‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 132 sur 140 · Cf. Ussing, Pergamos, p · texte numérisé non relu

Cf. Ussing, Pergamos, p

L'ART

décorative de la Grèce, et qui impose la représentation ou le développement d’une action unique, limitée dans le temps. Mais pour en expliquer l'apparition à Pergame, il n’est pas nécessaire de faire intervenir, comme on l’a fait quelquefois, des influences orientales Ce style est en germe dans des œuvres plus anciennes, exécutées par des artistes ioniens, et inspirées de la grande peinture attico-ionienne, témoin la frise de l’hérôon de Xanthos où le sculpteur a raconté les épisodes successifs du siège d'une ville. L’auteur de la petite frise aurait-il repris une vieille tradition ionienne, un procédé de composition emprunté à la peinture? Nous sommes tenté de le croire, sans pouvoir apporter des faits positifs à l’appui de cette opinion. Tout au moins nous voyons se manifester ici très nettement des principes de style qui seront adoptés avec une singulière faveur par l’art gréco-romain de l’époque impériale. Il est à peine besoin de rappeler quel parti en tireront les sculpteurs de la colonne Trajane, pour figurer toute l'histoire des campagnes contre les Daces. Il n’y aura plus là de ces coupures qui, dans . la frise de Télèphe, divisent les épisodes; la composition se déroulera d’un seul tenant, sans interruption, sans que rien vienne en rompre la continuité 1 2. Quant à l’élément pittoresque, il paraît acquis, en l’état actuel de nos connaissances; que c’est là une nouveauté proprement alexandrine. Nous n'avons pas à rappeler longuement des faits très connus. On sait comment M. Th. Schreiber a démontré l’origine alexandrine de cette conception picturale du bas-relief, et comment il a cherché dans l’art gréco-égyptien contemporain des Ptolémées les prototypes de ces tableaux sculptés, si fréquents à Rome, où le lieu de la scène est caractérisé par un véritable décor de paysage 3. Cet élément, nous le retrouvons dans la petite frise. Le platane au pied duquel Héraclès rencontre Augé, la grotte qui abrite la lionne, sauvage nourrice du petit Télèphe, le décor architectural qui remplit le fond dans la scène de la fondation de Pergame, tout cela indique bien que l'exécution de la petite frise se ressent de l'influence alexandrine. Nous relevons là un nouvel exemple de ces pénétrations réciproques d'école à école qui contribuent à donner à l'art hellénistique son caractère d’unité.

Un curieux monument nous apprend quel parti imprévu les sculpteurs de Pergame savent tirer de cette conception nouvelle du bas-relief. Dans la partie nord du sanctuaire d’Athéna Polias, Humann a trouvé trois statuettes demi-nature, qui font certainement partie d'un même ensemble. M. Milchhœfer en a heureusement restitué le groupement, et il a reconnu que le sujet représentait la libération de Promé-

1. C’est ce qu’a remarqué justement M. Courbaud, Le bas-relief romain à représentations historiques, p. 255.

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