‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 25 sur 140 · Inschriften von Pergamon, n · texte numérisé non relu

Inschriften von Pergamon, n

3. Imhoof Blumer, Die Miin\en der Dynastie von Pergamon, p. 22 et suivantes, pl. IV, fig. 9-1 1 .

de la fameuse bibliothèque d'Alexandrie; il met à l'œuvre, pour décorer ces édifices, toute une école de sculpteurs et de peintres. A n'en pas douter, c'est lui qui donne à la ville sa physionomie de résidence royale; « c'est à lui, écrit Strabon, que Pergame doit la magnificence qu elle a gardée jusqu'à nos jours 1 ».

On aimerait à connaître, par des bustes ou par des statues, les traits de ce prince fastueux, ami des arts, qui fut en même temps un vrai chef d’État, car Polybe, qui le traite quelquefois durement, lui reconnaît cependant de hautes qualités, l'activité, le courage personnel, un esprit avisé et adroit. Mais les seuls documents que nous possédions sont des tétradrachmes frappés hors de Pergame, à Syros2, le monnayage officiel n’admettant, on le sait déjà, qu'une seule effigie, celle de Philétairos. Ces monnaies nous donnent au moins les caractères essentiels de sa physionomie : le nez long, les yeux enfoncés, les joues creuses, le menton un peu en retrait. Au dire de Polybe, il était d'une santé débile; mais une âme énergique soutenait ce corps usé de valétudinaire.

Après l'année 173, commence pour Eumène une série de déboires. C’est le moment où Persée prépare cette guerre de Macédoine qui doit le conduire à Pydna. En allié fidèle, le roi de Pergame est venu en personne à Rome pour dénoncer les intrigues de Persée; mais pendant son voyage de retour, il tombe dans un guetapens préparé par le Macédonien. Il montait à Delphes, pour sacrifier à Apollon, et suivait l’âpre chemin qui, au-delà de Cirrha, grimpe vers la ville sainte; son escorte s'était éparpillée en une longue file. A un détour du sentier, au passage le plus étroit, des bandits apostés par Persée font rouler sur lui des blocs de rocher, qui le renversent tout sanglant dans le chemin. Ses gardes se sauvent; seul le stratège des Étoliens, Pantaléon, le protège et le défend3. On le transporte à Egine; mais le bruit de sa mort se répand et son frère Attale peut se croire un moment l'héritier de la couronne.

Pendant la guerre macédonienne, Eumène joua-t-il un double jeu? Engagea-t-il réellement des négociations avec Persée, sans lui garder rancune du guet-apens de Delphes? Polybe et les historiens romains l’affirment. Ce qui est certain c'est qu’après 168, il est en pleine disgrâce à Rome, et apprend à ses dépens que la puissante République a parfois la main lourde pour ses protégés. Un moment le Sénat songe à le déposséder de ses États au profit de son frère Attale, et les Romains le voient sans déplaisir aux prises avec les éternels ennemis de Pergame, les Galates. Quand ils se décident à envoyer un commissaire, P. Licinius, celui-ci se borne à constater que les Galates sont en effet très excités. L'énergie d'Eumène, et le courage de son plus jeune frère, Philétairos, le tirent de ce mauvais pas.

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