Puchstein, Jahrbuch des arch. Inst., XI, 1896, p
2. D après une correction au texte de Pausanias heureusement suggérée par M. Puchstein qui lit toü 8= £71! r/j — foGucsi itepfpexpoç Ixocrôv (au lieu de Ixocaiou) ttoûeç 8ôo xat Tptâxovxa.
De même on a retrouvé à Néandria les restes d’un autel de pierre, de forme quadrangulaire, qui était un autel de cendres , car l’intérieur était rempli de cendres et d’ossements. Koldewey, Néandria, ôl« Programm %um Winckelmannsfeste, 1891, p. 29.
4. Elle est due à M. Koldewey, et elle est reproduite dans l’article cité de M. Puchstein, Jahrbuch, XI, 1896, p. 76, 77. Cette restauration diffère totalement de celle qu’ont adoptée Doerpfeld et Borrmann, Olympia, Baudenkmaeler, II, p. 161, pl. CXXXII.
5. Hans Schrader, Die Opferstütte des pergamenischen Altars, Sit^ungsberichte der k. preuss. Akademie der Wissenschaften \u Berlin, XXXIII, 1899, p. 612 et suivantes.
Le musée de Berlin possède plusieurs morceaux d'un entablement ionique en marbre blanc, trouvé dans le voisinage du grand autel, et parmi des fragments d’architecture qui en faisaient certainement partie. L'intérêt de ces morceaux n'avait pas échappé à l’auteur de notre restauration, qui avait pu les voir et restituer l’entablement. On peut aujourd'hui, avec toute certitude, y reconnaître des fragments de l'autel. L'entablement, très riche, mesure une hauteur totale de om,8c), et comprend les éléments suivants. i° Une architrave ionique à deux fasces, haute de om,37, et que couronne une cymaise lesbienne très élégante, ornée de rangs de perles et de rais de cœur. Au-dessus d'un listel plat, court une cymaise ionique décorée d'oves, avec une moulure creuse où alternent des fleurs de lotus et des rosettes. 2° Une frise et une rangée de denticules mesurant ensemble om,29 de
l'autel des sacrifices, fragment de l’entablement. (État actuel.)
hauteur. La frise a la courbe d’une cymaise; elle offre un riche décor de palmettes alternant avec des fleurs au calice évasé comme des lotus; fleurs et palmettes sont réunies par une opulente floraison de rinceaux d’où se détachent des demi-palmettes et des tiges fleuries tordues en vrille. 3° Une corniche et une cymaise, la première sans ornements, la seconde rehaussée de rinceaux et de tètes de lion qui n’ont évidemment qu'un rôle décoratif, puisqu'il ne saurait être ici question de chéneaux pour l'égouttement des eaux. Que cet entablement, si bien d'accord pour le style avec l'ordre des portiques, soit celui de l’autel des sacrifices, cela ne paraît pas douteux. Nous sommes donc autorisé à restituer l’autel comme l’a fait M. Schrader : une construction rectangulaire, à noyau plein, revêtue sur ses quatre faces d'un mur de marbre, au pied duquel courent des moulures formant socle, et que couronne un entablement ionique, se projetant en forte saillie ’. C'est bien là la xpïiîïi'; dont parle Pausanias. Si celle d'Olympie était en pierre, celle de
j. Cf. la fig. 3, p. 626, du mémoire de M. Schrader.
LE GRAND AUTEL
Pergame témoignait d’un luxe beaucoup plus grand pour le choix des matériaux, et sans doute aussi pour le décor.
Il faut maintenant chercher comment se complétait l’autel, et quelle place il convient de faire aux autres éléments que mentionne le périégète dans l'autel d’Olympie : i° les escaliers latéraux; 2° \ap?'othysis où. se faisait le sacrifice; 3° l’«®^«p* de cendres où l’on brûlait les cuisses des victimes. M. Schrader a fait une observation dont il faut tenir grand compte. Parmi les débris de l’entablement ionique, il y en a un qui ne peut provenir que d'une ante, car il avait deux retours d’angles. Des deux faces latérales, celle de droite était travaillée comme le reste de l'entablement; l’autre offre la continuation des mêmes moulures, mais cette fois lisses et sans
ornements. Il faut donc admettre que la partie restée lisse était en retour sur un mur d’escalier peu en vue, et que par suite le massif de la crépis était entaillé par des marches. M. Schrader place ces deux escaliers sur la face orientale, qui formait le revers de l'autel. On voyait ainsi, sur la face principale, qui est celle de l’ouest, se développer sans interruption le riche entablement ionique; il n'était coupé par det tranchées d’escalier que sur la face la moins apparente. Nous avons adopté le principe de cette restitution, en la modifiant un peu, et pour suivre de plus près le texte de Pausanias, nous avons placé les deux escaliers non pas à l'ouest, mais au nord et au sud, c’est-à-dire sur les deux faces latérales [il bu mpaç tÿ.ç wXsup àç). Il y avait cependant une difficulté que M. Schrader passe sous silence. Si les moulures lisses se prolongeaient sur toute la longueur des parois de l’escalier, ne risquaient-elles pas, en raison de leur forte saillie, de diminuer singu-
lièrement l’ouverture de l’escalier dans la partie supérieure? Pour parer à cet inconvénient, nous proposons de ne placer les moulures que sur une faible partie du mur. Elles auraient seulement couronné une ante disposée en retour d’angle, à une hauteur où elles ne pouvaient pas gêner ceux qui gravissaient l'escalier. Au delà des antes, les marches montaient entre deux simples murs d’échiffre.
