‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 50 sur 140 · Wolters, Jahrbuch des arch. Inst., I, 1886, p · texte numérisé non relu

Wolters, Jahrbuch des arch. Inst., I, 1886, p

3. Beschreibung der Skulpturen aus Pergamon, I, Gigantomachie, Berlin, 1 89 5. Cf. les études antérieures de Puchstein, S it^ungsberichte der berl. Akademie, 1888, p. 1 23 1 ; 1889, p. 229. Nous avons indiqué ailleurs la bibliographie de la question, Hist. de la sculpture grecque, II, p. 517 et suivantes.

LE GRAND AUTEL

de 2m,3o, avec une largeur qui varie de om,6o à im,io. Nous avons donné plus haut le dessin de la décoration architecturale qui servait de cadre à la frise; c’est là qu on a relevé des inscriptions, marques d assemblage, noms de personnages, signatures d artistes, qui ont souvent servi de points de repère pour restituer l'ordre des dalles'. En général les noms des dieux sont gravés sur la cymaise; ceux des Géants occupent le bandeau inférieur.

Le mythe cosmogonique mis en scène par les sculpteurs de la grande frise avait maintes fois inspiré 1 art et la poésie des Grecs. En des vers magnifiques, Hésiode avait décrit cette lutte prodigieuse de 1 Olympe coalisé contre les Géants, êties redoutables et monstrueux, nés de Gaea et d Ouranos; conflit suprême, qui met aux prises les forces déchaînées de la nature, et les formes supérieures de la vie personnifiées par les dieux, auxquels s'associent les éléments bienfaisants. « La tene féconde brûle en frémissant; les vastes forêts éclatent; tout bouillonne, et la terre entière, et les courants de 1 Océan, et la mer immense. Autour des Titans infernaux se répand une vapeur étouffante, un air embrasé; leurs audacieux î égards sont éblouis, aveugles par les lueurs de la foudre... En même temps les vents soulèvent d épais tourbillons de poussière, et les transportent, avec les éclaiis et les tonnerres, ces armes du grand Zeus, avec les clameurs et le tumulte de la bataille, au milieu des deux armées 1. » Depuis ce temps, combien de fois 1 art giec n avait-il pas traité ce sujet dramatique, soit en sculpture, soit en peinture! Et faut-il rappeler quel emploi en avait fait la sculpture monumentale, depuis la fiise du Trésor des Cnidiens à Delphes, jusqu’aux métopes du Parthénon3? Pourtant, si rebattu que fût le sujet, les artistes de Pergame avaient su lui imprimer un remarquable caractère de nouveauté. L’étude de la frise nous apprendra par quelles ressources de style ils y avaient atteint. Mais il faut remarquer dès maintenant qu ils n avaient pu renouveler un thème aussi vieilli, le traiter avec une ampleur aussi extraordinaire, sans faire appel aux moyens que la critique érudite mettait à leur disposition. C’est en effet toute l'armée des dieux, tout le ban et 1 arrière-ban de la troupe des Géants qu’ils ont mobilisés, et ils l’ont fait en gens soucieux de 1 exactitude mythologique. M. Puchstein remarque très justement que certaines parties de la frise concordent avec le récit de la Gigantomachie tel qu on le lit dans Apollodore; c'est certainement à des sources alexandiines que les sculpteurs ont emprunté ces noms de Géants qui apparaissent ici pour la première fois. Ils se sont donc adressés à des sources littéraires et critiques, et, soutenus par une réelle érudition mythologique, décidés à renouveler

1. Voir Puchstein, Sit^ungsberichte der berliner Akademie, 1888 et 1889; Beschreibung, p. Les inscriptions sont réunies dans les Inschriften von Pergamon, VIII n« 70-128.

Page 1