tenant une phiale, auprès d'un arbre autour duquel s'enroule un serpent5. Avec M. S. Reinach, j’incline à le reconnaître dans un remarquable bas-relief du musée de Constantinople, trouvé près de Pergame6. Le sujet est le même, mais la composition comporte ici plus d'ampleur, en raison des figures accessoires. Un héros, vêtu seulement d’un manteau qui laisse le corps à découvert, est debout près d’un autel, derrière lequel se dresse l'arbre avec le serpent enroulé autour du tronc; il tient de la main droite la phiale aux libations. Son chien est assis au pied de l’autel. A droite un serviteur casqué et cuirassé, armé du bouclier, tient en main le cheval du héros; à gauche, une femme