Ibid., nM 3i et
3. « Epigonus... prœcessit in tubicine et matri interfectae infante miserabiliter blandiente » Pline, Nat. Hist., XXXIV, 87.
4. Pour l’historique de la statue, et les interprétations dont elle a été l'objet, voir Helbig, Guide dans les musées d'archéologie classique de Rome, traduction de M. Toutain, I, n" 533. S. Reinach, Les Gaulois dans l'art antique, p. io et suivantes.
gladiateur blessé à mort, revoyant « sa hutte sauvage au bord du Danube » qu'on reconnaîtrait un jour avec une quasi-certitude, dans le prétendu Dace, le trompette galate d’Épigonos? Il a fallu la perspicacité de Nibby, de Raoul Rochette, de Longpérier, de Brunn1 2, pour rendre d'abord au soi-disant gladiateur sa nationalité gauloise, le rattacher ensuite au groupe des sculptures pergaméniennes et conclure enfin que cette statue est une copie d’un bronze qui figurait dans l’exvoto d Attale. C’est en effet un Galate, bien reconnaissable à sa haute stature, au torques d’or qui orne son cou, à son visage rasé, sauf la lèvre supérieure qui a gardé la moustache tombant au coin des lèvres; à sa chevelure drue, divisée en
mèches qui semblent raidies, et se hérissent sur le front comme une crinière. Ce signalement, si l'on peut ainsi parler, répond trait pour trait au passage souvent cité où Diodore de Sicile décrit les Galates « à la stature élevée, à la peau humide
ti:te du gaulois mourant du capitole. (Face et profil.) et blanche » OÙ
il note, comme
un tiait caractéristique, leur chevelure blonde, qu’ils enduisent d une pommade de mai ne, et relèvent sur le front « de sorte qu elle leur donne un aspect semblable à celui des Satyres et des Pans »3. C’est bien un tubicen, car voici à ses pieds la trompe de guerre qu’il embouchait pour sonner la charge. Percé d'un coup d épée qui lui a fait au flanc droit une large blessure saignante , il est tombé sur son bouclier, et maintenant, appuyé sur le bras droit, la tête penchée, il attend la mort; mais son visage de rude soldat, où éclate toute la