Ibid., n
les officiers et les soldats qui avaient guerroyé avec lui contre les Galates'. Ils admiraient un ex-voto d'Attale Ier, rappelant la mémorable victoire remportée près des sources du Caïque sur les Galates Tolistoages, et à la suite de laquelle il avait pris le titre de roi2. Mais rien ne pouvait provoquer plus de commentaires que le grand monument triomphal élevé par Attale après la longue série des combats livrés aux Galates et à Antiochos Hiérax, rudes et glorieuses campagnes heureusement terminées en 228 par des succès décisifs.
Nous devons nous arrêter à ce monument triomphal, le plus considérable parmi tous ceux qui se pressaient dans le sanctuaire d’Athéna, et celui dont nous pouvons peut-être le mieux prendre une idée approximative3. Les fouilles ont mis au jour les débris d’une grande base, qui se composait d'un noyau plein, revêtu de plaques de marbre bleu. On a retrouvé huit de ces plaques, hautes de om,65 et de largeur variable, portant des inscriptions4. Or, M. Fraenkel a reconnu que l’une de ces inscriptions est la dédicace générale de l’ex-voto : « Le roi Attale a dédié à Athéna ces témoignages de reconnaissance pour les combats livrés pendant la guerre »5 6. Les autres inscriptions énumèrent, un par un, les faits de guerre qui marquent les étapes de la longue lutte soutenue contre les Galates et Antiochos Hiérax, par Attale devenu roi de Pergame : la bataille livrée dans la Phrygie de l'Hellespont, celle de l'Aphrodision, le second combat près des sources du Caïque, la victoire remportée sur les Selgiens et Antiochos, la défaite de Lysias et des autres généraux d'Antiochos, le combat du lac Coloé, la déroute finale de l'Epervier en Carie". Chaque victoire était donc l’objet d'une mention spéciale, tandis que la dédicace d'ensemble résumait tout. Sur l'une des plaques, on lit la signature de l'artiste qui avait exécuté les statues composant l'ex-voto : ’Eiwyjovou Ë[pya « œuvres d’Epigonos » 7 8 .
L'auteur du monument triomphal. Epigonos, est certainement un des maîtres qui représentent avec le plus d'éclat, au temps d'Attale, l’école pergaménienne. Suivant toute vraisemblance, c'est lui dont le nom figure, dénaturé par une erreur de copiste, dans le passage où Pline énumère les artistes qui ont représenté les combats des Attalides contre les Galates : Isigonos, Phyromachos, Stratonicos, Antigonos*.
1. Inschriften von Pergamon, V III1, n° 29. Le même Epigéncs avait aussi consacré une statue à Attale Ier; ibid. , n° 3o; dédicace métrique.