‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 81 sur 140 · Helbig, Guide, trad. Toutain, II, n · texte numérisé non relu

Helbig, Guide, trad. Toutain, II, n

2. Nous devons la communication de ces photographies à M. Th. Schreiber, à qui nous exprimons ici tous nos remerciements. La tête du Galate Ludovisi a été déjà reproduite, d’après le même document, dans les Mittheilungen des arc h. Inst., Roemische Abtheilung, X, 1 8g5, pl. II, et dans le travail déjà cité de M. Schreiber, Der Gallierkopf, p. 8, fig. 3 et 4.

LE SANCTUAIRE D’ATHÉNA POLIAS NIKÉPHOROS

d’Attale. Une troisième est perdue, mais nous la connaissons par les textes : c’est l’enfant caressant sa mère morte, mentionné par Pline. Là aussi, on devine un épisode d'une déroute, et l'hypothèse de M. S. Reinach, qui imagine une mère gauloise étendue sans vie avec son enfant, nous paraît pleinement justifiée1. Si nous ne possédons aucune copie du groupe, on verra plus loin que le motif avait passé, légèrement modifié, dans une autre série de sculptures pergaméniennes, dans l’exvoto qu'Attale II avait offert aux Athéniens.

Un sculpteur de la jeune école l’avait repris, pour en faire une Amazone morte.

Est-il permis d’aller plus loin encore, et de restituer au groupe de la terrasse d'Athéna d’autres morceaux disséminés dans les musées?

Cela est au moins possible à titre d'hypothèse. Le musée de Dresde possède une statue restaurée en gladiateur mourant et dont le torse seul est antique ; mais l’artiste moderne semble avoir vu juste pour le mouvement, en restituant un personnage blessé, tombé sur le sol, et s appuyant sur le bras droit2. Pour l’exécution naturaliste du nu, le torse de Dresde est bien de la même école que le Gaulois capitolin. Il n'est donc pas téméraire de dire que nous avons là une seconde statue de Gaulois blessé, à

(Musée de Dresde.)

1. S. Reinach, Revue des études grecques, VI, 1894, p. 37-44.

2. Nous devons à l’obligeance de M. G. Treu une bonne photographie de ce torse déjà reproduit par S. Reinach, Les Gaulois dans Part antique, p. 25, fig. 10. La statue restaurée est gravée dans Leplat, Recueil des monuments antiques qui se trouvent dans la galerie du roi de Pologne à Dresde, pl. LXXIX. Cf. S. Reinach, Répertoire de la statuaire grecque et romaine, I, p. 53 1, pl. 872. M. Furtwaengler a soutenu l’origine pergamémenne du torse de Dresde, Berliner phil. Wochenschrift, 1891, p. 1 i93.

laquelle on peut assigner une place dans l'ex-voto d'Attale. Si le rythme de la composition exigeait qu’au tubicen répondît une figure ayant même attitude, le torse de Dresde pourrait être un fragment de celle-là.

En poursuivant cette enquête, M. Petersen a rapproché du Gaulois capitolin et du Gaulois Ludovisi une tête conservée au Vatican, dans le musée Chiaramonti 1 ; c est celle que nous reproduisons ici. A voir 1 expression tourmentée du visage, le regard dirigé vers le haut avec une expression d’effroi, on admet volontiers que la statue à laquelle appartenait cette tête était celle d’un combattant terrassé. La chevelure longue, hérissée sur le front, indique un Galate ; la barbe courte et touffue n'est point un indice contraire, car nous savons, par Diodore, que les Galates la portaient quelquefois ainsi, surtout dans les classes inférieures; c’étaient les nobles qui se rasaient les joues2. M. Petersen en a conclu, non sans vraisemblance, que la statue pouvait fort bien représenter un Galate de moindre condition, un écuyer, ou un conducteur de char. Celuilà n’aurait pas la fière attitude des combattants; il serait tombé vaincu et suppliant. Enfin, il est assez légitime de se demander si, parmi les statues tête de gaui-ois du musée du Vatican. (Face et profil.) de l’ex-voto, quel-

ques-unes ne représentaient pas des combattants grecs, des soldats de l'armée d'Antiochos ou des Macédoniens. M. Petersen s’est posé la question, sans pouvoir d’ailleurs la résoudre autrement que par de séduisantes hypothèses. Il y a au British Muséum et au musée de Naples deux têtes de type franchement grec, et dont l’expression violente, presque furieuse, fait immédiatement penser à des combattants3. Poulie style, elles sont de la même famille que celles des Gaulois capitolin et Ludo-

1. Petersen, Testa di Gallo, Mittheil. desarch. Inst., Roemische Abtheilung, X, 1895, p. 126-137, pl. II.

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