Cf. WickhofT, Wiener Genesis , p
3. Schreiber, Die Wiener Brunnenreliefs aus Pala\\o Grimani, Leipzig, 1888, et Die hellenistichen Reliefbilder. Leipzig, Engelmann, 1889-1893.
thée Une des statuettes est celle d‘un personnage couché, s’appuyant du coude sur un rocher, le bas du corps couvert par les plis du manteau; à en juger par l'exécution, la statuette était faite pour être vue de dos, car le travail est beaucoup plus poussé de ce côté que sur 1 autre face. Il est difficile de ne pas reconnaître dans cette figure la personnification du mont Caucase. Le personnage aux bras étendus, à la
la libération de prométhée. (Musée de Berlin.)
jambe droite ployée, est Prométhée, attaché au rocher où il subit son supplice; quant à la troisième figure, la peau de lion jetée sur la tête et sur les épaules, le geste qui est celui de l'archer décochant une flèche, désignent suffisamment Héraclès. La nature de ces statuettes est telle, que, pour restituer la composition d’une manière satisfaisante, il faut nécessairement les grouper comme on l'a fait au musée de Berlin, suivant la disposition que montre notre figure; par suite, ce groupement
i. Milchhœfer, Die Befreiung des Prometheus, 42 * Programmant Winckelmanns/este, Berlin, 1882.
L'ART
suppose un fond de rocher, où les personnages s’étageaient à des niveaux différents. Voilà donc, si l’on peut ainsi parler, un bas-relief en ronde bosse, réunissant des éléments empruntés à la sculpture et à la peinture. C’est là une application nouvelle des principes qui tendent à prévaloir d’une manière générale dans la sculpture hellénistique, et donnent naissance à ce que nous avons appelé ailleurs « les groupes pittoresques' ». En vertu de cette conception, la sculpture se rapproche de la peinture; elle élargit son domaine et s’approprie des ressources que jusque-là les peintres seuls songeaient à revendiquer : l'emploi de la perspective et des fonds de paysage, la répartition des figures sur plusieurs plans. Les écoles d'Asie Mineure adoptent avec allégresse une forme d'art qui ouvre à la plastique décorative un champ très vaste. La sculpture pergaménienne de la Libération de Prométhée évoque le souvenir d'une œuvre beaucoup plus considérable, où les mêmes principes trouvent leur application. Le groupe célèbre du Taureau Farnèse, sculpté par des artistes tralliens, Apollonios et Tauriscos, nous montre la plastique usant de ces procédés dans une œuvre ambitieuse et hardie, qui affiche un parti pris franchement pictural, et fait table rase des anciennes conventions chères à la sculpture classique.
Tandis que les sculpteurs de Pergame répudient résolument les anciennes formes de style, et se tournent avec empressement vers toutes les nouveautés, l’art attique poursuit sans bruit un mouvement de retour vers le passé. Une école de praticiens habiles, plus soucieux de l’exécution que de l'invention, s’applique à faire revivre les créations des maîtres du cinquième siècle, et cherche ses modèles dans les œuvres inspirées du plus pur atticisme. Ces artistes du second siècle préparent la renaissance néo-attique, qui va introduire en Italie tout un répertoire décoratif, emprunté soit à l’archaïsme, soit au style libre de l’école de Phidias. Entre Athènes et Pergame les rapports sont si fréquents, les artistes athéniens trouvent si bon accueil à la cour des Attalides, qu on ne doit pas être surpris de retrouver, dans un monument de provenance pergaménienne, tous les caractères du néo-atticisme. En 1896, M. Conze a eu la bonne fortune de découvrir, à quelque distance de l’agora, un beau bas-relief représentant une danseuse, aujourd’hui conservé à Constantinople, au musée impérial ottoman 1 2. En l’état actuel, il mesure 1 mètre de hauteur. Le fond est légèrement concave, et l’on en conclut sans peine que cette plaque sculptée appartenait à une base circulaire, comme celle qui décorait le basrelief figurant une Ménade, trouvé à Rome sur l’Esquilin3. Au reste, le musée de Berlin possède deux autres plaques provenant du même monument. L’une d’elles a été achetée à Smyrne en 1877; elle montre la partie inférieure d'une figure de dan-
1. Histoire de la sculpture grecque, II, p. 532 et suivantes.