VASE EN MARBRE PROVENANT DE PERGAME
(Musée du Louvre.)
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thèque Nationale , nous avons trouvé une relation assez étendue de son voyage avec le relevé de toutes les ruines qu'il avait pu voir. Voici en quels termes Huyot décrit l'Acropole :
« Dans la citadelle est le temple de Minerve, dont il reste de vastes fondations d’un bel appareil en grande pierre <; il y a de vastes citernes ou conserves d’eau. Il paroît que la ville, qui étoit originairement située sur cette coline, avoit une triple enceinte. La première pouvoit être sur le bord du fleuve; la seconde se voit encore en B, et la troisième, qui enfermoit l’Acropolis, en A. On voit encore grand nombre de substructions en C, toute construction en pierre grise de la montagne. On voit des tronçons de colonnes doriques, dont les cannelures sont plates sans être évidées. Le temple de la citadelle est corinthien, et ne peut être attribué qu’à Hadrien »
Si nous transcrivons cette description inédite, c'est qu'elle montre bien, comment, depuis Choiseul-Gouffier, les notions relatives à l'Acropole royale étaient restées stationnaires; ce sont les mêmes erreurs, c'est la même insuffisance de renseignements. On comprend que, dans une exploration plus récente, de 1 833 à 1837, Texier n'ait pas été beaucoup plus heureux que ses devanciers". Ses études ont porté surtout sur les ruines de la ville basse, sur les ponts romains, sur les voûtes du Sélinus; quant à l’Acropole, il n'en donne qu'un plan inexact, où la configuration du plateau supérieur n'est pas même fidèlement reproduite1 2 3 4 5.
Texier eut au moins l'intention de rapporter en France un souvenir de son voyage à Pergame. 11 avait, comme ses devanciers, vu dans un bain turc le beau vase de marbre décoré de sculptures qui est aujourd'hui conservé au Louvre dans la salle de Magnésie du Méandre; c’est une œuvre soignée de l'époque romaine, ornée de figures en relief représentant une file de cavaliers lancés au galop qui exécutent une course aux flambeaux, ou lampadodromie* . On lui en avait raconté l’histoire. L’émir Karasi, qui fut dépossédé du domaine de Bergama par l'invasion des Turcs Seldjoucides, en 1 336, avait laissé des descendants. L'un d eux, Kara- Osman, vivait retiré aux environs de Bergama, sous le règne du Sultan Mourad I. 11 découvrit trois grands vases de marbre, remplis de pièces d’or, et envoya les deux plus grands au Sultan qui, en échange, lui rendit le fief de Pergame. Ceux-ci furent placés dans la mosquée de Sainte-Sophie, où ils servent aux ablutions. Quant au troisième, Kara Osman le donna à l'un de ses serviteurs, avec le bain où il fut déposé. Spon l'avait déjà remarqué. Choiseul-Gouffier, à son tour, y prêta attention, et en offrit 10,000 piastres. Texier en négocia l’achat pour la somme de 25,000 francs;