Appien, Guerre de Mithridate, ch. X, 1 r
4. Winter, Arch. An\ciger , 1897, p. 127. Dans le travail cité plus haut, M. Pernice établit aussi des rapprochements de style entre Yemblema d’une patère d’argent de l’Antiquarium de Berlin, et des œuvres de provenance pergaménienne ; p. 29, note 12.
5. Babelon, Catalogue des camées de la Bibliothèque nationale , p. XL.
6. Furtvvaengler, Jahrbuch des arch. Inst., III, 1888, p. 2t5 et pl. 8, 19.
même maître avait exécuté un camée dont le British Muséum et le musée de Berlin possèdent des répliques en pâte de verre, malheureusement incomplètes'. Mais ces fragments rapprochés permettent de restituer la composition. Elle représentait un personnage en costume royal, debout sur un char que conduisait Athéna casquée et armée de la lance. Il est fort vraisemblable que ce triomphateur est Eumène II. Ainsi, dans l’œuvre si mal connu d’un des maîtres graveurs qui ont mis leur talent au service des Attalides, le hasard nous a conservé le morceau où était résumée l'histoire du règne le plus brillant. Le camée d’Athénion nous montre l’apothéose du prince qui a le plus contribué à embellir la résidence royale, protégé le plus activement l’art et la science, et fait de Pergame la plus opulente cité de l'Asie Mineure.
En restituant les principaux monuments de la capitale des Attalides, en essayant de définir les caractères de la civilisation qui s'y épanouit, nous pensons n’avoir rien négligé pour faire ressortir l'intérêt des notions nouvelles dont nous sommes redevables aux découvertes de Pergame. Elles nous ont révélé, avec une précision inespérée, ce qu’était une résidence royale à l’époque hellénistique, et elles nous consolent de connaître si mal les deux grandes rivales de Pergame, Alexandrie et Antioche. L'histoire des rois qui ont vraiment créé cette capitale suffirait d'ailleurs à justifier l’attention avec laquelle les fouilles ont été suivies. La prompte et rapide expansion de la puissance pergaménienne est certainement un des faits les plus curieux de cette période qu'on est convenu d'appeler celle de l'hellénisme. Cette dynastie qui compte seulement quelques rois, et qui devient la maîtresse de l’Asie Mineure, a d'humbles origines. Tandis que les Lagides et les Séleucides peuvent se réclamer d’ancêtres illustres, qui ont été les lieutenants d’Alexandre, les Attalides sont des souverains de fortune; ils ont conquis leur royaume à la pointe de l’épée; ils doivent à leur énergie, à leur habile diplomatie, la place qu'ils se sont faite à côté des plus grandes monarchies. Mais ils savent tenir dignement leur rang. Ces vaillants hommes de guerre, qui font sentir si durement aux Galates et aux Syriens le poids de leurs armes, sont en même temps des lettrés, des dilettantes, épris de la plus haute culture artistique. Ils réunissent autour d’eux toutes les ressources qui peuvent favoriser le développement de l’art et de la science, musée, bibliothèque, collections précieuses, et la petite ville mysienne d’autrefois devient un des centres les plus actifs de la civilisation grecque. Pour caractériser le rôle des Attalides, nous pourrions invoquer le souvenir des Médicis, s'il était nécessaire de chercher des
i. Furtwaengler, Jahrbuch, 1888, pl. 3, 3, (fragment de Berlin) et 1889, pl. 2, r, (fragment de Londres). Cf. p. 85.