OBSERVATION IV
(Etienne, Archives de médecine expérimentale.)
Men..., Maria, 21 ans, ouvrière en chaussures, entre le 4er mars 4897, à la clinique de M. le professeur Spillmann. 2 Mo
=— ÀS —
Nous relevons dans les antécédents personnels de l'impe tigo dans la première enfance et une fièvre continue en 1895 ; bien remise de cette maladie elle tousse depuis six mois.
Perte de l'appétit. Diarrhée. Sueurs abondantes pendant la nuit.
Etat actuel.— Malade bien conformée, mais de constitution délicate ; tempérament lymphatique. Douleurs généralisées.
Appareil respiratoire. — Exagération des vibrations au sommet droit. Abolition des vibrations à la base droite. A la percussion on trouve en avant une légère diminution de sonorité au sommet droit. Et, en arrière, matité dans la fosse sus-épineuse, puis de la pointe de l'omoplate jusqu'à la base. A l’auscultation au sommet droit, inspiration saccadée, expiration prolongée, quelques craquements. En arrière mêmes signes. Au sommet, puis au-dessous de la pointe de l'omoplate, abolition du murmure vasculaire et souffle pleurétique doux.
Appareil circulatoire. — Souffle systolique. Frottements dans la région méso-cardiaque.
5 mars. — Thoracenthèse. On retire 200 grammes.
11 mars. — L'épanchement est reproduit. Nouvelle ponction et 1,600 cc de liquide sont retirés.
13 mars. — Souffle amphorique. Traitement métallique.
21 mars. — Pneumothorax ayant envahi la partie inférieure du thorax. Succussion hippocratique très nette.
8 avril. — Crise de dyspnée asphyxique. Cyanose. Mort dans l'après-midi.
Autopste : Poumons. Infiltration tuberculeuse de tout le poumon droit. Cavernes au sommet.
À gauche. Germination moindre.
Cœur. Environ 100 grammes de liquide séro-fibrineux dans le péricarde. Sur la valve droite de la mitrale existe une végétation endocarditique grosse comme une lentille, puis une série de végétations fibrineuses-
Absence de lésions spécifiques tuberculeuses sur l'endocarde et sur le péricarde.
Une autre fois la péricardite pseudo-rhumatismale est là dernière d'une longue série de manifestations tuberculeuses ayant déjà frappé les articulations et les viscères. C'est Le cas de l'observation suivante :
OBSERVATION V (Thèse d'Egmann.)
Ancienne pleurésie tuberculeuse. Tuberculose pulmonaire à évolution lente, cavité aux deux sommets, surtout à droite. Polyarthrite chronique déformante, spécialement des mains, des pieds et des genoux. Endocardite mitrale ancienne n'ayant pas déterminé de rétrécissement ou d'insuffisance appréciable. Pas d'hypertrophie du cœur. Endocardite mitrale aiguë terminale avec péricardite sèche interne, généralisée, sans granulations, sans liquide.
M. M.., âgée de 38 ans (en 1892) tisseuse, a fait à l'hôpital de la Croix-Rousse, 77 mois de séjour. dans l’espace de neuf ans (1892-1901).
Antécédents héréditaires. — Père mort jeune, probablement de bacillose; mère morte âgée de maladie indéterminée.
Antécédents personnels. — À toujours été malade, notamment pendant son enfance; plusieurs cicatrices d'adénopathies suppurées au cou.
Elle est venue à Lyon à l'âge de 12 ans, comme apprentie dans une maison où elle travaillait beaucoup et était assez mal nourrie.
En 1889, pleurésie guérie après trois mois sans ponction.
En 1890, la malade à eu ses premières hémoptysies.
Un mois après la guérison de sa pleurésie la malade à eu un rhumatisme articulaire aigu. Elle à présenté depuis plusieurs crises rhumatismales.
Février 1896. — Hémoptysies légères, il y a quelques jours.
Déformations très marquées aux pieds et aux mains; elles sont survenues lentement ; les mouvements des phalanges sont très limités. Douleurs très vives dans le genou droit. Les lésions pulmonaires sont très marquées à droite: l'examen des crachats révèle l'existence du bacille de Koch.
Décembre 1898. — La malade qui s'était relativement bien portée durant toute l'année a vu son état s'aggraver depuis trois semaines ; à cette époque elle prit froid et recommença à cracher du sang, elle eut alors des lésions pulmonaires prononcées à droite.
Année 1899. — Mêmes lésions pulmonaires. Déformations articulaires et atrophies musculaires.
25 mai 1899. — La malade a eu une poussée douloureuse généralisée à toutes ies articulations surtout aux genoux. Elle a cédé au bout de huit jours. Les lésions pulmonaires ont continué à évoluer ; dans le courant de l’année 1900, on a eu de l'infiltration très étendue des deux moitiés supérieures des deux poumons et la formation d'une caverne à droite. Une endocardite aiguë avec péricardite est survenue quelques jours avant la fin.
La malade meurt le 1er mai 1901.