Nous voici sur la plate-forme. Entre les deux escaliers règne un palier, qui se prolonge par un espace libre. C'est la prothysis , où s'accomplit la cérémonie du sacrifice. Reste à trouver la place de Vè<r/i? a.
Nous sommes ici d’accord avec M. Schrader qui la place en avant de la plateforme, sur le bord occidental. Il fallait en effet que l’èc yAçct fût bien en vue, et que, pour les spectateurs placés au pied du grand escalier monumental, elle couronnât la crépis de marbre. C’est donc là que nous restituons le massif de cendres, entouré d'une seconde crépis qui en contient pour ainsi dire les
LE GRAND AUTEL
fondations; car à mesure que s'accumulent les cendres, soigneusement pétries et tassées', le massif s'élève graduellement. On peut même admettre qu'ici, comme à Olympie, elles forment un noyau solide où sont entaillées des marches; le prêtre les gravit pour brûler sur la plate-forme supérieure les cendres des victimes. Nous reconnaissons que, sur bien des points, notre restitution est conjecturale. Ce qui est sûr, c'est que l'autel était construit en marbre et enrichi d'un enta-
l’autei, des sacrifices, plan restauré.
blement où l'on n’avait pas épargné le travail*. Ainsi conçu, il avait un caractère vraiment monumental, et une telle ampleur le mettait en harmonie avec les proportions du soubassement, avec l’opulente architecture qui l'entourait1 2.
Pausanias nous apprend qu'à Olympie l’accès de l'autel était soumis à certaines prescriptions. Les femmes et les jeunes filles pouvaient monter jusqu’à la prothysis; les hommes seuls avaient le droit de gravir les marches conduisant
1. C’est l’opération de la xoviici; décrite par Plutarque, De defectu oraculorum, 41.
2. Notre restauration donne à la crépis une hauteur de 3“, 80, et à la plate-forme une superficie de 14 mètres sur 9'",5o, entablement compris. M. Schrader lui donne 14 mètres sur 7, et rappelle que l'autel d'Athéna, à Priène, mesurait 1 3ra,26 sur 7“*, 12.
à la plate-forme supérieure. Nous ignorons quel était à Pergame le règlement religieux. Mais il est permis de croire que l'autel était défendu contre la curiosité banale ou indiscrète des visiteurs qui allaient et venaient sous les colonnades des portiques. Admettre qu'il était entouré d’une balustrade est une hypothèse qu’autorisent plusieurs exemples. On isolait ainsi dans les temples les statues de culte; à Olympie, des barrières (èp^-ara) entouraient le dallage qui formait autour de la statue de Zeus comme un parvis sacré1 2; à Priène, une balustrade couverte de bas-reliefs à l'intérieur régnait autour de la statue d'Athéna Poliash Nous pouvons donc invoquer des précédents pour justifier sur ce point notre restauration. Nous pensons qu'une balustrade délimitait, sur la plate-forme, l'enceinte sacrée de l’autel et la fermait. Nous la supposons continue, comme la montre notre dessin dans le texte, et ouverte seulement sur la face ouest, qui est le côté de la façade de l'autel. Quant à la décoration de cette balustrade, nous l’étudierons plus loin; la question se rattache étroitement pour nous à celle de la place qu’il convient d'assigner à la petite frise.
La grande frise de la Gigantomachie. Nous revenons au soubassement pour y suivre le développement de la grande frise dont la découverte nous a révélé comme une page nouvelle de l'histoire de l'art grec. Elle a rapidement conquis la célébrité. Les moulages, les reproductions graphiques en ont rendu populaires les principaux morceaux; tous ceux qui ont visité le musée de Berlin ont gardé le souvenir de l'imposante série de bas-reliefs qui occupe la Rotonde et la salle assyrienne. Après les études nombreuses dont la Gigantomachie a été l’objet, notre tâche se trouve très facilitée, et, pour l’ordre général de la composition, nous trouverons un guide très sùr dans la description qu’en a donnée M. Puchstein 3.
Mis bout à bout, les morceaux conservés à Berlin mesurent une longueur d'environ 120 mètres. Il y a de nombreuses lacunes. Mais il est facile de calculer les dimensions primitives de la frise, puisqu’elle se déroulait tout autour du soubassement, y compris les deux faces en retour d’angle de la tranchée où s’ouvrait 1 escalier; on arrive ainsi à une longueur totale d'environ i3o mètres. Taillées dans un marbre cristallin légèrement teinté de bleu, les dalles ont une hauteur
1. Pausanias, V, 1 1, 4. Murray, A then. Mittheilungen, VII, p. 274.