Plutarque, Sur la Fortune, p. 99. E
là où ils ont été trouvés. Ils étaient disposés symétriquement au fond de la cour du temple, et se faisaient pendant. Celui de l’ouest est l’exèdre dont nous donnons ci-joint le plan et la face, avec les détails du profil '. Elle est supportée par un soubassement en forme de demi-cercle, avec trois degrés, assez larges sur la façade, réduits sur le pourtour à des marches plus petites n’ayant que om,o8 de largeur. Sur le soubassement pose un socle demi -circulaire, large de im,40, décoré de belles moulures d’un caractère architectural. Le revers du socle projette une légère saillie, sur une longueur de im,6o. A l’intérieur court un banc de marbre. Les trous de scellement qu’on observe sur la plate-forme du socle permettent d’y restituer des statues de bronze. L’exèdre était donc à la fois un siège commode aménagé pour le repos, et un piédestal pour des œuvres d’art; c est ainsi qu’à Priène les bases des statues et des monuments dressés sur l'agora étaient souvent garnies de sièges qui invitaient les promeneurs à couper de haltes leur flânerie désœuvrée. Nous savons à quelle date fut construite l'exèdre. Une inscription gravée au milieu du socle indique qu'elle a été dédiée par « Attale, fils du roi Attale », c’est-à-dire par le successeur d'Eumène, Attale II -. Le monument placé à l’est du temple avait la même destination; mais ici, le soubassement a une forme quadrangulaire, et supporte un Socle qui se développe sur trois côtés du carré. Les trois faces du banc étaient à angle droit; deux degrés donnaient accès à la plate-forme. Comme celui de l'exèdre, le socle avait servi de piédestal à des statues de bronze.
Si ces deux monuments ont été transportés et restitués dans la cour du temple, il est permis de croire que les architectes romains n’avaient pas été les chercher très loin. On a même pu supposer que l’exèdre avait été rétablie à sa place primitive, comme un souvenir de l'ancienne royauté de Pergame. Dès lors, ce monument nous fournirait une indication intéressante sur ce qu’était à l'époque royale cette partie de I Acropole. Admettre qu’il y avait là une terrasse d’agrément, dépendant des palais, est une hypothèse fort séduisante. Nul endroit n’était mieux situé pour permettre d’embrasser d’un coup d'œil le paysage de Pergame, et la perspective fuyante de l’Acropole abaissant graduellement vers la plaine ses terrasses couvertes de monuments et de statues. Chose curieuse, la tradition populaire a conservé à l'éperon verdoyant qui prolonge au nord le plateau du Trajaneum le nom significatif de « Jardin de la Reine ». Savons-nous si elle ne recouvre pas un fond de vérité? Le temple romain n’a-t-il pas remplacé la terrasse ombragée d arbres, garnie de larges bancs de marbre, et peuplée de statues, où les princesses royales venaient promener leurs loisirs?
1. L exèdre a fait l’objet d'une étude d’Otto Raschdorff dans les Altertümer von Pergamon, V’, p. 57. Cf. pl. XXV et XXVII.
2. ‘ÀTjTaXo; PïuiXewç ’Att<xXou. lnschriften von Pergamon, VIII1 2, n° 168.