L'autopsie faite par M. le professeur Devic a "montré des lésions tuberculeuses typiques; au poumon droit: symphyse totale, cavernes du sommet, infiltration dans la partie moyenne.
Au poumon gauche, cavernes de petite dimension au sommet. Granulations dans le reste du poumon. Ganglions médiastinaux très développés : sclérose rénale manifeste.
Péricardite intense généralisée, en aucun point il n'y a de granulations. Pas de liquide.
Pas d'hypertrophie du cœur. Végétations sur la mitrale d'origine bacillaire.
De toutes les tuberculoses la tuberculose pulmonaire étant la plus fréquente, il est évident que la péricardite
Rte pseudo-rhumatismale toxique sera le plus souvent consécutive à cette maladie. Nous relevons dans la thèse de Chambelland, de la Fréquence des Curdiopates dans les tuberculoses, les observations suivantes.
OBSERVATION VI (Chambelland.)
L. M.., 26 ans, journalière. Entre à l'hôpital le 11 décembre 1900.
Antécédents personnels. — A 12 ans rhumatisme fruste et chorée. Épistaxis abondantes. Actuellement la malade tousse et crache beaucoup. Amaigrissement. Insomnies. Sueurs noocturnes. Inappétence.
Examen du poumon. — Matité au sommet droit, submatité au sommet gauche. Craquements, retentissement de la voix. Râles fins au sommet gauche. En arrière submatité et râles sous-crépitants.
Le cœur bat dans le cinquième espace sur la ligne mamelonnaire. Souffle systolique à timbre aigu à la pointe avec propagation dans l'aisselle. Deuxième bruit plus frappé à la base.
La malade meurt le 14 février 1902.
A l’autopsie on constate dans le poumon des granulations en voie de ramollissement et des cavernes.
Le cœur est petit, 280 grammes et présente une symphyse péricardique étendue. Épaississement scléreux du bord libre de la mitrale.
Il est probable que la symphyse péricardique observée a pour origine les lésions tuberculeuses survenues à l'âge
de 12 ans,
OBSERVATION VII (Thèse de Chambelland.)
G..., Louis, 58 ans, tisseur, salle Saint-Irénée, n° 25.
Antécédents Féréditaires. — Mère morte à 83 ans, père à 49, d'affection inconnue ; une sœur morte en couches; un frère d'apoplexie.
Un frère et une sœur bien portants.
Antécédents personnels. — Scarlatine. Fièvre typhoïde. Erysipèle de la face. Jamais de rhumatisme articulaire aigu.
Pas d’éthylisme.
Syphilis à 27 ans ayant laissé des gommes aux jambes.
Diagnostic complet porté le 14 mai 1902 par M. le docteur Chatin.
Pleurésie ancienne du côté droit avec adhérences.
Induration du sommet droit avec signes cavitaires et expectoration abondante et purulente avec bacilles.
Insuffisance mitrale.
Rétrécissement aortique avec insuffisance.
Hypotension très manifeste donnant8 au sphygmomanomètre. Frottement péricardique.
Tuberculose rénale droite avec hématuries.
Le 29 octobre : L'état du malade s'est amélioré; les lésions pulmonaires semblent se cicatriser. Les mêmes signes cardiaques persistent, |
La péricardite pseudo-rhumatismale s'observe plus souvent dans les tuberculoses médicales que dans les tuberculoses chirurgicales. Cela ressort des statistiques faites par Chambelland. Sur cent observations portant sur des malades pris dans des services de chirurgie il ne relève qu'un cas de péricardite.
Nous passerons rapidement sur les considérations d'âge etdesexe. La tuberculose frappele péricarde à tous les âges de la vie: elle est rare cependant dans la vieillesse, le bacille de Koch ayant une prédilection marquée pour le Jeune âge ou l'âge adulte. Dans une de nos observations, le malade avait dépassé soixante-dix ans. Dans une autre, il avait à peine cinq ans; mais c'est en général entre vingt et trente-cinq ans que le péricarde est atteint. Il semble que le sexe le plus éprouvé soit, comme dans la péricardite tuberculeuse ordinaire, le sexe masculin. Nous ne saurions terminer ce chapitre sans indiquer un facteur étiologique bien mis en évidence par le docteur Thévenot : c'est l'hérédité.
Son rôle dans les tuberculoses toxiques est indéniable.
La péricardite pseudo-rhumatismale apparaîtra plus facilement chez les malades dont les antécédents héréditaires et collatéraux comportent des manifestations rhumatismales bacillaires. Dans ce cas surtout elle sera bénigne.
Le terrain en effet présente une résistance considérable, ou le bacille, une virulence plus faible. « Ce qui est héréditaire, c’est non seulement la prédisposition à faire de la tuberculose, mais encore à la faire avec une évolution toujours la même. Méningopathies, cardiopathies, tuberculoses viscérales, toutes les manifestations tuberculeuses présentées par une famille ne sont que des localisations différentes d’une même diathèse trans-
mise par l'hérédité »,