Stace
6. Brunn, Gesch. der griech. Künstler, I, p. 444. Cf. Gardthausen, Augustus und seine Zeit, I, p. 963.
L’ART
ment travaillé à Pergame. De l’atelier de ces maîtres sortaient les belles pièces d’orfèvrerie qui ornaient les appartements du palais, la vaisselle d’argent qui figurait à la table royale. Il est possible d’imaginer, par comparaison, ce que pouvait être à cet égard le luxe des Attalides, fiers de leur richesse, et désireux de rivaliser avec les souverains d’Egypte ou de Syrie. Il suffit de lire dans Athénée la description laissée par Kallixénos du cortège solennel qui émerveilla Alexandrie, sous Ptolémée II, et où figuraient à profusion les vases d’or et d’argent ' ; ou bien, dans une lettre d’Aristéas, la liste des vases précieux envoyés par Ptolémée au temple de Jérusalem2; ou encore, dans Appien, l’énumération des objets qui composaient le trésor de Mithridate, coupes d’onyx montées en or, phiales, rhytons, psyktères, trônes, pièces de harnachement, le tout en telle quantité, qu’il fallut trente jours pour en dresser l’inventaire3. On peut juger par là de ce que pouvait être le trésor des rois de Pergame. Il serait téméraire de chercher à définir les caractères de la toreutique pergaménienne, et de désigner, parmi les œuvres d’orfèvrerie ancienne conservées dans nos musées, celles qui peuvent prétendre à cette origine. Pourtant, si l’on examine une des plus belles pièces du trésor de Hildesheim, la patère ornée d’une figure d’Athéna, reproduite en tête du chapitre précédent, on fera un rapprochement qui n’a pas échappé à M. Winter4. Cette Athéna assise sur un rocher orné d’une couronne de victoire fait songer à celle qui est représentée sur les monnaies de Pergame; et l’objet sur lequel elle appuie sa main semble être un de ces chénisques de vaisseau qui sont reproduits dans les trophées de la balustrade, au portique d’Athéna Polias. Si ces indices étaient concluants, la patère de Hildesheim nous ferait connaître, par un admirable échantillon, l’art des ciseleurs pergaméniens.
Comme la toreutique, l’art de la gravure en pierres fines était florissant dans la capitale des Attalides. La dactyliothèque royale renfermait une riche collection de camées, de pierres gravées, dont les plus belles pièces faisaient honneur à l’habileté des artistes qui travaillaient pour la cour. Un des maîtres graveurs du second siècle, Athénion, a certainement exercé son art à Pergame, et son style accuse une évidente parenté avec celui des sculpteurs contemporains d’Eumène 5. Un camée du musée de Naples, qui porte sa signature, montre Zeus monté sur un char à quatre chevaux, et foudroyant des Géants dont les jambes se terminent en corps de serpents”. On reconnaît là un motif inspiré de la Gigantomachie du grand autel. Le