Tite-Live, XXXVII, 20. Inschriften von Pergamon, n
LA DYNASTIE DE PERGAME
et les dromadaires arabes, fuyaient éperdûment les peltastes pisidiens et lyciens, les archers de Crète et de Carie, les cavaliers cappadociens, mêlés aux débris de la phalange syrienne. Eumène perdit 25 hommes. Cette victoire romaine lui valait un accroissement de territoire considérable. Par le traité d’Apamée (189), les dépouilles d’Antiochos étaient partagées entre Eumène et les Rhodiens. Ceux-ci obtenaient la Carie et la Lycie; les Romains reconnaissaient au roi de Pergame la possession de l'Asie Mineure depuis le Taurus jusqu’à l'Halys, c'est-à-dire la Lycaonie, la grande Phrygie et la Phrygie sur LHellespont, la Lydie, la Myliade,
Tralles et Ephèse; ils y ajoutaient, en Europe, la Chersonèse avec plusieurs places fortes. Quant aux villes grecques d'Ionie, les unes étaient libérées, les autres restaient tributaires de Pergame. Le roi de Syrie devait payer à Eumène une forte contribution de guerre. Du royaume qu’il avait reçu de son père, Eumène, écrit Polybe, « avait su faire un Etat digne de rivaliser avec les plus puissants de cette époque » '.
C'est après ces événements que, se place la période la plus brillante du règne d’Eumène. En 1 83 , après une guerre contre Prusias, où le roi de Pergame, battu sur mer, a repris sa revanche au mont Lypédron, en Bithynie1 2, la paix est à peine troublée par une courte campagne contre Pharnace. De 1 83 à 173, la tranquillité règne à Pergame, et jamais la ville n'a été plus riche ni plus prospère. Un signe manifeste de l’opulence du royaume est la beauté des tétradrachmes qu’on frappe au temps d'Eumène, d’après le type créé par les Ephésiens. Comme ceux des grandes villes d'Asie Mineure, qui adoptent ce système uniforme de monnayage, les cistophores de Pergame portent au droit la ciste mystique de Sabazios d'où sort le serpent à grosses joues, et ils ne le cèdent en rien, pour la pureté de la frappe, aux plus belles pièces d'Ephèse ou de Tralles3.
Ces années de paix, Eumène les emploie à embellir sa capitale, à réparer les désastres causés par les invasions macédoniennes et syriennes. Il fait de belles plantations au Niképhorion, saccagé par Philippe de Macédoine, et peuple de statues l'enceinte sacrée; il crée de toutes pièces la terrasse du grand autel, pour y dresser un autel monumental; il construit des portiques sur la terrasse d’Athéna, où s’accumulent de nouveaux ex-voto de victoire; il bâtit tout près de là une bibliothèque qui doit offrir aux érudits de Pergame des ressources comparables à celles