ENTRÉE DE L’ACROPOLE
2m,i5, et percé de deux poternes. Celle de l’ouest, dont les assises inférieures sont bien conservées, est presque carrée ', et offre du côté sud une remarquable épaisseur de murs. La porte de cette tour s’ouvrait au nord, sur une petite plate-forme dallée. On voit encore le long du mur nord un réservoir qui servait à recueillir les eaux de pluie tombant du toit, et la longue rigole par où elles s'écoulaient. A la tour orientale était contigu un autre édifice, divisé en plusieurs étages. Il ne subsiste que le rez-de-chaussée, situé en contre-bas du sol de la cour; il était voûté. Cette construction avait reçu un décor architectural très soigné, si l'on en
i. Elle mesure 9”, 36 sur S™, 32. Une héliogravure des Altertiimer von Pergamon (II, pl. XX donne une idée très exacte de cette partie de l’Acropole.
LE SANCTUAIRE D'ATHÉNA POLIAS NIKÉPHOROS
IOI
flanquaient la porte de 1 Acropole; elle se trouvait en relation étroite avec le Propylon du sanctuaire. C était, à vrai dire, une cage d'escalier, dont on comprendra la nécessité quand nous décrirons le Propylon.
Si 1 on songe que 1 entrée de l’Acropole donnait accès à un sanctuaire et aux palais royaux, on se rend compte qu'elle exigeait une surveillance assidue. Les tours de l'est et de l’ouest étaient certainement des ouvrages de défense. On replace volontiers là les corps de garde, les postes de soldats royaux, les vigies chargées de surveiller la plaine que, de cette hauteur, le regard embrasse dans toute son étendue. Une porte de citadelle, une cour étroite, encaissée entre de hautes mu-
PLAN COTÉ DU SANCTUAIRE d’aTHENA POLIAS. (État actuel.)
juge par une frise de triglyphes qui en provient. Mais il est assez difficile d'en déterminer la destination.
A l'édifice voûté s’appuyait, du côté nord, une construction rectangulaire, formant, avec la tour de l’ouest, l’angle droit où était placé le réservoir d'eau dont nous parlions tout à l'heure. Pourtant elle était indépendante des bâtiments qui
railles, dominée par des tours de guette, tel était donc l'aspect que présentait l'entrée de l'Acropole. Aujourd'hui encore, en dépit des murailles ruinées et démantelées, il est difficile de gravir le dallage en pente de la cour sans être frappé très vivement de ce caractère d'austérité; nulle part ailleurs on n'évoque plus facilement le souvenir de la puissance militaire qui assura l’étonnante fortune de l'État pergaménien.
Plus loin, l'aspect changeait. A l'ouest de la cour, on était de plain-pied avec un Propylon monumental, et quand on l'avait franchi, on se trouvait sur une terrasse spacieuse, irrégulière, fermée au nord et à l’est par deux beaux portiques, ouverte sur les deux autres côtés. C'était le sanctuaire d’Athéna Polias; les portiques en formaient le péribole. La vue d'ensemble placée en tête de ce chapitre est prise au point de jonction des deux portiques; elle fera comprendre la disposition de la terrasse, sa situation privilégiée, l’ampleur du paysage qui l'entoure, la profondeur de la perspective ouverte sur les vallées du Caïque et du Sélinus.
Au sud et à l'ouest, le mur de l'Acropole formait les limites de la terrasse. Du côté ouest, qui fait face à la vallée du Sélinus, il suivait le contour du plateau, creusé en arc de cercle, et se dressait au-dessus du théâtre. Quand Eumène II remania le sanctuaire d'Athéna, il fallut consolider l’ancien mur. Il était en quelque sorte à trois pans, en raison de l'angle obtus que dessinait en cet endroit le rebord du plateau. On doubla les deux pans latéraux au moyen de piliers, larges de i m , 64 , séparés par des intervalles de 2m,6o à 3m,25, et réunis au sommet par des arcs en plein cintre. Il y a huit de ces piliers sur le pan sud, et neuf sur le pan nord. Deux sont encore intacts à l'angle sud-ouest. Ils soutiennent une tour byzantine à demi ruinée, dont la silhouette déchiquetée se voit de très loin, mettant un accent de vigueur au relief de l’Acropole. Elle marque exactement le sommet de l’angle aigu que la terrasse dessine de ce côté. Les ruines du temple d'Athéna Polias en sont très voisines.
Le temple d’Athéna Polias. Le culte d'Athéna était certainement établi de longue date à Pergame. La légende officielle en attribuait la fondation à Augé. C’est la mère de Télèphe, jadis prêtresse d'Athéna Aléa à Tégée, qui aurait consacré un sanctuaire à la déesse sur l'Acropole de la ville mysienne'. Il est tout au moins probable que le temple possédait une vieille statue de culte, un Palladion, attestant que la déesse était depuis longtemps honorée sur l'Acropole. Plusieurs monnaies de Pergame montrent une Athéna de style archaïque reproduisant sans doute l'ancienne idole conservée dans le temple. Sur des monnaies d'or du British Muséum et du Cabinet des Médailles, on voit au